La succession du Prophète

Publication en ligne : jeudi 21 octobre 2004, par Maître Simozrag

1- Le décès du prophète :

Le prophète tomba malade dès son retour du pèlerinage d’adieu. Un jour il quitta sa maison avec un bandeau autour de la tête ; il prit place au minbar (la chaire) et dit : « il y avait un esclave de Dieu ; Dieu lui proposa de choisir entre ce qui est ici-bas et ce qui est auprès de Lui ; et cet esclave préféra ce qui est auprès de Dieu. » Abou Bakr le comprit et se mit à pleurer. « Barrez toutes les portes qui s’ouvrent sur la cour de la mosquée, continue le prophète, sauf la porte de Abou Bakr car je n’ai connu personne de plus utile à ma cause que lui ; si je pouvais prendre un ami parmi les humains, ce serait Abou Bakr. Il est mon compagnon et frère dans la foi, jusqu’à ce que Dieu nous réunisse auprès de Lui ».

Le prophète recommanda ensuite l’expédition d’Usama, en rappelant les mérites de ce jeune compagnon et de son père Zaid ibn al Haritha. Il rentra chez lui. Le lendemain son état se détériora ; il demanda aux gens qui se trouvaient à ses côtés : « apportez-moi du papier pour que je puisse rédiger un écrit ; vous ne vous égarerez pas ensuite ». Certains s’opposèrent, disant que ce n’est pas le moment de le faire « le prophète est souffrant, nous possédons le Coran et cela nous suffit » ; il y avait une dispute à ce sujet entre les gens présents ; le prophète leur aurait demandé de sortir. Ne pouvant plus diriger la prière, il nomma Abou Bakr pour le remplacer. Le prophète prononça cette phrase à voix basse : « il n’y a de Dieu qu’Allah ; quelle agonie dans la mort ». Son dernier mot audible fut : « mais avec le Compagnon d’en haut ».

La nouvelle de la mort plongea la ville dans l’émoi. Omar s’emporta contre ceux qui pleuraient : « l’envoyé de Dieu n’est pas mort, leur dit-il, il est seulement allé auprès de Dieu comme Moise y était allé, pour revenir bientôt auprès de sa communauté afin de la guider jusqu’au jour de la résurrection ». Abou Bakr intervient : « Peuple ! quiconque adorait Mohamed, qu’il sache qu’il est mort ; mais quiconque adorait Dieu, alors Dieu est vivant et ne meurt jamais ». il récite le verset suivant : « Mohamed n’est qu’un messager. Des messagers avant lui sont passés. S’il mourait donc, ou s’il a été tué, retournerez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompense bien les reconnaissants ».s3, v144

2- Discussion et délibération

Les Ansars, estimant qu’il fallait immédiatement régler le problème de la succession, se rendirent à la Saqifa des banou sa’idah pour débattre de cette question. Il s’agissait de savoir auquel des deux clans des émigrés et des Médinois revenait le mérite de la succession du prophète. Avant l’arrivé des émigrés à l’assemblée, les débats avaient abouti à la désignation de Saâd ibn Ubadah comme Emir sans qu’il y eut un consensus autour de ce personnage. Les Ansars étaient divisés tant sur leur droit à la succession que sur la personne de Saâd ibn Ubadah. Ceux qui prétendaient avoir droit à la succession du prophète tiraient argument de l’asile accordé au prophète, du fait que celui-ci est mort chez eux, que Dieu les a nommés Ansars (soutiens, auxiliaires) dans Son Livre (s9, v100,117).

En revanche, les opposants estimaient que les Qoreichites étaient plus dignes que les Ansars parce que ce sont eux qui avaient la charge de la prophétie. Le Califat appartient à ceux qui ont eu la charge de la prophétie. En plus, il ne faut pas oublier que le prophète ne mourut pas avant d’avoir désigné Abou Bakr comme remplaçant pour diriger les offices ; ce choix était fondamental car la Salat est le pilier de la religion. La discussion n’était pas terminée lorsque Abou Bakr arriva en compagnie de Omar ibn kathab, Abou ubaidah et d’un groupe de mohajiroun (émigrés). Ali resta en deuil chez lui avec certains membres de sa famille.

Thabit ibn Qais (khazrajite) intervint et dit : « ô Mohajiroun ! Vous savez tous comme nous que Dieu avait envoyé Mohamed comme messager qui resta à la Mecque malgré la persécution et le refus, Dieu lui enjoigna de s’abstenir de toute violence. Ensuite Il lui permit d’émigrer et de combattre. Nous étions ses auxiliaires et son asile. Puis vous êtes venus, et nous partageâmes avec vous nos biens. Nous sommes donc la vraie force de l’Islam, et c’est de nous que Dieu parle dans le Coran : « A ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce qu’ils ont reçu et qui les préfèrent à eux- mêmes, même s’il y a pénurie chez eux » s59, v9 « Cela entre autres versets que nul ne peut nier. En outre, vous savez aussi toutes les bonnes paroles que le prophète a prononcées en notre honneur. Il quitte ici-bas et ne nomme personne clairement comme son successeur, mais enjoignit à sa communauté de tenir fermement le Livre de Dieu et la sunna (tradition) du prophète. Tant qu’on s’y tient, on ne pourra être unanime dans l’erreur. Nous sommes donc les auxiliaires de Dieu, et c’est à nous qu’appartient la direction du peuple. Qu’en pensez-vous ô Mohajiroun ? je vous salue ».

Abou Bakr se leva et lui répondit : « ô Thabit ! Ton peuple ansârite est exactement comme tu l’as décrit ; personne ne s’y oppose. Quant à nous Mohajiroun, Dieu a révélé à notre sujet : « Aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu’ils recherchaient la grâce et un agrément d’Allah, et qu’ils portaient secours à Dieu et à son messager ceux-là sont les véridiques. »s59, v8. et Allah vous a ordonnés de suivre les véridiques lorsqu’Il vous dit : « ô les croyants craignez Allah et soyez avec les véridiques ».s9, v119. En outre vous savez que les Arabes n’admettront cet amr (commandement) que pour les qoraichites, qui sont considérés comme le clan le plus éminent parmi les Arabes ; et ce sont également eux que vise la prière d’Abraham : « Nôtre Seigneur ! Envoie l’un des leurs comme messager parmi eux » s2, v129. Je choisis donc pour vous l’un de ces deux : Omar et Abu Ubaidah ; prêtez serment à n’importe lequel d’entre eux ». Thabit ibn Qais se leva pour demander aux musulmans s’ils étaient d’accord avec ce qu’a dit Abu Bakr ? « Oui nous sommes d’accord, répond l’assistance ».

Thabit : « Il ne vous fallait pas imputer à Abu Bakr la désobéissance au prophète ? N’avez-vous pas mentionné que le prophète l’avait choisi pour diriger la prière, ne faisant cela que pour le désigner comme successeur ? Or Abu Bakr désobéit au prophète en se retirant de l’élection du successeur du prophète au profit de Omar et de Abu Ubaidah. Comment pouvez-vous suivre ceux auxquels Abu Bakr avait été préféré par le prophète lui-même et choisi par lui » ? Les Mouhajiroun conclurent que, si le chef est choisi parmi eux, les ministres le seront parmi les Ansars et qu’ils ne décideraient rien sans consulter les Ansars et sans leur présence. Le Khazrajite al Hubâb ibn al Mundhir propose la désignation de deux émirs : « un émir de chez nous et un émir de chez eux ». Cette proposition fut rejetée par les Ansars eux-mêmes. On se rappela in extremis d’un hadith qui coupa court à toute discussion : « les dirigeants sont des Quraichites ».

3- L’élection de Abu Bakr

Abu Bakr, rappelant qu’il n’était pas candidat, proposa Omar ou Abu Ubaidah. Ces derniers refusèrent la proposition en affirmant que Abu Bakr était le meilleur des Mouhajiroun, le seul qui a été en compagnie du prophète dans la caverne (Coran s9 v40) et enfin qui avait été nommé par le prophète pour diriger les offices. Ils demandèrent à Abu Bakr d’étendre sa main pour qu’on puisse lui prêter serment. Bachir ibn Saad s’écria : « Je vous jure par Dieu ! Personne ne doit prêter ce serment à Abu Bakr avant moi ! » Et c’est ce qu’il fit. Quelques-uns s’opposèrent, mais la grande majorité de l’assistance y compris les Ansars, vint l’un après l’autre serrer la main d’Abu Bakr au titre du serment. Saad ibn Ubadah faisait partie du groupe des opposants. Ainsi vit le jour l’opposition au sein de l’Etat islamique. Ali et les Banû Hachim étaient en désaccord avec l’élection d’Abu Bakr. Ils estimaient que la succession revenait de droit à Ali. Celui-ci dit à Abu Bakr : « Vous l’avez emporté sur les Ansars en leur disant que Mohamed était des vôtres ; je retourne le même argument contre vous ; nous, les membres de la famille du prophète, sommes plus près de lui que quiconque ». Abu Bakr répondit qu’il ne savait pas que Ali lui contestait cet ‘‘amr’’ (pouvoir), sinon il ne l’aurait jamais accepté. Ce conflit s’aggrava lorsque Fatima, fille du prophète et épouse d’Ali se rendit chez Abu Bakr, pour lui réclamer en héritage la terre de fadak que son père possédait. Abu Bakr lui rappela une parole du prophète qui disait : « nous prophètes, nous ne laissons pas d’héritage. » Il l’assura qu’il prendrait en charge les dépenses de la famille du prophète.

Quelques jours après le serment de la Saqifa, la population de Médine se réunit à la mosquée et émit un vote de confiance en faveur d’Abu Bakr. Celui-ci prononça ensuite son discours d’investiture. Après les formules de louanges habituelles, il dit : « Peuple ! j’ai été choisi comme votre chef, bien que je ne sois pas le meilleur d’entre vous. Donc, si j’agis bien, aidez-moi, et si j’agis mal, corrigez-moi. En effet la véracité est la confiance, et le mensonge est l’abus de confiance. Or le faible parmi vous est fort à mes yeux, jusqu’à ce que j’obtienne pour lui son droit ; et le fort parmi vous est faible à mes yeux, jusqu’à ce que je lui arrache ce qui n’est pas son droit ; tout cela par la volonté de Dieu. Ecoutez ! il n’y a aucun peuple qui ne soit pas frappé d’humiliation s’il néglige de lutter pour la cause de Dieu et l’immoralité ne se répand pas au sein d’un peuple, sans que Dieu ne l’afflige d’une calamité générale. Obéissez-moi, tant que j’obéis à Dieu, et à son messager. Si je désobéis à Dieu et à Son messager, vous ne me devez aucune obéissance. Levez-vous pour la prière ; que Dieu vous fasse miséricorde » !


18 Messages de forum

  • > La succession du Prophète 26 avril 2005 17:34, par Maître Simozrag

    Sources : 1) Mohammed Hamidullah : le prophète de l’Islam : sa vie, son oeuvre, 4° édition, (AEIF) Paris 1979 2) Saïd Ramadan Al Bouti : Fiqhu Sira (en arabe) 8° édition, Dar al-Fikr, Beyrouth 1980 3) Sahih al-Boukhari

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  • > La succession du Prophète 30 avril 2006 19:54, par jenna123

    as salam alaykoum, convertie depuis peu et débutante dans la connaissance de ma religion j aimerais savoir si le Prophète (psl) est bien mort dans les bras de ’Alî (son cousin et gendre) ou comme l’affirme d autres dans les bras de Aîcha (fille de abu bakr et femme du Prophète(psl)) ? Car j ai constaté de nombreux écrits divergents à ce sujet. Merci d avance. Salam.

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    • > La succession du Prophète 1er mai 2006 00:33, par Maître Simozrag

      wa alaikum assalam wa rahmatullah,

      Il y a beaucoup de divergences sur ce point. Mais les hadiths faisant état de la mort du prophète (paix et salut sur lui) dans les bras de Aïcha sont plus authentiques. De plus, sa mort eut lieu dans la chambre de Aïcha, il est difficile d’imaginer que quelqu’un, fut-ce Ali, viole l’intimité d’une chambre conjugale, écartant l’épouse du Prophète à un moment aussi crucial que celui du décès, wallahou aâlam

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      • > La succession du Prophète 9 juillet 2009 04:30, par Mutaleb

        L’authenticité de ces hadiths est fondée sur des personnes physiques sans impartialité, alors qu’elle doit se baser sur la qualité morale de la personne. Exemple et question : Si Ali fait une affirmation et que Aïcha dit le contraire, comment doit-on trancher ?

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        • > La succession du Prophète 9 juillet 2009 05:24, par Mutaleb

          Pour compléter mes propos. N’oublions pas que le soir de l’Hégire, quand Le Prophète (saws) voulait quitter, Ali a quand même pris sa place dans le lit, et sou sa couverture ! En outre, dans le fameux hadith de la Calamité du Jeudi (Sahih Muslim rapporté par Ibn Abbass), tous les compagnons (du moins la plupart) était avec lui dans la chambre de Aïcha (ra), là vous me direz que ce n’est pas une violation d’intimité !? Je pense qu’il faut passer ces petits détails en étudiant profondément les questions obscures qui se posent généralement après la mort du Prophète (saws). C’est avec des affirmations gratuites que nous donnons des preuves aux chiites. Ayons le courage de répondre sincèrement aux questions et leur poser la question : Et alors ? allez-vous changer le cours de l’histoire ? Tout ce qui est arrivé est arrivé, à eux (les sahabas) ce qu’ils ont fait, et à nous ce que nous ferons.

          Voilà une génération bel et bien révolue. À elle ce qu’ elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ ils faisaient.</quote> Craignons pour ce que nous, nous ferons. La vérité fini toujours par faire surface. En réponse à la question de la soeur, il (saws) est certainement décédé dans les bras de Ali puisqu’il l’a mentionné dans le livre (Nahdj’al balagha=La voie de l’éloquence, d’ailleurs reconnu et authentifié par certains de nos ulémas) qu’il a lui-même écrit. En plus concernant les gens de la maison du Prophète (saws) auxquels fait allusion le verset 33 de la sourate 33, Muslim les cite dans sons Sahih, Ali y est cité et non Aïcha, ce qui me laisse croire, même si les autres sunnites n’aime pas que je dise cela, qu’Ali est plus proche du Messager dans l’exercice de sa Prophétie que Aïcha (voir Muslim, Livre 31, N°5920==> différence entre la famille du prophète et les gens de sa maison cités dans le verset ; Livre 31, N°5955==> plus précis encore). Si nous disons toutes les vérités, nos ennemis n’auront plus qu’argument contre nous...

          Maa Salam

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          • > La succession du Prophète 10 août 2009 14:56

            De Natan Qoriq : pourquoi les 12 parents de Mahomet et les leurs ont-ils été assassinés par les seigneurs locaux de l’époque ? Ce n’est pas Allah ni le Qoran qui ont commis d’horreurs mais des hommes faillibles grisés par le pouvoir qui se servirent du Qoran à des fins personnelles ! Nous ne remettons donc pas en cause ni le Qoran ni l’Islam mais des individus opportunistes et égoïstes comme il en existe partout et qui détournèrent la religion à des fins personnelles ! LA QUESTION EST DE SAVOIR POURQUOI TOUS LES PARENTS DE MAHOMET QUI ETAIENT DEPOSITAIRE DE SON SAVOIR ONT-ILS ETE ASSASSINES ? OR LE PROPHETE AVAIT BIEN RECOMMANDE AVANT SA MORT QUE L’ON VEILLE SUR EUX ! JE VOUDRAI AVOIR UNE REPONSE COHERANTE ! AUCUNE RELIGION OU CROYANCE NE PEUT JUSTIFIER LA VIOLENCE, LA HAINE ET L’ASSASSINAT ET JE PARLE ICI POUR LES CHRETIENS, LES JUIFS, LES SHI’ITES, SUNNITES ETC SANS AUCUNE DISTINCTION ! NOUS CONDAMNONS FERMEMENT TOUTE ATTITUDE VIOLENTE ET TERRORISTE, TOUTE EXECUTION AU NOM DE DIEU QUELLE QU’ELLE SOIT !

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            • > La succession du Prophète 10 août 2009 19:57, par Maître Simozrag

              A Natan Qoriq,

              J’ai le regret de ne pouvoir répondre à votre question. Encore une fois, ce forum est réservé au débat entre chrétiens et musulmans. De plus, en tant que partisan de l’unité des musulmans, je n’ai aucun intérêt à remuer le couteau dans la plaie, en évoquant la triste époque de la fitna.

              "Une telle génération est bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis et à vous ce que vous avez acquis. Vous n’aurez donc nullement à répondre de leurs actes" Coran, s2 v134

              Allah est Seul Juge de leurs actes ; quant à nous, il nous appartient de prier pour tous les musulmans, afin qu’Allah leur pardonne et leur fasse miséricorde.

              "Quant aux émigrés et aux auxiliaires qui ont été les premiers à se joindre au Prophète et à l’accueillir, ainsi que ceux qui les ont suivis dans un élan sincère, Allah est satisfait d’eux comme ils sont satisfaits de Ses faveurs, car Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux et où leur séjour sera éternel. Et ce sera pour eux le comble de la félicité" Coran, s9 v100

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            • > La succession du Prophète 27 octobre 2009 07:15, par LOtus0POurpre

              Bonjour,

              A Natan : merci d’appeler le Prophète(saws) par son nom authentique : Muhammad, et non Mahomet, qui est une invention française pour déprécier notre bien-aimé Prophète.

              Merci,

              Cordialement,

              LOtus0POurpre

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              • > La succession du Prophète 27 octobre 2009 12:23

                DE NATAN QORIQ A LOTUS POURPRE : si cela peut te faire plaisir cher ami, mais c’est focaliser le débat sur des points de détails ! maître Simozrag ne tient pas à exciter la divergence entre musulmans et il a raison ! mais il n’empèche que ...

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          • > La succession du Prophète 27 octobre 2009 16:16, par Ibn Al Arabi

            Salam alaykum

            Je vais citer la reponse de Maamar Metmati à ce sujet :

            Entre quelles mains le Prophète a-t-il rendu l’âme ?

            Autre point de désaccord théologique. La question n’est pas de savoir où le Prophète a rendu l’âme, mais entre quelles mains ? J’aimerais préciser que cette divergence n’a rien à voir avec la question de la Califat, elle suscite néanmoins il est vrai, un certain nombre d’interrogations. En effet, pourquoi cette contradiction entre ceux qui prétendent que le Prophète quitta ce monde entre les mains d’Ali, et ceux qui affirment que c’était entre celles de son épouse Aicha ? Il s’avèrera très difficile, sinon impossible, de prouver que le Prophète est mort entre telles et non telles autres mains. Cependant, un indice existe dans le récit qui va suivre : « La fièvre du Prophète revint à la charge dans la maison de Maymûnah, en s’aggravant et avec des accès occasionnels d’évanouissement. Toutes ses femmes et tous ses parents se rassemblèrent pour le voir. On lui conseilla de ne plus se déranger pour rendre visite à tour de rôle à toutes ses femmes, comme il le désirait, et de rester tranquille dans un même endroit pendant sa maladie. La maison de Ayechah fut proposée et admise à ce propos, d’une façon unanime. Le Prophète, la tête bandée et les vêtements mis hâtivement autour de son corps, fut conduit à la demeure de Ayechah, soutenu par al-Fadhl, le fils d’al-Abbâs d’un côté, par Ali son cousin et fils adoptif de l’autre. Selon le récit fait par Ayechah, celle-ci affirme que le Prophète était soutenu d’un côté par al-Fadhl, de l’autre par une autre personne. Elle répugnait à citer le nom de Ali, en raison du sentiment d’inimitié qu’elle éprouvait pour lui142 ».

            142 Sayyed Safdar Hussayn « Histoire des premiers temps de l’Islam » aux éditions du séminaire Islamique.


            Les frères Chiites ne contestent pas que le Prophète est bien mort dans la maison d’Aicha (que Dieu soit satisfait d’elle), ce qui est rapporté par tous les historiens. D’ailleurs, comment pourrait-on le nier puisqu’il est enterré dans la demeure d’Aicha ? Cependant, les Chiites continuent à affirmer que le Prophète est mort entre les mains d’Ali. En effet, ce n’est pas parce que le prophète est mort dans la maison de son épouse, qu’il est décédé entre ses mains ! Logique ! Ils s’appuient eux aussi sur des écrits historiques. En effet, les Chiites acceptent le fait que le Prophète se soit rendu dans la demeure de son épouse Aicha où il rendit l’âme, il aurait cependant selon eux, rendu en ce même lieu son dernier souffle entre les mains non pas d’Aicha, mais d’Ali. Ma question est la suivante : Pourquoi le prophète ne s’est-il pas rendu chez Ali si il désirait mourir entre ses mains ? En effet, sachant qu’il vivait ses derniers instants il aurait sans aucun doute formulé sa volonté si tel était le cas, de rendre son dernier souffle non pas chez Aicha, mais chez Ali, alors pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi n’a-t-il pas demandé à être conduit de la demeure de Maimouna (le prophète était d’abord dans la demeure de son épouse Maimouna puis il a souhaité se rendre au plus vite dans la demeure d’Aicha, il devait néanmoins attendre comme la loi le prévoit le tour de cette dernière) vers celle d’Ali et non vers celle d’Aicha ? J’avoue que cela aurait été plus logique si sa volonté était de mourir entre les mains d’Ali.

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            • > La succession du Prophète 27 octobre 2009 17:09, par Maître Simozrag

              wa alaikum assalam wa rahmatullah, J’avoue franchement que ce genre de débat ne m’intéresse pas, car sujet à polémique tendant à accentuer la division des musulmans. Le prophète (sws) ne pensait même pas que c’était une faveur de mourir chez l’une ou chez l’autre. Il avait un foyer et il était normal qu’il passe les derniers moments de sa vie dans son foyer. Pourquoi voulez-vous qu’il aille mourir chez Ali ? Ce qui est vrai et incontestable est que le prophète est mort dans la chambre de Aïcha. La question se pose de savoir si Ali s’y trouvait à ce moment ? On ne peut pas dire que le prophète était seul avec Aïcha à cet instant précis. Comme il est difficile d’admettre que quelqu’un, fut-ce Ali, violerait l’intimité du Prophète(sws), à moins que les circonstances de la mort permettraient la réunion autour du Prophète des membres de sa famille. Je ne dis rien de plus, car je n’entends pas alimenter la polémique et partant la fitna.

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              • > La succession du Prophète 28 octobre 2009 09:11, par Ibn Al Arabi

                Salam alaykoum

                Merci de votre reponse pleine de sagesse cher Me Simozrag.

                Ce que je voulais dire ici c’est plutôt l’improbabilité de la mort du Prophète entre les mains d’ALI.

                Pour les sunnites cela n’a d’ailleurs pas trop d’importance de savoir entre quelles mains le Prophète a rendu son dernier souffle.

                Mais comme les chiites font de la propagande à ce sujet en y voyant une nomination d’Ali par le Prophète comme son successeur, il était important de faire remarquer ici que cela n’est que pure conjecture et supposition, et non un fait historique avéré : Il est plus probable que ce soit Aicha qui ait pris le Prophète entre ses mains à sa mort. Mais pour nous sunnites cela ne fait pas d’elle son "successeur".

                Wa salam

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                • > La succession du Prophète 28 octobre 2009 11:54, par Maître Simozrag

                  wa alaikum assalam wa rahmatullah wa barakatuh,

                  Vous avez raison, les chiites cherchent le moindre fait ou geste du prophète pour en faire un motif de succession. J’ai compris le sens de votre question. Jazak Allah khair !

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                • > La succession du Prophète 28 octobre 2009 12:34

                  DE NATAN QORIQ : PUISQUE VOUS Y REVENEZ, LA QUESTION N’EST PAS DE SAVOIR ENTRE QUELLES MAINS LE PROPHETE EST MORT MAIS LE FAIT QUE TOUS LES PARENTS DE MOHAMED AIENT ETE TOUS SUCCESSIVEMENT ASSASSINES ! C’EST UN FAIT HISTORIQUE ET L’ON Y PEUT RIEN ! LES SEIGNEURS LOCAUX EN ONT PROFITE POUR METTRE LA MAIN SUR LA RELIGION DU PROPHETE ! LA NATURE HUMAINE EST AINSI FAITE ! NI LES CHRETIENS NI LES JUIFS NI LES MUSULMANS SONT A 100% PARFAITS ! DES GENS CORROMPUS ET CUPIDES EXISTENT PARTOUT DANS LE MONDE ET SE SERVENT DES RELIGIONS POUR ASSEOIR LEUR POUVOIR ! DONC AVANT DE FAIRE LA GUERRE ENTRE COMMUNAUTE RELIGIEUSE IL VAUDRAIT MIEUX FAIRE SON DJIHAD INTERIEUR : SI TU VEUX CHANGER LE MONDE COMMENCE PAR TE CHANGER TOI-MEME ! JE NE SAIS PAS POUR VOUS MAIS POUR MOI IL Y A BEAUCOUP DE TRAVAIL, CELA M’EPUISE ET ME PREND BEAUCOUP DE TEMPS ! LE COTE OBSCUR EST PARTOUT DANS LA NATURE ET IL EST PLUS DIFFICILE DE DEVENIR UNE ABEILLE QU’UNE GUEPE !

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          • > La succession du Prophète 28 octobre 2009 12:56, par Lotus0Pourpre

            Bonjour,

            Depuis quand des musulmans sont ennemis d’autres musulmans ??? C’est proprement honteux de dire ça !! Le cauchemar du Prophète(saws) était justement que sa Communité ne se divisent en sectes après qu’il eût rejoint Dieu...et il se trouve encore des gens aujourd’hui qui prônent la division !! Les chi’ites ne sont pas, et ne doivent pas être considérés comme les ennemis des sunnites, s’il en a été ainsi quelques temps après Siffin c’est à cause de la politique des Khalifes ommeyyades, et jamais à cause d’une différence de dogmes !!!!

            Sincèrement je préfère un chi’ite qui a une autre vision sur "qui doit succéder au Prophète(saws)" qu’un non-musulman qui nie le Prophète et insulte Dieu....

            Les seuls ennemis des musulmans, en cette période, sont les sionistes et les lucifériens, qui sont entrain de sataniser nos sociétés et déroulent le tapis rouge pour la venue du Dajjâl -qu’ils soit juifs, chrétiens ou athées.

            LOtus0POurpe

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            • > La succession du Prophète 28 octobre 2009 16:39, par Maître Simozrag

              Je voudrai dire à NATAN QORIQ que les parents du Prophète (sws) ont été assassinés par des faux musulmans, des traîtres, des hypocrites et des pervers. De même, les Sunnites n’ont pas assassiné les Chiites. Et les Sunnites n’ont jamais accusé les Chiites d’être à l’origine de tel complot ou de tel assassinat d’un Sunnite. Le Calife Omar fut assassiné par Abu lu’lua (un Iranien), mais on n’a jamais accusé les Chiites. Le Calife Othmane fut assassiné lors de l’insurrection orchestrée par Abdullah ibn Saba, mais on n’a pas accusé les Chiites. L’Imam Ali fut assassiné par Abdurrahmane ibn Muldjam, un Kharijite. L’Imam al-Hussein fut assassiné al-Yazid ibn Muawiyya, c’est un despote pervers qui n’a rien à voir avec Ahl Assunna wal jamaa. Dès l’aube de l’Islam, la communauté était infiltrée par des traîtres et des hypocrites qui n’ont pas cessé de diviser les musulmans et de les combattre. Malheureusement, certains Chiites attribuent aux Sunnites les persécutions et les malheurs dont ils étaient victimes. C’est faux ! On peut faire le parallèle avec le tyran Saddam Hussein qui a tué plusieurs Imams chiites (et des dizaines de savants sunnites) comme Bakr As-Sadr ; doit-on attribuer aux Sunnites les crimes de Saddam ? La réponse est NON.

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              • > La succession du Prophète 29 octobre 2009 12:35

                DE NATAN QORIQ A MAITRE SIMZORAG ET A LOTUS POURPRE : C’EST BIEN CE QUE JE PENSE AUSSI TOUT A FAIT D’ACCORD ! CE SONT DE MAUVAIS MUSULMANS DE MAUVAIS HOMMES QUI ONT ASSASSINE LA FAMILLE DU PROPHETE, DE MAUVAIS HUMAINS COMME IL EN EXISTE PARTOUT, COMME IL Y A DE BONS SUNNITES ET DE BONS SHI’ITES COMME EGALEMENT L’INVERSE !

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        • > La succession du Prophète 10 juillet 2009 03:49, par Maître Simozrag

          En principe, il ne doit pas y avoir de contradiction entre Ali et Aïcha. Dans tous les cas, il existe plusieurs procédés de vérifier l’authenticité des hadiths, le critère de la personnalité n’en est qu’un parmi d’autres.

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