1.3.8 Le chaos généralisé
En conséquence, il n’est pas besoin de démontrer le fiasco des systèmes actuels. Les dirigeants et leurs modes de gouvernement ont conduit les peuples musulmans au chaos dans tous les domaines. Pauvreté, misère, maladies, ignorance, injustices, conflits meurtriers sont le résultat de leur gestion malsaine, catastrophique. Ils ont pillé les richesses nationales, hypothéqué l’avenir de leurs peuples et introduit un néocolonialisme dévastateur.
Ils s’avèrent incapables de redresser la situation du fait de leur rejet du projet islamique. Cet échec s’explique également par l’absence de légitimité, l’absence d’une vision, l’absence d’une idéologie, l’absence d’un programme. La laïcité (la fausse) utilisée comme système de gouvernement s’est révélée incompatible avec la nature et l’identité des peuples musulmans, inadaptée à leur mode de vie et incapable de résoudre leurs problèmes.
L’islam, rejeté et piétiné par les uns, est instrumentalisé, mal appliqué par les autres. Au moment où l’unité devient une nécessité vitale pour les nations, voire la condition de leur survie dans un monde polarisé où des anciennes puissances ont ressenti le besoin de s’intégrer dans des grands ensembles régionaux. Le monde musulman demeure désintégré, fragmenté, semblable à des troupeaux dispersés dans la brousse, sans bergers. Il devient le refuge de tous les maux ? L’impunité, chassée de l’Europe et des Amériques, trouve refuge dans le monde musulman !
1.3.9 Le Ras-le-bol !
Les dirigeants se sont imposés par la force, ils ont foulé aux pieds les principes, la bienséance, les usages, la pudeur, le respect de la personne humaine. Ils ont bouché leurs oreilles pour ne pas entendre les cris d’alarme et les pleurs des enfants, des veuves, des orphelins et des vieillards affamés, dénudés, sans-abri, vivant au milieu des rats, des insectes, des scorpions, des reptiles dans les bidonvilles, les parcs et les ruines. Un ras-le-bol généralisé se fait sentir, des mouvements protestataires sont en train de naître partout dans le monde arabe à l’image de « kifaya » en Egypte s’écriant : ça suffit ! Kifaya ! ça suffit ! Y en a marre de voir les mêmes têtes au sommet de l’Etat ! ça suffit l’injustice, la dictature, la répression, le mépris des peuples, l’arrogance, la terreur, les états d’urgence, de siège et d’exception indéfiniment prolongés, la mise à sac des richesses, ça suffit cette soumission aux forces du mal, ça suffit la police politique, les tortures, les détentions arbitraires, sans inculpation et sans procès, les exécutions sommaires, les dénis de droits et de liberté, ça suffit cette omniprésence du chef dans les médias, sur les billets de Banque, dans les carrefours et les places publiques, ce monopole du son et de l’image, des magazines, revues, journaux, radios, télé, ça suffit les slogans creux, l’imposture, l’hypocrisie, la démagogie, nous ne voulons plus de ces dirigeants immuables, à vie, imposés par la fraude électorale, les coups d’Etat, les mitrailleuses et les chars et dont le pouvoir se perpétue à travers les générations, ceux qui ont transmis le pouvoir et les richesses ou s’apprêtent à les transmettre à leurs descendants, à leurs épouses, à leurs familles, privant des générations de leurs droits de participer à la gestion de leurs propres affaires, de choisir leurs gouvernants [1].
Partout des cris de colère retentissent, et partout s’élèvent des slogans traduisant l’angoisse, la détresse, le désarroi des peuples. Plus grave est l’impasse dans laquelle se trouve le monde musulman. Tous les horizons sont fermés devant lui. Il souffre de sclérose. Il n’a ni projet ni perspective.
Toutes les tentatives d’intégration ont échoué. L’Union du Maghreb arabe, l’OPEP, l’OCI, la Ligue des Etats arabes, le conseil de coopération du Golfe, toutes ces expériences ne sont que de vaines tentatives, sans résultats concluants. Elles n’ont apporté aucune solution aux nombreux problèmes économiques et politiques du monde musulman.
Il est incontestable que le changement s’impose à tous points de vue et de manière urgente, car il y va de l’existence même de la communauté musulmane. Cette dernière a besoin d’un sang nouveau et d’une direction nouvelle.