3.11 Le parti de la libération

Publication en ligne : vendredi 15 juillet 2005, par Maître Simozrag

3.11 Le parti de la libération

Le parti de la libération est un parti politique islamique qui milite pour le retour du Califat s’appuyant sur la pensée comme instrument principal du changement. Le parti a développé beaucoup d’efforts de réflexion qui ont été l’objet de critiques de la part des savants musulmans.

Le parti a été fondé en 1952 par le Cheikh Taqyyeddine Nabhani (1909-1979), un Palestinien natif de Haïfa. Formé à l’université d’al Azhar, il a exercé en qualité de professeur puis juge dans plusieurs villes de la Palestine. Après son décès, le parti a été présidé par Abdulqadim Zelloum, un autre palestinien, auteur du livre : ‘‘Ainsi le Califat fut détruit’’

3.11.1 Croyances et objectifs

Les croyances du parti sont les mêmes que celles de toutes tendances prônant la pensée de Ahl Assunna wal Jamaa (Les gens de la sunna et du rassemblement)

Leur objectif est de reprendre la vie islamique par le biais de l’édification de l’Etat islamique, d’abord dans les pays arabes, puis islamiques avant d’atteindre les pays non-musulmans par l’intermédiaire de la communauté. Une des caractéristiques du parti est son appui sur la dimension culturelle pour former d’abord la personnalité islamique puis la communauté. Le parti focalise son action sur la nécessité de renouveler la confiance dans l’Islam au moyen de l’action culturelle d’un côté et politique de l’autre.

3.11.1.1 l’action culturelle

« Elle consiste à enseigner la culture islamique aux millions de gens, cela implique que le parti doive se présenter devant les foules, débattre avec elles et écouter leurs questions, leurs plaintes et leurs approbations jusqu’à ce qu’il les fonde dans l’Islam ». (cf Concepts fondamentaux, page 87)

3.11.1.2 l’action politique

« C’est l’observation des faits et des événements et faire en sorte qu’ils confirment la véracité de la pensée et des dispositions islamiques et de leur crédibilité, les foules y feront confiance ».

Le parti divise le processus du changement en trois phases : La première : le combat intellectuel, il sera mené avec la culture du parti. La deuxième : le putsch intellectuel qui aura lieu au moyen de l’interaction avec la société par le biais de l’activité culturelle et politique. La troisième : la prise en main des rênes du pouvoir par l’intermédiaire de la communauté.

D’après le parti, il est obligatoire de demander pendant la troisième phase le secours d’un chef d’Etat, chef de clan, de tribu, d’un ambassadeur ou autre. Le Cheikh Taqyyeddine énumère comme suit les obstacles à l’édification de l’Etat islamique : L’invasion du monde musulman par des idées non-islamiques. Présence de programmes d’enseignement sur des bases posées par le colonialisme. Excès d’importance accordée à certaines connaissances culturelles et leur considération comme sciences universelles.

Le fait que la société dans le monde musulman mène une vie non-islamique. La profondeur du fossé entre les musulmans et le pouvoir islamique, notamment en ce qui concerne la politique du pouvoir et celle des finances, ce qui affaiblit la vision des musulmans à l’égard de la vie islamique. Présence dans les pays musulmans de gouvernements établis sur une base démocratique et appliquant le système libéral en entier sur le peuple. Présence d’une opinion générale sur le nationalisme, le patriotisme et le socialisme.

Les leaders du parti considèrent inopportun le fait d’ordonner le bien et de repousser le mal, cela entrave selon eux l’action de transition outre le fait que cette obligation incombe à l’Etat islamique une fois établi. Le parti s’est doté d’une constitution préparée pour l’Etat islamique et comprenant 187 articles.

3.11.1.3 Critiques

Il est reproché au parti son attachement excessif aux aspects intellectuel et politique au détriment des aspects éducatif et spirituel ; la polémique engagée par ses membres envers toutes les autres tendances islamiques ; le fait d’attribuer à la raison une importance extrême dans la construction de la personnalité et les aspects idéologiques.

Son appui sur des facteurs extérieurs pour arriver au pouvoir au moyen de la demande de secours ; son renoncement à l’obligation d’ordonner le bien et de repousser le mal ; l’imagination que la phase culturelle conduit à la phase de l’interaction puis à la prise en main du pouvoir, c’est contraire à la loi divine concernant l’épreuve et à la réalité pavée de milliers d’obstacles ; son hostilité envers tous les systèmes sur le sol desquels ils activent, ce qui les a exposés partout à des arrestations et des poursuites permanentes. Ses interprétations erronées de la Chari’a, exemple : L’admission du non-musulman comme membre du conseil de la Choura, la permission d’embrasser la femme étrangère et de lui serrer la main, l’attribution de poste de commandement à un infidèle, le payement du tribut par l’Etat islamique au profit d’un Etat infidèle, l’affirmation que la prière et le jeûne ne sont pas obligatoires pour les habitants des zones polaires.

De nombreux leaders musulmans ont exhorté Nabhani à renoncer à cet appel, y compris Seyyed Qotb au cours de sa visite à Jérusalem en 1953. Il discuta longuement avec lui et l’invita à contribuer à l’unification des efforts mais en vain. Seyyed Qotb prononça alors sa phrase célèbre : « Laissez-les, ils finiront là où ont commencé les Frères musulmans ».

Dans un premier temps, le parti a choisi comme centre d’activités la Jordanie, la Syrie et le Liban, puis il s’est étendu à l’ensemble du monde musulman avant d’atteindre l’Europe et surtout l’Autriche, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Asie centrale. Il éditait à Beyrouth une revue hebdomadaire sous le titre « al-hadara » (la civilisation). Les pays où le parti exerce ses activités s’appellent « wilayas », il existe au niveau de chaque wilaya un comité organique composé de 3 à 10 membres. Ces comités sont soumis à un conseil de commandement secret.


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