Notre monde est loin d’être le monde de paix et de justice dont l’humanité a tant rêvé. C’est un monde d’injustices et de guerres.
Partout sévissent corruption et dictature, partout coule le sang, partout retentissent des cris d’alarme, des millions d’êtres humains croupissent dans les geôles de la tyrannie ; dans la faim et la misère ; les maladies font des ravages, alors que la planète regorge de richesses qui sont détournées, dilapidées, utilisées à mauvais escient, dans l’armement et les guerres et au profit d’une infime minorité.
Plus grave est la situation du monde musulman et pire encore celle du monde arabe. Les musulmans sont confrontés à des défis multiples dont l’ignorance, les maladies, la pauvreté, la dictature, la corruption, le pillage des ressources.
La lutte antiterroriste aidant, les droits de l’homme sont constamment violés, l’Islam, en tant que religion, culture, civilisation est diabolisé, dénigré, accusé de tous les maux, son Livre profané, ses biens pillés, sa communauté écrasée, ses enfants meurent par centaines, voire davantage chaque jour en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Nigeria, au Soudan, au Cachemire, au Yémen, en Algérie, au Maroc, en Arabie, en Thaïlande, en Tchétchénie, aux Philippines et dans d’autres pays encore.
On assiste à une recrudescence de l’évangélisation des masses musulmanes, favorisée aussi bien par la pauvreté et l’ignorance que par une totale paralysie des activités islamiques dont l’action sociale, la prédication et l’enseignement religieux. Tandis que les missionnaires chrétiens envahissent le monde, les prédicateurs musulmans sont traqués, privés de liberté, contrôlés, muselés.
Les mosquées n’ouvrent que pendant les heures de la prière, pas de prêches en dehors du vendredi et même ceux du vendredi sont censurés ou rédigés par les services des ministères des Affaires religieuses.
La liberté est quasiment inexistante, sauf en théorie et dans les constitutions. La plupart des pays concernés pratiquent systématiquement la répression et la torture ; l’opposition, interdite dans certains pays, est marginalisée, bâillonnée et réprimée dans d’autres. Le pouvoir est rendu inaccessible, soit par une monarchie perpétuelle, soit par une présidence à vie.
Les choix des peuples ne sont pas respectés. Les élections remportées par des musulmans ont été purement et simplement annulées dans de nombreux pays.
La plupart des dirigeants sont imposés par la force ou par la fraude électorale. Ils ont piétiné les principes de droit et de justice, les notions de foi, de morale, de pudeur, bref de respect de la personne humaine.
Des années-lumière les séparent de leurs citoyens. Ils ne veulent pas écouter les plaintes des opprimés et des veuves ni les pleurs des orphelins affamés, sans-abri, vivant dans les rues, dans les caves et sur les toits d’immeubles menaçant ruine. Les peuples en ont assez. Des mouvements protestataires sont en train de naître partout dans le monde arabe à l’image de « kifaya » en Egypte s’écriant : ça suffit ! Kifaya ! Ça suffit la répression, le mépris des peuples, la terreur, la corruption ! Ça suffit la police politique, les tortures, les détentions arbitraires, les dénis de droits et de liberté ! Partout s’élèvent des slogans traduisant l’angoisse, la détresse, le désarroi des peuples. Les manifestations de masses se multiplient malgré les interdictions et la répression sanglante. La situation est tellement catastrophique qu’il est insensé d’y rester indifférent.
Il est temps de réagir. Sans quoi, des torrents de colère et des vagues de révolte menacent d’emporter tout le monde. Il est plus qu’urgent d’intervenir pour la recherche d’une solution, d’un remède, d’une alternative pour empêcher le naufrage. Quelle est l’alternative et quels sont les moyens permettant le passage à l’alternative ?
Faut-il rééditer les expériences passées ? Ou bien rentrer dans les rangs de partis fantoches qui n’attendent que les quotas de sièges au parlement et de postes à l’exécutif ? Comment changer cette situation de plus en plus chaotique et explosive ?
Comment construire un monde de paix et non de guerre, un monde d’amour et non de haine, un monde de justice et de liberté et non d’oppression et de servitude ? Ce modeste essai s’efforce d’apporter des réponses à ces questionnements.
Mon objectif est de jeter un éclairage sur l’éventualité d’un changement qui s’opèrerait avec le moins de dégâts et le moins de pertes possibles en vies humaines. C’est faisable, mais ce n’est pas évident, j’en conviens. J’ai proposé l’alternative qui me paraît, sauf si elle est incomprise ou mal appliquée, la plus sûre, la plus juste et la plus fiable.
Elle s’appelle la paix et offre le plus de chance et le plus de conditions pour concrétiser et garantir la paix, compte tenu de l’ampleur de sa dimension spirituelle que l’on peut du reste promouvoir et vulgariser. D’autant plus que la mise en place de cette alternative peut s’effectuer progressivement, sans violence et sans trop bousculer l’ordre des choses, excepté les aspects de terreur, de corruption et d’injustices de cet ordre des choses.