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Prologue de la rubrique PRESENTATION DU FIQH ISLAMIQUE

Publication en ligne : jeudi 2 décembre 2004, par Maître Simozrag

Ce modeste exposé a pour but d’informer les musulmans sur des notions méconnues. Certes, nous sommes au courant des incessantes attaques contre le droit musulman et les différentes écoles juridiques de l’Islam, mais nous ne connaissons que très peu de choses en la matière. Cette méconnaissance est due au fait que nous avons difficilement accès à ces thèmes à cause de leur indisponibilité en langue française. De plus, certains auteurs manquent d’objectivité quand il s’agit d’enseigner des thèmes aussi importants. Dans le meilleur des cas, ils se contentent d’exposer le précepte ou la norme juridique sans aucune explication ni sur la raison ni sur le but de ce précepte ou de cette norme. En ce qui concerne le Fiqh, tout le monde sait qu’il existe des divergences entre les jurisconsultes, mais rares sont ceux qui en connaissent les raisons. D’aucuns ont même revendiqué l’harmonisation du Fiqh et, partant, l’abolition de ces écoles considérées comme sujet de discorde. En réalité ces divergences sont d’une utilité certaine à plusieurs égards. Elles permettent d’élargir l’éventail des solutions aux multiples problèmes. Autrement dit, elles offrent de nombreuses possibilités permettant aux uns et aux autres de choisir la solution qui leur convient, leur facilitant par là-même la pratique de la religion. A cet égard, on peut considérer ces divergences comme une miséricorde divine parce qu’elles contribuent à faciliter la vie dans le cadre de la religion.

Il est important de souligner aussi l’originalité du Fiqh et du droit musulman. Partout les systèmes juridiques s’inspirent les uns des autres. L’Islam a son propre droit et son propre Fiqh. Ce n’est pas le produit de la seule pensée humaine. Dieu a fixé le cadre et les limites à ne pas franchir, laissant à l’homme le soin de développer, de rechercher, d’interpréter dans le cadre des principes édictés par Lui : « Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas ».

Certains se plaisent à dire et à répéter que Dieu est Seul législateur, croyant plaire à Dieu en lui accordant le monopole de cette tâche primordiale. Cette déclaration qui fut une simple hypothèse à l’origine, devient peu à peu un tabou, un principe inviolable et indiscutable. Le seul fait de contester cette prétendue vérité peut provoquer l’ire de l’assistance. Mais en réalité, ce n’est rien d’autre qu’une manière d’empêcher, de freiner l’activité intellectuelle du musulman. L’Homme, en tant que vicaire, représentant de Dieu sur la terre, peut et doit légiférer au nom de Dieu en vertu de ce mandat de Califat. En plus, le fait que le Coran contienne des versets équivoques qui doivent être interprétés, est une manière de légiférer. L’Ijtihad, l’opinion, la coutume, le consensus, le contrat sont des formes de législation par excellence. Prétendre que Dieu est le Seul Législateur, est aussi une manière de se soustraire à ses responsabilités dans le cadre de l’épreuve concernant tous les humains. Dans les lignes qui suivent, le lecteur trouvera des explications claires lui permettant d’apprécier lui-même la pertinence et le bien-fondé du contenu de cette modeste rubrique. L’auteur


1 Message

  • > Prologue de la rubrique PRESENTATION DU FIQH ISLAMIQUE 19 mars 2007 16:32, par J’ai signé

    Bonjour, Démentir que Dieu soit le seul législateur revient à admettre que nous dépendons partiellement de sa législation et pour l’autre partie de celle des hommes. - Prétendre que Dieu légifère, c’est lui conférer une activité intellectuelle humaine, et en le qualifiant de miséricordieux vous lui octroyez une qualité humaine. - Or personne ne connaît Dieu car personne n’a jamais franchi le seuil de la réalité ultime et n’en est revenu pour nous en parler, fut-il Jésus ou Mahomet. - Ne pas confondre Paradis et Réalité Ultime. - Dieu n’a rien fixé, nous pouvons supposer que dans une infinie patience (encore une qualité humaine) il attend notre bon vouloir. - L’homme, totalement libre, sera assisté par l’au-delà dans sa recherche sincère du Chemin parsemé d’embûches constituées de dogmes, de rites et de ses propres erreurs. - Cordialement, Guy ROGER