Si la laïcité, comme on l’a vu, veut dire neutralité par rapport aux religions, il va de soi que cette neutralité doit servir de garantie à la libre expression de toutes les religions sans favoritisme et sans distinction aucune. Or, la réalité est tout autre. En fait, la laïcité a dévié de ses principes, elle devient visiblement une idéologie anti-islamique.
« La laïcité, dès lors, n’est plus ce qu’elle devrait être : tolérance, pluralisme, respect des différences. Elle devient vide spirituel et parfois même refus systématique de toute interrogation métaphysique et de toute recherche religieuse »
La laïcité dans certains pays est utilisée comme un cheval de bataille contre l’islam, ses valeurs et ses symboles.
Une laïcité qui se dresse contre le choix démocratique des peuples musulmans comme c’est le cas de l’Algérie, de la Tunisie, de la Turquie, ou celle qui dénie les droits les plus élémentaires des citoyens, tels que le port du foulard ou le droit à l’éducation, puisque les filles voilées ne sont pas admises à l’école publique, une telle laïcité n’est pas digne de faire partie des valeurs républicaines.
Celle-ci ne s’est pas contentée de priver l’islam de la dimension politique dont il ne s’est jamais séparé depuis son apparition, elle s’immisce en plus dans le domaine du culte pour le régenter et le maintenir constamment sous pression.
Une telle laïcité aussi partisane qu’injuste ne fait qu’approfondir le fossé entre elle et les populations musulmanes.
En effet, il n’est pas difficile de comprendre les buts inavoués de cette idéologie déguisée qui se résument comme suit : moins de religion et plus d’impiété, moins de moralité et plus d’immoralité, tels sont les objectifs visés par la laïcité. D’une part, elle s’efforce de restreindre de plus en plus l’espace religieux par la multiplication des interdits. D’autre part elle s’ingénie à combattre l’islam par divers moyens, notamment en déformant ses enseignements, en encourageant explicitement ou par un laisser faire criard les sectes hérétiques, la débauche, l’alcoolisme, les jeux de hasard, l’homosexualité, en un mot la corruption des mœurs par la diffusion de toutes sortes d’écrits, de sons et d’images obscènes.
Il convient de retenir enfin que la religion est une dimension importante de la société ; la laïcité doit tenir compte de cette dimension, de ses composantes humaines dont le respect s’impose à plus d’un titre, en vertu des principes de base sur lesquels elle s’appuie. Il n’est rien demandé d’autre à la laïcité que de prendre ses distances par rapport à la religion, et de traiter les citoyens de la même façon sans distinction d’origine, de race ou de religion.