1.4 Quelle alternative ?
La question qui se pose est de savoir quelle est l’alternative, comment réaliser le changement, quels sont les voies et les moyens du changement ?
Il semble que le seul espoir est le mouvement islamique que les régimes s’acharnent à combattre. L’alternative est donc prise pour cible et combattue, ce qui complique davantage la sortie de la crise. Excepté l’Iran, la Malaisie, tous les régimes mènent le combat contre les musulmans qualifiés de terroristes, de rebelles, de criminels. Alors que le projet islamique est un souffle de vie pour le monde musulman ; il constitue l’unique condition de renaissance et de progrès. Dieu dit dans le Coran :
« O vous qui croyez ! répondez à Allah et au messager lorsqu’il vous appelle à ce qui vous donne la vraie vie » s8 v24
« Ceux qui ont été chargés de la Thora mais qui ne l’ont pas appliquée sont pareils à l’âne qui porte des livres » s62 v5
On verra pourquoi l’Islam est la seule alternative capable de sauver l’humanité, de soulager ses souffrances, de répondre à ses attentes. Ce ne sont pas seulement les islamistes qui préconisent la solution islamique, mais des intellectuels et des personnes de tous bords ont exprimé le même avis.
Pourquoi la solution se limite à l’Islam et pas à d’autres religions ou idéologies ? Pourquoi pas le christianisme ou l’hindouisme ? Parce que le christianisme ou l’hindouisme sont des messages spirituels limités aux affaires cultuelles. Par contre, l’islam comporte des lois et des règles destinées à régir tous les aspects de la vie humaine, aussi bien l’organisation des individus et des groupes que leurs différents rapports sociaux et autres. Pour reprendre l’expression de Louis Massignon, le Coran constitue essentiellement le code révélé d’un Etat supranational. De plus, l’islam a fait ses preuves dans le passé.
Pourquoi pas la démocratie ? La démocratie est un mode d’organisation politique, une doctrine, un pilier du système et non pas le système lui-même. Le système est le récipient, le cadre à l’intérieur duquel fonctionnent les institutions et les mécanismes du pouvoir dont la démocratie. A ce titre, la démocratie, en tant que partie d’un tout, ne peut être présentée comme alternative, mais comme faisant partie intégrante de l’alternative qu’est l’islam. Elle fait partie des valeurs islamiques. Par ailleurs, chaque démocratie a un fondement religieux et un cadre idéologique. La démocratie en Occident repose sur les valeurs du Christianisme et fonctionne à l’intérieur de systèmes socialistes ou libéraux. Celle d’Israël repose sur les valeurs du judaïsme, bien qu’oscillant entre les mêmes systèmes politiques. De la même manière, l’islam en tant que religion et idéologie, foi et loi, sert à la fois de fondement et de cadre à la démocratie. Non seulement, il a sa propre démocratie, mais il fait des valeurs démocratiques - entre autres le respect des droits et des libertés dont le droit à l’opposition, l’alternance au pouvoir, l’élection des dirigeants, la Choura ou consultation - des droits et des devoirs sacrés et obligatoires dont on ne peut refuser ni la reconnaissance ni l’exercice. C’est la raison pour laquelle, on peut affirmer sans risque d’erreur que la démocratie islamique est plus juste et plus impartiale que toute autre démocratie du fait de son caractère religieux impliquant une lourde responsabilité vis-à-vis de Dieu. [1]
Sauf, si l’on veut agir contrairement aux ordres de Dieu, et là ce sont les hommes, c’est-à-dire le peuple, qui doivent réagir, sinon ils répondront eux aussi devant Dieu de leur inaction, de leur silence face au mal de la tyrannie, outre les affres qu’ils subissent de cette tyrannie.
La preuve que la démocratie islamique est plus juste réside dans le fait que le régime islamique ne s’impose pas. Il est lié à la condition de l’acceptation par le peuple et au libre choix de celui-ci. Le régime politique est comparable à une religion et la religion ne s’impose pas (Coran s2 v256).
Le prophète ( Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a maudit l’imam qui dirige la prière à la tête d’une assemblée de fidèles contre leur gré. Que dire alors du gouvernement des hommes, au demeurant plus important que la prière ? Le paradoxe est que les peuples musulmans n’ont jamais été consultés sur cette question, on leur a imposé des régimes laïcs contre leur gré. Pourtant, la démocratie elle-même commande que la nature du régime politique corresponde aux croyances, à la culture de la majorité des citoyens. Il est pour le moins injuste et antidémocratique d’imposer à un peuple un régime politique non conforme à ses choix, pire encore un régime contraire à ses croyances. Dans ce cas, on s’interroge : Qui est plus démocratique que l’autre ? Ce qui s’impose par la force ou ce qui doit être librement choisi ?
Il s’ensuit que la question de l’Alternative doit faire l’objet d’une consultation populaire. Il appartient au peuple de décider de son propre destin, de déterminer librement le mode de gestion de ses affaires. Proposer une Alternative ne veut pas dire qu’elle soit imposée au peuple. A la question de savoir pourquoi l’islam présente la meilleure solution, je peux apporter une réponse qui se résume en trois points :
1)Allah le Créateur, le Maître des mondes, l’Omniscient nous fait savoir que l’Islam est la bonne direction pour quiconque veut réussir ici-bas et dans la vie future.
A partir du moment où c’est Allah le Savant par excellence qui le dit, nous ne devons pas, en tant que croyants, avoir l’ombre d’un doute sur l’efficacité de cette solution.
D’autant plus que Allah est notre Créateur, nul n’est plus savant que Lui, ni mieux placé que Lui pour savoir ce qui convient à Ses créatures et qui peut les sauver. Dans une multitude de versets du Coran, Dieu nous exhorte à suivre Sa voie pour réussir et à ne pas suivre les autres voies car nous risquons de nous égarer, de nous ruiner, de tomber sous la domination de Satan et de nous exposer aux malheurs les plus pernicieux : « Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le donc et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie » s6 v153
« Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera, certes, une vie misérable, et le jour de la résurrection nous l’amènerons aveugle au rassemblement. » s20 v124
2) L’Islam comporte des enseignements et des principes dont l’application permettra sans doute de résoudre tous les problèmes de l’humanité :
a) la foi en Dieu est un élément essentiel dans l’exercice des responsabilités, dans la rectitude et l’harmonie des rapports et des comportements sociaux. L’absence de cet élément spirituel fondamental a contribué dans une large mesure à la dérive, à la corruption généralisée et à la mal-gouvernance qui ont engendré des situations catastrophiques.
b) l’Islam comporte des valeurs morales dotées d’une force intrinsèque de persuasion, de sorte qu’elles s’imposent d’elles-mêmes. Ces valeurs morales, une fois ancrées dans les mœurs des peuples, représentent à elles seules une panacée à de nombreux fléaux sociaux.
c) l’Islam cultive le sens de la responsabilité chez l’individu et le groupe, une responsabilité avec ce sentiment de contrôle permanent par Dieu et par les hommes.
d) le fait qu’il considère le travail, la recherche du savoir, comme des actes de culte et d’obéissance à Dieu, constitue en soi un moyen incitatif au travail, à la production, à l’acquisition du savoir, et partant, des conditions de développement.
e) l’Islam favorise les œuvres de bienfaisance, la solidarité et l’entraide entre les membres de la communauté.
f) l’Islam est un facteur de paix et de stabilité. C’est un appel à la paix et à la concorde entre les hommes. Au regard de l’Islam, la guerre n’est envisagée que dans des situations exceptionnelles pour repousser une agression ou combattre une injustice. Les guerres menées par les musulmans au fil des siècles étaient des guerres légitimes dans la mesure où la plupart de ces guerres avaient, soit un caractère défensif où les musulmans étaient agressés et donc obligés de se défendre, soit un caractère de da’wa, concernant la transmission du message de l’Islam. Dans ce cas, les musulmans n’avaient pas d’autres choix que d’abandonner leur devoir de transmettre le message ou de faire la guerre à ceux qui s’y opposent. Le prophète (psl) recommandait aux soldats d’être affables avec les gens, de leur accorder un délai de réflexion, de ne pas les attaquer avant de les appeler à l’Islam.
g) l’ordre, la justice, le respect des droits et des devoirs, loin d’être de simples slogans sans substance, sont les fondements et les objectifs d’un système islamique.
h) l’Islam fait de la lutte contre la pauvreté et l’ignorance la priorité des priorités dans la perspective d’éradiquer les causes de la criminalité, de la perversion et de la mécréance.
i) l’égalité devant la loi, inspirée de l’égalité des créatures devant leur Créateur, est un principe fondamental en Islam.
j) l’Islam rétablit l’équilibre entre les besoins du corps et les besoins de l’esprit, entre les riches et les pauvres en réduisant l’écart, entre les gouvernants et les gouvernés en comblant le fossé qui les sépare, entre les exigences de la vie ici-bas et celles de la vie future, entre les exigences du pardon et la rigueur de la loi.
Dans un système islamique, il n’est pas question d’une justice à deux vitesses, ni de laxisme ni de passe-droit en faveur des nantis, des notables ou des gouvernants
3) La solution islamique n’est pas une simple théorie sans expérience sur le terrain de la réalité. Bien au contraire, l’Islam a bâti une civilisation millénaire qui a rayonné sur les trois quarts de la planète. Une civilisation de paix et de progrès, sans guerre, sans corruption, sans chaos, sans faillite généralisée. Sous le règne de la civilisation islamique, l’humanité a connu la période la plus stable et la plus prospère de son existence.
Il n’y avait ni pillage de ressources ni criminalité ni fléaux sociaux ni pauvreté ni endettement accablant, comme c’est le cas aujourd’hui. La zakât était distribuée à grande échelle et d’un continent à l’autre si bien qu’à un moment donné, il n’y avait plus de pauvres qui pouvaient en bénéficier. Cette époque, notamment sous le règne du Calife omeyyade Omar ibn Abdul Aziz (mort en 698), a connu une prospérité débordante qui a fait que la Zakât ne trouvait pas preneur, ce qui a amené l’Etat musulman à utiliser cette ressource pour financer le mariage des jeunes.
En effet il n’y a pas de comparaison entre cette époque où régnait la piété et la justice, une époque où les pouvoirs de l’Etat étaient voués au service de Dieu et des hommes, c’est absolument incomparable avec une époque comme la nôtre caractérisée par la rébellion, la mécréance, l’exploitation des faibles par les puissants, une époque où sévit l’injustice, l’anarchie et le désordre à tous les niveaux et dans tous les domaines, bref une époque où Satan règne en maître absolu.