1-L’amour de Dieu est une prédisposition naturelle. Sauf si l’homme se plaisait à se mettre en porte à faux avec sa propre nature ou si le Démon détournait à son profit l’amour de l’homme à l’égard de Dieu. Ibn Taymiyya a dit :
« Le cœur, dans son essence même, éprouve le besoin de Dieu à deux niveaux : il éprouve le besoin de L’adorer...et il éprouve le besoin d’implorer son secours et de s’en remettre à Lui.. Le cœur ne sera point sain ni heureux, il ne sera point comblé ni réjoui, il ne connaîtra pont le plaisir ni la sérénité, s’il ne peut vouer à son Seigneur un culte exclusif, L’aimer et se tourner vers Lui. Quand bien même tous les plaisirs possibles lui seraient dispensés, il ne connaîtrait ni paix ni sérénité, car il contient une aspiration instinctive vers Dieu qui est l’objet de son adoration, de son amour et de son désir. C’est cela qui lui procurera le plaisir et la joie, la satisfaction et le bonheur, la paix et la sérénité. »
2-Du fait que Dieu est au sommet de toutes les échelles de valeurs. Toutes les qualités de l’excellence et de la perfection se trouvent réunies en Lui. Et Il en est la Source. On peut aimer quelqu’un seulement pour sa beauté ou pour son héroïsme ou pour sa bonté ou pour son génie ou sa performance technique, intellectuelle, artistique. Or, Dieu est l’Être Suprême en tous Ses attributs. Il est superbement Beau, Puissant, Parfait, Savant, Absolu. Il est au-dessus du génie, des talents, des aptitudes, de toutes les mesures et de tous les critères que l’on connaît. Il possède -si j’ose dire- les plus hautes performances dans tous les domaines. ‘‘A Dieu s’appliquent les comparaisons les plus élevées’’. Ce qui Le rend digne de notre amour, de notre admiration, de notre respect et de notre adoration.
3-Parce que tout ce que l’homme aime et désire, à savoir la beauté, la vie, la richesse, la puissance, le pardon, le Paradis, le Salut, le bonheur, dépend de Dieu et de Son pouvoir. S’il arrive que l’homme n’aime pas Dieu c’est qu’il ne Le connaît pas ou il Le connaît mal car l’idéal vers lequel tend tout homme, les bienfaits et les biens que tout homme désire se trouvent entre les mains de Dieu et Il en est le Seul Dispensateur.
Le Jihad dans la voie de Dieu est une preuve de l’amour de Dieu. Car le Jihad implique le sacrifice de soi ou le sacrifice de ce qu’on aime pour Dieu. Cet amour poussa Abraham à oser sacrifier son fils mais Dieu fut tellement Compréhensif et Miséricordieux à l’égard d’Abraham qu’il refusa le sacrifice de l’enfant et le remplaça par un bélier.
L’amour ne s’accomplit que s’il englobe à la fois la crainte et l’espoir.
4-L’adoration de Dieu est un devoir. Beaucoup de gens, notamment les Soufis, déclarent adorer Dieu ni par crainte de son châtiment ni par espoir de Son Paradis. Ils prétendent L’adorer seulement par amour. Selon eux, l’amour de Dieu est un devoir pour lequel il ne doit pas y avoir de contrepartie. Ce serait un amour basé sur l’intérêt. Le devoir impose d’adorer Dieu de manière totalement désintéressée, disent-ils. Certains savants ont critiqué cette attitude s’appuyant sur l’exemple des prophètes, des vertueux et des véridiques qui adoraient Dieu par crainte et par espoir. Ils invoquent ce verset du Coran :
« Ils s’arrachent de leur lit pour invoquer leur Seigneur par crainte et espoir » As-sajda 32.16
« Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment » al-Isra 17.57
L’homme a naturellement besoin de Dieu à tous points de vue. Nul ne peut se suffire à lui-même ; l’élément le plus précieux dont tout un chacun a besoin et que seul Dieu peut nous accorder est la vie. L’aspiration à la vie est un penchant naturel en l’homme. La crainte va de pair avec l’espoir. Qui ne craint pas le danger, l’horreur, l’accident, la maladie, le châtiment ? Comme l’espoir, la crainte est une chose innée. Et Dieu seul peut nous mettre à l’abri du danger et du châtiment. Si nous ne craignons pas Dieu, cela sous-entend que nous sommes parfaits, que nous n’avons ni péchés ni besoins pour solliciter le secours de Dieu. C’est une conception erronée. D’où l’erreur des chrétiens bercés par l’idée du salut de la même manière que les Soufis et leur fausse conception de l’amour. Il y a lieu de rappeler un hadith du prophète qui dit :
« L’intelligent est celui qui amende son âme et œuvre pour ce qui vient après la mort tandis que l’impuissant est celui dont l’âme suit sa passion et qui se berce de faux espoirs en Allah »
Tellement méfiant, le Calife Omar disait : Si un appel est lancé pour dire que tout le monde entrera au Paradis sauf un, je penserais que c’est moi la personne qui n’y entrera pas »
Cet état d’esprit peut aussi conduire à faire ce qui ne plait pas à Dieu, voire le défier en faisant tout ce qui est mal.
Ainsi, plus se développe le sentiment de crainte et d’espoir, plus l’amour s’accroît. Plus la servitude et la soumission du cœur augmentent plus l’adoration devient une jouissance. A ce stade de la foi et de l’amour, l’adoration ne devient plus une contrainte de soumission ou d’obéissance mais un réel plaisir. Rappelons que l’adoration a d’autres objectifs, en plus du fait qu’elle constitue une preuve d’obéissance et d’amour :
1- l’adoration est un moyen de purification pour la vie éternelle
L’entrée au Paradis exige une purification préalable afin que les hommes puissent voir Dieu et s’entretenir avec Lui. Pour ce faire, il faut qu’ils soient purifiés.
2- l’adoration est un moyen permettant de se rapprocher de Dieu ; or se rapprocher de Dieu veut dire gravir des échelons dans l’au-delà, donc gagner les hauts lieux du Paradis