Avant l’invasion de Bagdad par les Mongols, il y avait eu des pourparlers entre le Calife Al-Mousta’cim et Holaco (Hulegu), le général mongol.
Le Calife Al-Mousta’cim était un homme pieux, fidèle au Coran et à la sunna comme son père et son grand père, mais il n’était pas comme eux en terme de fermeté et de discernement.
Le Calife se fia à l’un de ses ministres, un chiite nommé Mouayyid Addin Al Alqami ; celui-ci établit des relations secrètes avec les Mongols et complota contre le Calife. D’après l’historien Souyoti [1], c’est ce dernier qui livra Bagdad aux Mongols . Les Mongols étaient des combattants aguerris et rapides, leurs armées étaient composées de femmes et d’enfants et de toutes les couches de la société. Ils pouvaient facilement espionner leurs adversaires, mais leurs adversaires ne pouvaient pas les espionner du fait que personne parmi eux ne leur ressemble.
Lorsque les Mongols arrivèrent aux portes de Bagdad, après quelques accrochages avec l’armée musulmane, le ministre proposa au Calife sa médiation pour une trêve ou une réconciliation. Il contacta les chefs Mongols, obtint leur confiance et des promesses en ce sens que le roi Mongol n’a pas de visées hégémoniques, qu’il compte marier sa fille au fils du Calife Abu Bakr et qu’il n’avait nullement l’intention de renverser le Calife.
Il demanda au Calife de lui répondre « pour épargner le sang des musulmans, après tu pourras faire ce que bon te semble ; le mieux est de se diriger vers lui ».
Le Calife sortit vers lui accompagné d’une foule de notables. Ils furent installés dans des tentes, et le ministre invita les savants à assister à la conclusion du pacte. Ils furent tous passés au fil de l’Epée y compris le Calife et les membres de sa famille. C’était une calamité sans précédent pour l’Islam et les musulmans ; la destruction de Bagdad fut l’un des épisodes les plus noirs de l’histoire de l’Islam et le prélude à la conquête mongole qui allait bouleverser de fond en comble le Moyen-Orient par les destructions, les massacres et la ruine des villes. Seul un membre de la famille Abbasside échappa au désastre et se réfugia au Caire assurant à la dynastie une survie symbolique jusqu’à 1517. Le ministre n’a pas eu ce qu’il espérait, c’est-à-dire un Vassal alaouite, il ne tarda pas à mourir d’une crise.