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4-La république doit rassembler et non exclure

Publication en ligne : jeudi 6 septembre 2007, par Maître Simozrag

Il est vrai que certains pays sont confrontés au défi de concilier des principes et des valeurs contradictoires telles que liberté et contrainte, modernité et tradition, unité et diversité.

Ces contradictions ne sont pas le produit du hasard, c’est le signe du dépassement de l’espace réduit du nationalisme et d’une évolution vers l’universel. L’humanité vit les débuts d’une ère de transcendance où la spiritualité doit, comme prédit, gagner en largeur. Une ère où les valeurs prennent le pas sur les antivaleurs, la vertu sur le vice et la justice sur l’injustice.

Il n’y a pas de « dérives communautaristes » comme on veut le faire croire. La République est assez forte pour résister à toutes menaces. Dans tous les cas, il est absurde d’imaginer qu’un foulard puisse représenter une menace.

Le communautarisme est un terme inapproprié et souvent mal utilisé. L’identité religieuse ne renvoie pas au concept de communautarisme ; elle n’est qu’une réponse aux impératifs de cette transcendance, de cette évolution vers le haut.

A quoi faut-il résister ? A ce qui attire vers le haut ou à ce qui attire vers le bas ? A la spiritualité qui attire vers le haut ou à l’attachement au sol qui attire vers le bas ? Le haut, le sublime n’est-il pas toujours plus sûr, plus noble, plus sécurisant que le bas ? S’opposer à cette progression vers le haut, c’est naviguer à contre-courant.

Non seulement les chances du succès seront faibles, c’est aussi contraire aux lois de la république et à ses engagements internationaux. Les sociétés dont sont issues les contradictions et les différences ne sont pas tombées du ciel, elles sont composées de citoyens nés sur le sol de la république et jouissant à ce titre des conditions de citoyenneté pleines et entières.

Il est donc hors de question de les bannir ou de laminer uniformément leurs différences. C’est inhumain et illégal. Le fait que les lois ne soient pas figées est un moyen de gérer les contradictions. C’est par le truchement des lois qu’il convient de supprimer ou réduire le fossé entre citoyenneté et spiritualité.

Quant aux musulmans, ils doivent faire un effort pour se débarrasser des légendes indûment collées à leur religion, compte tenu du fait que l’Islam est un appel permanent à l’usage de la raison, à la recherche du savoir, au règlement des conflits, à la solidarité, à la cohésion et à l’entente entre les peuples.

La diversité est une richesse et elle est inéluctable. L’histoire est là pour rappeler l’échec des tentatives d’uniformisation des comportements et des cultures.

La république doit emprunter les voix qui mènent au rassemblement et non celles de l’exclusion ou de la fusion, car c’est contraire aux principes de neutralité, de liberté, de justice sur lesquels elle se fonde.

Et du fait aussi que la république a plus que quiconque les moyens de combler le fossé des incompatibilités. Chacun doit faire un pas vers l’autre. Les communautés doivent faire un pas vers la laïcité et la laïcité doit faire un pas vers les communautés. Faire un pas suppose le dépassement du repli sur soi. Et ainsi le navire « vivre ensemble » retrouvera son havre de paix.


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