La fuite des cerveaux ne cesse de ravager le monde musulman, laissant exsangues de nombreux pays sans que les dirigeants ne s’émeuvent. Ils n’ont rien fait pour endiguer la saignée ou pour y remédier en organisant d’une manière ou d’une autre le retour des intellectuels contraints à l’exil.
C’est l’une des raisons qui font que le monde musulman compte le plus grand nombre d’analphabètes dans le monde. Dans la plupart des pays musulmans, l’éducation relève du monopole de l’Etat. L’enseignement privé est le parent pauvre du système d’éducation. La recherche scientifique est quasiment inexistante.
Par exemple, pour une population de près de 197 millions d’habitants, le monde arabe compte 70 millions d’analphabètes, selon un rapport interne de l’Organisation arabe pour l’Education, la Science et la Culture (ALESCO), organisme de la Ligue arabe basé à Tunis. En 2005, la région arabe possède un taux d’analphabétisme plus important que l’Afrique sub-saharienne (34,6 %), et au rythme actuel du progrès réalisé qui est de 1 % par an, il lui faudrait plus de trois décennies pour venir à bout du fléau, selon des projections de l’Alesco. [1]
Le monde arabe occupe aujourd’hui le dernier rang dans toutes les sciences, humaines, exactes et même inexactes. C’est ce qui ressort du rapport, rédigé par des chercheurs arabes, en liaison avec le bureau jordanien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Rendu public dans sa version anglaise (Arab Human Development) le 23 octobre 2003, ce rapport est un document accablant sur le degré d’inaptitude du monde arabe dans le domaine des connaissances et de transmission du savoir.
Les Arabes ne déposent pratiquement plus de brevet scientifique, c’est-à-dire qu’ils n’inventent rien. Dans le domaine des nouvelles technologies, les Arabes méconnaissent la notion de village planétaire, trop exigu pour eux. Ils n’ont nullement besoin de se connecter pour s’informer ou s’instruire.
Il existe dans le monde en moyenne 78,3 ordinateurs pour 1000 personnes. Ce rapport n’est que de 18 pour 1000 dans les 22 pays de la Ligue arabe. Les femmes arabes décrochent également un record.. Celui du taux d’analphabètes le plus élevé au monde, après l’Afrique subsaharienne. Sur le plan médiatique, le monde arabe se distingue encore par le taux le plus faible au monde de journaux, de radios et de télévisions par habitant.
Le livre est une denrée rare dans le monde arabe. Aucune importance n’est accordée à ce « vénérable instrument de connaissance qu’est le livre ».
Les livres publiés dans le monde arabe ne représentent que 1,1% de la production mondiale. Et la traduction ? Nulle ! « Les Arabes n’ont sans doute pas besoin des autres. Dans leur suffisance, ils ignorent ce qu’est la curiosité. À preuve, il suffit de comparer les 284 millions d’habitants des 22 pays de la Ligue arabe avec les 11 millions habitants d’un petit pays comme la Grèce. Et bien, le petit pays en question traduit cinq fois plus d’ouvrages par an que l’ensemble des pays arabes » [2]
En plus, leur richesse ne profite pas au développement de leurs pays. Les femmes n’ont que 5,3% des sièges au niveau des parlements. [3]
Indépendamment des chiffres, les auteurs du rapport montrent du doigt le modèle d’éducation dans le monde arabe. La famille est fondée sur l’autorité parentale qui refuse à l’enfant le droit d’exprimer son désaccord.
C’est un problème grave étant donné la place du savoir en Islam. L’ordre de lire est le premier verset du Coran révélé au Prophète et cela signifie que le savoir revêt plus d’importance que la prière et le jeûne.
L’absence de la recherche scientifique a entraîné la sclérose de la pensée et l’inhibition de la réflexion, d’où le sous-développement, l’absence d’édition et de documentation.
Les seuls livres qui prolifèrent dans le monde musulman portent sur les pratiques du culte, alors que l’islam ne se limite pas au culte, il s’étend à tous les domaines de la vie et englobe tous les aspects du savoir.