2.3 L’action sociale et culturelle
A- Point de vue
D’autres pensent qu’on peut réaliser la société islamique au moyen des associations et des œuvres de bienfaisance tendant à lutter contre la pauvreté, l’ignorance et les maladies.
A cette fin, ils proposent la mise en place de structures pour la collecte des dons et de la zakât, pour la construction de mosquées et d’écoles, pour les obsèques des pauvres, pour la construction de dispensaires, de centres d’accueil pour les orphelins, les veuves, les personnes âgées, les enfants de la rue, pour la lutte contre la toxicomanie, les fléaux sociaux, pour le règlement des différends et la réconciliation entre les gens, etc.....
B- Discussion
Cette solution a été critiquée par les tenants du pouvoir islamique en ce sens que l’action sociale risque de détourner de l’objectif essentiel, soit l’instauration de l’Etat islamique et la lutte pour la réalisation de cet objectif. Ils soutiennent, en outre, que l’action sociale peut engourdir les masses et les faire oublier le changement radical qu’entraîne le pouvoir islamique.
Quoi qu’il en soit, on ne peut nier les multiples bienfaits de l’action sociale. Il ne faut pas oublier non plus que cela fait partie des bonnes œuvres auxquelles tout musulman doit concourir ; compte tenu du fait qu’Allah exhorte les musulmans dans de nombreux versets du Coran à faire le bien. « O Vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre seigneur et faites le bien. Afin que vous réussissez » s 22 v 77
« Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et la piété » s5 v2
Il ne convient pas à un musulman de vivre dans un lieu quelconque sans venir en aide aux pauvres, aux malades et aux nécessiteux.
Cela fait partie de la Da’wa, il ne suffit pas d’écrire un article de journal ou de faire un sermon sans contribuer physiquement et matériellement aux œuvres de bienfaisance.
La générosité est une marque de sincérité qui attendrit les cœurs et produit un effet positif sur l’esprit. Aussi, faut-il joindre la parole à l’action ? On peut citer l’exemple des chrétiens qui gèrent ce domaine à merveille, ils occupent seuls le terrain et de ce fait ils ont gagné les cœurs de pas mal de gens. Malheureusement, partout les musulmans brillent par leur absence et leur inaction. Ces œuvres incombent au premier chef aux musulmans en raison de l’actualité du message islamique, cependant les chrétiens les devancent et c’est regrettable. Dieu exhorte les musulmans à faire le bien dans une multitude de versets du Coran ; en principe les œuvres de bienfaisance concernent essentiellement les musulmans.
Néanmoins, il demeure entendu que l’action sociale est insuffisante. En effet, la corruption généralisée qui gangrène la société ne peut être enrayée par des opérations de replâtrage ou de vernissage extérieur.
Le traitement nécessite une profonde opération chirurgicale afin d’extirper le mal depuis les racines. Il ne suffit pas de construire une école pour satisfaire les besoins scolaires des enfants d’un quartier, il est question d’une multitude d’écoles, de centres de formation, de lycées, d’universités, de centres de soins, d’hôpitaux. Seule une puissance publique, c’est-à-dire l’Etat peut faire face à de telles infrastructures. Il ne suffit pas de donner à un chômeur un peu d’argent pour satisfaire un besoin urgent, il faudrait lui trouver un emploi qui lui permet de vivre de manière décente et honorable.
Une commission chargée de collecter la zakât auprès de quelques nantis ne peut en aucun cas se comparer à une institution étatique qui remplit cette fonction sur des bases légales, à l’appui des statistiques officielles à l’échelle nationale et internationale.
La société ressemble à un corps dont les membres se complètent, interagissent et influent réciproquement les uns sur les autres en bien ou en mal. Il existe une relation étroite entre la dégénérescence sociale, la dégénérescence culturelle, morale, législative, éducationnelle, administrative, politique, économique.
Par conséquent, il serait vain de réformer un aspect au détriment de tous les autres. L’œuvre du changement ne doit pas se limiter à la lutte contre la pauvreté, l’ignorance et la maladie, même si cela fait partie du but poursuivi.
L’objectif étant d’édifier une société qui vit l’Islam et pour l’Islam, une société qui incarne le message de l’Islam et la grande communauté de l’Islam, qui lutte pour la diffusion du message, pour la réalisation d’une communauté unique sous une direction unique, une communauté qui se distingue par ses comportements, ses valeurs morales et civilisationnelles, ses modes de vie et de pensée, ses structures, ses lois, ses convictions, une communauté de justice et de piété, qui ordonne le bien, repousse le mal et croit en Allah. Une communauté à l’image de la communauté de Médine.Cliquez ici pour lire un de nos articles à ce sujet
Une telle société ne peut être édifiée au moyen d’un ravalement superficiel ni de réformes partielles.