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Reponse du maître à la lettre 2 : Hérésie des ahmadiyyas, Histoire des évangiles, Non crucifixion de Jesus selon les écritures

Publication en ligne : dimanche 9 mai 2004, par Maître Simozrag

Jeudi 27 Février 1997

Cher ami Yves,

J’ai bien reçu votre lettre du 12 Février 1997 et je vous remercie de m’avoir appelé « Ami » car j’ai le plaisir d’être l’ami d’un homme pieux au service de Dieu.

Pour répondre à vos questions, je dois avant tout vous signaler que la secte « Ahmadiyya » à laquelle vous faites allusion est une secte hérétique. Elle fut fondée en 1868 en Inde par le nommé Ahmad Gholam qui prétendait « être le Messie attendu et le Prophète du futur ».

Ce dernier était l’un des détracteurs de Jésus Christ (Paix et Salut sur lui) qu’il accusait d’appartenir à une famille de prostituées et d’être dépouillé de « virilité qui est l’une des meilleures qualités chez l’homme » ; ou encore « qu’il avait vu Dieu et qu’il Lui avait présenté de nombreuses demandes qu’Il avait agréées et signées à l’encre rouge. Dieu aurait ensuite secoué la plume et l’encre rouge aurait taché les habits de Gholam et ceux de son disciple Abdallah » qui était assis à côté de lui. Il parait que les taches d’encre sont encore visibles sur les habits soigneusement conservés jusqu’à nos jours au siège de la secte en Inde.

Ce que vous avez entendu concernant le mensonge utilisé par les musulmans pour faire triompher l’islam est faux. Le mensonge est un péché et je ne connais pas de musulman qui aurait utilisé la ruse ou le mensonge à cette fin ; en Islam, on ne peut utiliser des moyens illicites pour parvenir à une fin licite.

La fameuse maxime « la fin justifie les moyens » n’est pas d’usage en Islam.Toutefois, je ne peux garantir l’infaillibilité des hommes. L’erreur est humaine et il se peut fort bien que des musulmans, comme d’autres, se trompent, utilisent le mensonge ou disent n’importe quoi par ignorance ou par intérêt.

Est-ce que les chrétiens sont tous des gens sincères ? Je crois que c’est une question d’éducation et de religiosité. (Je vous prie de vous référer à l’exposé ci-joint concernant la Foi : ses implications et ses exigences). La ruse n’est pas un des attributs d’Allah Gloire et Pureté à Lui. II est au-dessus de ce qu’on Lui attribue. Je sais que vous faites allusion au verbe « Maqara » du verset 3/54 qui se traduit comme suit : « Et ils se mirent à comploter. Allah a fait échouer leur complot. Et c’est Allah qui sait le mieux leurs machinations » 3.54

Cela veut dire que Dieu, par Sa sagesse, Son Omniscience et Sa puissance, connaît bien la ruse, les machinations et les stratagèmes des infidèles et des malfaiteurs. Or, connaître n’est pas revêtir. Si des gens se mettent à manoeuvrer, à comploter contre Dieu ou contre un des Siens et Que Dieu réagisse par les mêmes manoeuvres pour faire échouer leur plan, est-ce qu’on peut Le traiter de comploteur ? Vous savez, le verbe « maqara », dont le sens le plus proche est « conspirer » n’a pas d’équivalent en Français. Chaque langue a sa propre terminologie, ses particularités sémantiques et lexicales. En réalité, c’est Satan qui est rusé et Dieu contrecarre sa ruse.

« quand et comment les véritables (selon vous) Thora et Evangile auraient-ils disparus,... ? »

Dieu seul le sait. En tout cas, Moïse avait reçu la Torah à la fin du 13° Siècle avant Jésus Christ. Mais la canonicité des Livres de la Torah n’était pas faite avant la deuxième moitié du Vème Siècle avant Jésus Christ, soit 800 ans après. Au cours de cette longue période traversée par des conflits et des guerres successives, ces livres ont subi des dommages considérables, de sorte qu’ils n’ont pu être restaurés que de mémoire par les rabbins et les érudits. Aussi, peut-on lire dans la Bible que la Loi fut brisée par Moïse lui-même (Ex.32.19) ; ensuite brûlée par les Chaldéens (2R 25.9).

Quant à l’Evangile, on sait que le plus ancien Evangile n’a pu être composé que 40 ou 50 ans après l’ascension de Jésus. En outre, Jésus Christ, ses disciples et les multitudes qui le suivaient parlaient l’araméen, mais l’Evangile a été rédigé en grec. Y a-t-il un Evangile en araméen écrit du temps de Jésus ? A ma connaissance, non. On ne possède que des copies manuscrites en grec. L’original n’existe nulle part, ni en grec ni en araméen. Dans l’Encyclopédie britannique, vol.2, p.251, on peut lire ceci : « Les manuscrits (grecs) originaux avaient disparu depuis longtemps, et excepté quelques bribes de haute Egypte, tous les manuscrits utilisés par les chrétiens avant le Synode de Nicea (325 après J.C) avaient la même fin.

On doit mentionner : jusqu’à l’invention de l’imprimerie, il n’était pas possible d’arriver à adapter, complètement, les textes grecs aux textes latins du Nouveau Testament. La cause principale en ce cas peut être liée aux grandes altérations diffusées au cours du premier siècle. En ce qui concerne les Epîtres de Paul, les altérations n’ont pas de valeur. La situation des Evangiles est à l’opposé de ce fait où les altérations les plus importantes étaient faites intentionnellement, comme l’insertion ou l’addition de paragraphes complets. »

Au-delà des altérations volontaires mentionnées dans cette citation, les copistes anciens n’ont pu éviter de commettre des fautes et chacune de ces fautes était reprise par le copiste suivant d’où l’existence de différences sensibles entre les textes bibliques.

Pourquoi a-t-on rejeté l’Evangile de Jacques ? L’Evangile de Philippe ? L’Evangile des douze ? L’Evangile de Barthélémy ? Pour quelles raisons l’Evangile selon Pierre fut-il rejeté alors que celui de son disciple Marc qui était écrit dans des circonstances obscures quant à l’auteur, la date et la place de composition, était accepté comme canonique ? A propos des versets du Saint Coran 5.43-48 où Allah, d’une part, fait des reproches aux juifs de ne pas mettre en pratique la Torah et de prendre Mohammed pour juge, et d’autre part, Il ordonne aux chrétiens d’appliquer l’Evangile et aux musulmans d’appliquer le Coran. D’abord, il convient d’indiquer les circonstances de cette révélation. Ce verset a été révélé à l’occasion d’un incident survenu aux juifs de Médine. Il s’agit d’un couple qui, après avoir commis le péché de fornication, voulait échapper à la rigueur de la Torah en matière d’adultère et soumettre ce problème à Mohammed pour essayer d’obtenir un jugement moins sévère, sachant que la punition de l’adultère selon la Torah était la lapidation. A ce moment-là, le Coran était en cours de révélation. Quand ils se présentèrent devant le prophète, il leur posa des questions sur la peine de l’adultère prévue par la Torah. Mais Ils n’avaient pas dit la vérité sur la lapidation, ce qui a amené Abdallah ibn Sallam, un juif qui venait de se convertir à l’Islam, d’apporter le livre de la Torah et de réciter publiquement, en présence du prophète, les dispositions concernant l’adultère. Sur ce, Mohammed ordonna la lapidation du couple conformément à la Torah. Il y a lieu d’observer que pendant la révélation du Coran, les juifs prirent l’habitude de poser des questions au prophète sur les peines du vol, du meurtre, de l’adultère, de l’usure dans le but à la fois de le tester et de trouver quelques dispositions favorables. Ces versets ont donc été révélés en réponse à la duplicité des juifs qui voulaient tricher avec la Parole de Dieu. Allah a voulu informer Son Messager que ces gens-là sont de mauvaise foi. En te prenant pour juge, ils entendent seulement tricher et contourner la Torah ; ce n’est pas parce qu’ils croient en toi ou au Livre que Nous avons fait descendre sur toi. Loin s’en faut. Dans ce même contexte, Allah adresse une sévère mise en garde aux juifs, chrétiens et aux musulmans leur ordonnant de mettre en pratique les dispositions des Livres révélés sans détour, et sans badiner ni tricher. Il qualifie, dans les mêmes versets, de mécréants, d’injustes et de pervers ceux qui n’appliquent pas les dispositions de la Loi divine. Cet ordre fut donné pendant la révélation du Coran ; une fois celle-ci achevée, les gens du Livre devraient suivre les enseignements du dernier Message (le Coran) qui a la prééminence hiérarchique, une valeur plus probante et une force obligatoire supérieure. C’est ce qui ressort des nombreux versets du Coran, notamment :

« Et sur toi (Mohammed) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité pour confirmer le Livre qui était là avant lui et le prédominer. » 5.48

« Ô Gens du Livre ! Notre Messager vous est certes venu, vous exposant beaucoup de ce que vous cachiez du Livre, et passant sur bien d’autres choses ! Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah » 5.15

« Ô Gens du Livre ! Notre Messager est venu pour vous éclairer après une interruption des messagers afin que vous ne disiez pas : ‘il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur’. Voilà, certes, que vous est venu un annonciateur et un avertisseur. » 5.19

« Ô Vous qui avez reçu le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce que vous aviez déjà, avant que Nous effacions des visages et les retournions sens devant derrière, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat. » 4.47

« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour toute l’humanité. » 34.28

« Et Nous t’avons envoyé aux gens comme Messager. Et Allah suffit comme témoin. » 4.79

« Nous n’avons envoyé de Messager que pour qu’il soit obéi, par la permission d’Allah. » 4.64

« Ceux qui ne croient pas au Rappel (le Coran) quand il leur parvient, alors que c’est un Livre puissant. Le faux ne l’atteint ni par devant ni par derrière : c’est une révélation émanant d’un Sage, Digne de louange. » 41.41-42

Il résulte de ces versets et de bien d’autres que le Coran est le seul Message complet et actuellement en vigueur. Pourquoi ?

1° Parce qu’il est le dernier Message. Jusqu’à maintenant, aucun message n’est venu après lui pour le modifier, le compléter ou l’abroger.

2° Parce qu’il apporte des vérités sur les Messages antérieurs et en rectifie les erreurs.

3° Parce qu’il n’est pas destiné uniquement aux arabes, même si le Coran a été révélé dans leur langue ; il s’adresse aux gens, aux hommes, à tout le monde y compris les juifs et les chrétiens.

4° Parce que la Bible elle-même y fait référence et recommande aux gens de l’Ecriture de suivre ses enseignements : Dt 18.17-20 ; Is.42.1,2 ; Jean 14.15,16,26 ; Jean 16.7,8,13,14.

5° Parce qu’il introduit des commandements nouveaux concernant le culte (par exemple les cinq prières quotidiennes, le pèlerinage) ou le comportement (interdiction des boissons alcoolisées).

6° Il est une règle fondamentale en religion qui veut que les Messages se complètent et de ce fait, les gens doivent toujours être à l’écoute du dernier messager qui vient actualiser , rectifier les anciens messages ou apporter un enseignement ou des préceptes nouveaux.

Lorsque Jésus Christ (Paix et Salut sur lui) a dit (Jean 16.12-13) : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. » Par ces paroles, Jésus Christ fait incontestablement allusion au message de l’Islam (le Coran) et aux différentes législations sociales, pénales ; les interdictions de la viande du porc, d’alcool ; les cinq prières quotidiennes qu’il établit car du temps de Jésus, il n’était pas encore opportun d’instaurer ce nouvel ordre religieux.

C’est ainsi que doit être en fait la préoccupation du bon croyant et c’est là, la signification de la vraie soumission à Dieu. Même si nous avions déjà une religion et un Livre, on doit rechercher les voies de la meilleure et entière soumission au Créateur, adopter et suivre l’enseignement qui demande le plus d’efforts et le plus de sacrifices en matière de culte car c’est en tout cas mieux rémunéré en terme de récompense, plus probant et plus expressif de notre amour à l’égard de Dieu.

Je connais pas mal de chrétiens qui m’ont déclaré reconnaître que l’Islam est la vraie religion, mais ils préfèrent le Christianisme tout simplement à cause des facilités de l’un et des contraintes de l’autre. Faire la prière cinq fois par jour, se priver de certains délices de la vie, des grands crus, des belles filles d’Eve, pour eux, cela est insupportable.

Cela étant, je suis particulièrement stupéfait d’entendre de la bouche d’un intellectuel que le Coran n’est pas la Parole de Dieu. Vous soutenez la même thèse que les orientalistes qui se sont illustrés par leurs sempiternelles attaques contre le Coran et le prophète Mohammed. Je n’y trouve d’explication et partant, de consolation que dans le verset suivant :

« Celui que Dieu guide, c’est lui le bien-guidé. Et celui qu’Il égare, tu ne trouveras pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie » 18.17

Je réalise enfin que le couturier Chanel ne s’est pas trompé quand il a brodé cette éloquente Parole sur la lingerie féminine de sa grande marque. Il y a lieu de rappeler que l’origine divine du Coran a été scientifiquement prouvée et qu’il serait vain de conjecturer là-dessus. Sans doute vous n’avez pas encore bien compris le sens de ses versets et c’est pourquoi vous y voyez des ambiguïtés et des contradictions. Le vieil adage dit « L’homme est l’ennemi de ce qu’il ignore. » Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de vous inviter à étudier profondément le Coran, surtout à travers la langue arabe. Je vous envoie, à cette occasion, le texte de ma conférence du 13/6/82 sur « le Miracle coranique » que je vous demande de lire attentivement.

Prétendre que le Coran n’est pas la Parole de Dieu me parait un blasphème, une insulte non seulement au bon sens, mais aussi à l’encontre de Dieu, de Mohammed, de Jésus Christ et d’un milliard deux cents millions de musulmans, sans compter les morts parmi les générations qui se sont succédées depuis des siècles.

Cela revient à dire que les multitudes des masses musulmanes ont fait fausse route, pour ne pas dire mécréantes.

C’est également un manque de confiance à l’égard de Jésus Christ et un démenti formel à ses prophéties.

C’est un outrage à la mémoire de Mohammed en ce sens qu’il est traité de faux prophète, d’imposteur qui a inventé un message, une religion, des dogmes, des lois, bref des fausses paroles qu’il a attribuées à Dieu.

Cela signifie aussi que Dieu serait complice ou étrangement inopérant en laissant dans l’impunité quelqu’un parler, agir, mentir, tromper et que sais-je encore, pendant 23 ans, en Son Nom.

Mohammed a prêché le Coran pendant vingt trois ans. Savez-vous que s’il était faux prophète, il n’aurait pas pu franchir la première année d’imposture. Pourtant c’est de la Bible que j’ai appris cette règle :

« Mais si le prophète, lui, a la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas ordonné de dire, ou s’il parle au nom d’autres dieux, alors c’est le prophète qui mourra. » Dt 18.21 Et c’est ainsi que le faux prophète Hananya mourut la première année, soit avant le terme. Jr 28.15-17

Dieu enseigne que si Mohammed avait parlé faussement en Son Nom, la mort l’aurait fauché immédiatement dans l’année de la fausse prophétie. 69.44-46

Ce n’est pas le lieu de vous indiquer les preuves de l’origine divine du Coran, je me permets cependant de vous donner quelques exemples non pour vous convaincre, ce n’est pas mon but, mais par devoir d’y répondre : Il y a une très grande différence de style entre la parole de Mohammed et la Parole de Dieu consignée dans le Coran. A propos du serment par exemple, sachez que l’islam interdit à ses adeptes de jurer par les créatures, tels les saints, les prophètes, les anges, le soleil, la lune, la Kaâba, etc. II y a un hadith (propos du Prophète) qui dit : « Quiconque jure par un autre que Dieu a fait oeuvre d’incroyance ou, (dans une autre version) s’est comporté en associateur ». Les serments du prophète ont toujours été formulés au nom d’Allah. Si vous examinez les hadiths, vous constaterez que Mohammed n’a jamais juré autrement que par le nom de Dieu. Le serment qu’il a souvent prononcé, dans sa propre parole à lui, est celui-ci :

« Je jure par Celui qui détient l’âme de Mohammed entre Ses Mains ».

I- Les serments du Coran :

Si on observe attentivement le style, le sens et la portée des serments contenus dans le Coran, on s’aperçoit à l’évidence de l’origine divine de ces serments, exemple :

« Non !... Je jure par les positions des étoiles. Et c’est vraiment un serment solennel si vous saviez. Et c’est certainement un Coran noble. Dans un Livre bien gardé que seuls les purifiés touchent. C’est une révélation du Seigneur de l’univers. Est-ce ce discours-là que vous traitez de mensonge ? » 56.75-81

« Par le ciel qui fait revenir la pluie ! Et par la terre qui se fend. Ceci (le Coran) est certes, une Parole décisive et non point une plaisanterie frivole. » 86.11-14

« Non !... Je jure par ce que vous voyez, ainsi que par ce que vous ne voyez pas, que ceci (le Coran) est la Parole d’un noble Messager, et que ce n’est pas la parole d’un poète ; mais vous ne croyez que très peu, ni la parole d’un devin, mais vous vous rappelez bien peu. C’est une révélation du Seigneur de l’univers. Et s’il avait forgé quelques paroles qu’il Nous avait attribuées, Nous l’aurions saisi de la main droite, ensuite, Nous lui aurions tranché l’aorte. » 69.38-46

« Non !...Je jure par les planètes qui gravitent, qui courent et disparaissent ! Par la nuit quand elle survient ! Et par l’aube quand elle exhale son souffle ! Ceci (le Coran) est la parole d’un noble Messager, doué d’une grande force, et ayant un rang élevé auprès du Maître du Trône. » 81.15-20

« Par l’étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » 53.1-4

« Par ceux qui sont rangés en rangs. Par ceux qui poussent (les nuages) avec force. Par ceux qui récitent, en rappel... » 37.1-3

« Par ceux qui arrachent violemment ! Et par ceux qui recueillent avec douceur ! Et par ceux qui voguent librement, puis s’élancent à toute vitesse, et règlent les affaires ! » 79.1-5

« Par celles envoyées en rafales, et qui soufflent en tempête ! Et qui dispersent largement (en tous sens). Par ceux qui séparent nettement (le bien et le mal), et lancent un rappel en guise d’excuse ou d’avertissement. » 77.1-6

« Par les vents qui éparpillent ! Par ceux qui transportent une charge ! Par ceux qui courent avec agilité ! Par ceux qui transmettent l’ordre ! » 51.1-4

« Non !... Je jure par le jour de la Résurrection ! Mais non ! Je jure par l’âme qui ne cesse de se faire des reproches. » 75.1-2

« Non !... Par la lune ! Et par la nuit quand elle se retire ! Et par l’aurore quand elle brille ! Celui-là est un des plus grands ! C’est un avertissement pour les humains. Pour qui d’entre vous, veut avancer ou reculer. » 74.32-37

« Non !... Je jure par le crépuscule, et par la nuit et ce qu’elle recouvre, et par la lune quand elle devient pleine-lune ! » 84.16-18

« Par At-Tûr ! Par un Livre écrit sur un parchemin déployé ! Et par la Maison peuplée ! Et par la Voûte élevée ! Et par la Mer en ébullition ! » 52.1-6

« Par les coursiers rapides et haletants ! Ceux qui font jaillir des étincelles ; ceux qui surgissent à l’aube ; ceux qui font voler la poussière. » 100.1-4

« Par le figuier et l’olivier ! Et par le Mont Sinaï ! Et par cette Cité sûre ! » 95.1-3

« Par la clarté du jour ! Par la nuit, quand elle s’étend ! » 93.1-2

« Par la nuit quand elle recouvre ! Par le jour quand il éclaire ! Et par ce dont le mâle et la femelle ont été créés ! » 92.1-3

« Par le soleil et par sa clarté ! Et par la lune quand elle le suit ! Et par le jour quand il éclaire ! Et par la nuit quand elle recouvre ! Et par le ciel et Celui qui l’a construit ! Et par la terre et Celui qui l’a étendue ! Et par l’âme et celui qui l’a harmonieusement façonnée ; et lui a inspiré son immoralité, de même que sa piété. » 91.1-8

« Non !... Je jure par cette Cité !
- Et toi, tu es un habitant de cette cité - Et par le père et ce qu’il engendre ! » 90.1-3

« Par l’Aube ! Et par les dix nuits ! Par le pair et l’impair ! et par la nuit quand elle s’écoule ! » 89.1-4

« Par le ciel et par l’Astre nocturne ! » 86.1

« Par le ciel aux constellations ! Et par le jour promis ! Et par le témoin et ce dont on témoigne ! » 85.1-3

« Nûn. Par la plume et ce qu’ils écrivent ! » 68.1

« Ya-Sin Par le Coran plein de sagesse. Tu es certes du nombre des messagers, sur un chemin droit. C’est une révélation de la part du Tout-Puissant, du Très Miséricordieux, pour que tu avertisses un peuple dont les ancêtres n’ont pas été avertis : ils sont donc insouciants. » 36.1-6

« Sad. Par le Coran, au renom glorieux. » 38.1

« H’a, Mim. Par le Livre explicite ! Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez. Il est auprès de Nous, dans l’Ecriture-Mère, sublime et rempli de sagesse. Quoi ! allons-Nous vous dispenser du Rappel (Le Coran) pour la raison que vous êtes des gens outranciers ? » 43.1-5

« H’a, Mim Par le Livre explicite. Nous l’avons fait descendre en une nuit bénie. Nous sommes en vérité Celui qui avertit. » 44.1-3

« Qaf. Par le Coran glorieux ! Mais ils s’étonnent que l’un des leurs leur vint comme avertisseur ; et les mécréants dirent : « ceci est une chose étonnante. » 50.1-2

Veuillez considérer l’énorme différence qui existe entre ces serments et ceux du prophète qui ne jure que par Dieu. Je vous invite également à réfléchir sur ces versets compte tenu du fait que seul le Coran a été transcrit du vivant de Mohammed à l’exclusion des hadiths (Tradition) qui n’ont été écrits que sous le règne de Omar ibn Abdul Aziz, soit environ 90 ans après. Comment se fait-il qu’un homme illettré comme Mohammed pouvait savoir les différentes phases de formation du foetus, la confluence de deux mers, l’une salée, l’autre douce ; le mouvement des planètes et des étoiles dans l’espace, le rejet du corps du Pharaon par la Mer, la durée exacte du séjour des gens de la grotte et leur brève résurrection, le phénomène d’asphyxie par manque d’oxygène à mesure que l’on s’élève dans l’espace, les multiples prédictions qui étaient réalisées de son vivant et après sa mort... Le Coran raconte des récits sur les peuples anciens dont la Bible ne fait aucune mention. Certaines données de la Bible sont rapportées dans le Coran mais avec des détails impressionnants, tel le sauvetage du corps du Pharaon pour servir de preuves aux générations ultérieures (10.92). La Bible ne fait pas mention de la confluence de l’eau douce et de l’eau salée, elle ne parle pas des volcans marins, elle ne dit pas que le soleil, la lune, la terre sont en perpétuel mouvement. Nous connaissons la conception de l’univers selon la Bible. De plus, contrairement aux allégations de certains, Mohammed n’a jamais fréquenté des juifs ou des chrétiens dont il aurait appris des enseignements, des récits ou des dogmes quelconques à l’exception d’une brève entrevue avec un moine nommé Bahira qu’il avait rencontré alors tout enfant à Basra (Irak) lors de son voyage au Cham en compagnie de son oncle Abou Talib, il n’avait eu aucun contact avec des savants compte tenu du milieu où il avait vécu. A propos de la ressemblance de certains thèmes entre la Bible et le Coran, c’est tout à fait normal dans la mesure où ces Livres émanent d’un seul Auteur : Allah, le Seigneur des mondes. Les notions essentielles de la foi, de la vertu, de l’unicité de Dieu, du culte, de la Création ont été prêchées par tous les Messagers et répétées dans tous les Livres. Selon votre raisonnement, on peut dire, au sujet de la Torah, que Moïse avait copié les feuilles d’Abraham ou il s’en était inspiré ; de même on peut douter de l’Evangile qui serait une reproduction des livres de l’Ancien Testament. Sur ce point, mon raisonnement est différent : il est des principes que Dieu tient à rappeler aux hommes dans chacun de Ses messages, étant donné la différence de leurs langues, le décalage du temps, les risques d’altération ou de pertes, etc. Autrement dit, Dieu n’a pas cessé d’exister après l’Evangile pour dire que ce Livre était l’oeuvre finale et que tout ce qui viendrait après serait taxé de plagiat. Le mot Coran veut dire rappel. C’est donc un rappel des Messages précédents avec des enseignements et des commandements nouveaux et impératifs, ce qui oblige les gens y compris ceux qui possèdent déjà un Livre, à s’y référer.

En ce qui concerne la Bible, je n’ai à aucun moment dit qu’ elle ne contient pas la Parole de Dieu ou que la Torah et l’Evangile seraient complètement faux. Qu’Allah me préserve du danger de l’incroyance. J’ai dit qu’ils comportent des erreurs et des contradictions de sorte que l’on ne sait pas à quelle version se fier et si on avait l’original il n’y aurait pas de problèmes ni même pas de discussion entre nous. Il est inutile de vous dire qu’ il existe des discordances entre les différentes versions de la Bible même celles considérées comme canoniques : la version hébraïque, la version grecque (Septante) et la version Samaritaine. Cela étant dit, contrairement à votre position vis-à-vis du Coran, je crois fermement aux Livres des Prophètes bibliques et je n’utilise pas leurs versets uniquement pour les besoins de la cause ou pour appuyer une thèse. Je médite sur chaque verset et je fais des comparaisons avec le Coran à la recherche de la vérité et du meilleur moyen de plaire à Dieu. Quand il s’agit d’un acte de culte, de piété, d’adoration ou de bienfaisance, je choisis ce qui me parait le plus difficile. Entre la Messe hebdomadaire et les cinq prières quotidiennes, je préfère les prières quotidiennes ; entre la permission et l’interdiction de boire de l’alcool, j’opte pour l’interdiction ; il me semble que tout ce qui est contraignant ou privatif de jouissance par rapport à l’âme serait le mieux considéré. Quand il s’agit d’une croyance, je choisis la plus complète, celle qui ne fait pas d’exclusion ni de discrimination ; quand il s’agit d’un sacrifice, je choisis le plus périlleux. En cas de divergence entre la Bible et le Coran, j’opte pour la solution coranique pour les deux raisons suivantes : postériorité et authenticité. C’est pourquoi je crois en tous les Livres et en tous les Prophètes même à ceux que je ne connais pas. Cela s’explique par le fait que, d’une part, Dieu m’ordonne d’y croire ainsi et d’autre part, il y a moins de risques dans la croyance que dans l’incroyance. J’estime que si je crois à un Livre ou à un prophète, je n’ai rien à perdre dans la mesure où il ne m’est rien demandé d’autre que de faire le bien, d’aimer et d’adorer mon Créateur. Dans ce cas, même si je me trompe, Dieu ne va certainement pas me punir. C’est l’inverse qui est grave et irrémédiable du fait qu’il s’agit d’un acte d’impiété injustifiable et aux conséquences désastreuses. Une telle position devient encore plus grave quand il s’agit d’un message universel, actuel et définitif comme le Coran. Ce livre parachève la religion, introduit des préceptes nouveaux et fixe les modalités de leur application. Or, le fait de ne pas y croire équivaudrait à la négation de la religion, au rejet de tous les messages. Car, en effet, Dieu veut que nous l’adorions, non pas comme nous voulons, nous, mais comme Il le veut Lui, suivant les rites et les offices qu’Il nous fixe dans le message en cours.

« Où est Jésus maintenant ? Que fait-il ? »

D’après un hadith du Prophète Mohammed (psl) rapporté par le compagnon Ibn Abbas, Jésus Christ se trouve actuellement au deuxième ciel avec Jean Baptiste. Une autre version du même hadith dit qu’il serait au 3° ciel. Le prophète Mohammed les a rencontrés lors de son ascension au Royaume des cieux sur l’invitation de Dieu. Que fait-il ? Je n’en sais rien. Dieu seul le sait ; en tout cas, il n’est pas assis « à la droite de Dieu » car cela est matériellement inconcevable étant donné que le rapport entre Dieu et Jésus serait comparable à un grain de sable dans l’univers, encore faut-il préciser que seul le Trône du Seigneur est beaucoup plus vaste que l’ univers. S’il faut prendre cette expression dans un sens métaphorique pour signifier l’intimité ou la proximité, j’en conviens. Sinon, je ne vois pas comment situer un grain de sable dans le Cosmos.

Pour ce qui est de la thèse d’Al-Razi, je ne peux rien vous dire avant de vérifier. Je n’ai pas trouvé au Burkina les oeuvres de cet exégète. J’attends de les recevoir.

En ce qui concerne le verset 19.33 qui dit : « Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. »

Ce verset rapporte évidemment la parole de Jésus dans le berceau. Rien ne permet d’affirmer que les trois étapes dans la vie de Jésus ont eu lieu, cette opinion n’est pas conforme au sens dudit verset. La mort etla résurrection de Jésusn’ontpasencore eu lieu. Sachez que dans la vie d’un homme, il y a une seule mort et une seule résurrection. Personne ne peut mourir deux fois et être ressuscité deux fois. Or, le retour de Jésus sur la terre est une certitude ; cet événement est prévu par le Coran et l’Evangile. Il va vivre quelque temps sur la terre afin d’accomplir certaines missions et mourir ensuite comme tout un chacun. Le jour de la résurrection interviendra après le terrible événement de la Fin du monde. Ce jour-là où tous les hommes seront ressuscités pour être jugés, se situe dans l’au-delà. C’est un jour terrifiant et seule une catégorie de gens sera à l’abri des horreurs apocalyptiques. Le verset indique que Jésus fait partie de cette catégorie de gens qui auront la paix et la sérénité à la naissance, à la mort et à la résurrection. Par ailleurs Jean Baptiste aussi se voit assuré des mêmes privilèges (19.15). Les martyrs sont compris dans cette catégorie. Il est clair qu’on ne peut donner au verset l’interprétation qui est la vôtre pour la bonne et simple raison que Jésus n’est pas encore mort.

Vous soutenez que « la mort du Messie a été prédite à de nombreuses reprises, en particulier, de façon très précise, par David (Psaume 22), par Esaïe (chapitre 53), et bien sûr par Jésus lui-même (Marc 8.31,9.31, 10.33...). J’ajoute pour compléter la liste : Matthieu 20.18,19 ; Luc 18.32,33 ; 24.7.

II - Non-crucifixion et délivrance de Jésus :

Aucun Prophète, et encore moins Jésus, n’avait prédit la crucifixion. Ce qui a été prédit, en revanche, c’est la conspiration et la délivrance. C’est ce qui ressort des invocations de détresse élevées par Jésus dans le psaume 22 que vous citez et dans d’autres endroits et tout indique que Dieu l’a exaucé et délivré. Une délivrance qui serait, selon vous, intervenue après la crucifixion et la mort n’est pas une délivrance. On peut appeler délivrance celle qui fait échapper la victime au supplice et qui empêche l’ennemi d’atteindre son objectif. « Qu’ils ne disent pas dans leur coeur : Ah ! Voilà ce que nous voulions » Psaume 35.25. Les prédictions de la prétendue crucifixion font partie des interpolations ultérieures tendant à corroborer certaines idées, à mettre en harmonie certains passages de la Bible avec les deux points fondamentaux du dogme de la chrétienté : la crucifixion et la résurrection, sans lesquelles elle perdrait sa raison d’être. 1Corinthiens 15.13-19. C’est ce que j’appelle un sacré montage doctrinal. Ce sont ces mensonges qui ont fait du tort à Jésus et dont il s’est plaint en disant à Paul (Actes 22.7,8) : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »

Pour ma part, je n’accorde aucun crédit à des assertions en pleine contradiction non seulement avec le Coran mais avec certains passages de la Bible elle-même. La vérité est qu’on a comploté contre Jésus et Allah a déjoué leur complot. Il l’a sauvé. Je tiens à vous rappeler quelques passages de la Bible concernant la conspiration et la délivrance :

« Les rois de la terre s’insurgent, et les grands conspirent entre eux, contre Le Seigneur et contre son Messie : Brisons leurs liens, rejetons leurs entraves. » Psaume 2.2-3

« Ils se sont mis d’accord contre moi, ils conspirent pour m’ôter la vie. » Psaume 31.14

« Tu me feras sortir du filet qu’ils m’ont tendu ; car Tu es mon Protecteur. » Psaume 31.5

« Tu me délivreras, Eternel, Dieu de vérité ! » Psaume 31.6

« et Tu ne me livreras pas aux mains de l’ennemi, Tu mettras mes pieds au large. » 31.9

« Puisqu’il s’attache à moi, je le libère, Je le protégerai car il connaît mon nom. S’il m’appelle, je lui répondrai, Je serai avec lui dans la détresse ; Je le délivrerai et le glorifierai ; Je le comblerai de longs jours et je lui manifesterai mon salut ». Psaume 91.14-16

« Seigneur, j’ai fait appel à toi ; j’ai supplié le Seigneur : Que gagnes-tu à mon sang et à ma descente dans la fosse ? La poussière peut-elle te rendre grâce ? Proclame-t-elle ta fidélité ? Ecoute, Seigneur ! Par pitié ? Seigneur, sois mon aide ! » Psaume 30.9-11

« Au jour du malheur, le SEIGNEUR le délivre, le SEIGNEUR le garde vivant et heureux sur la terre. Ne le livre pas à la voracité de ses ennemis. » Psaume 41.2,3

« Le SEIGNEUR a brisé le plan des nations, Il a anéanti les desseins des peuples. Le plan du SEIGNEUR subsiste toujours. » Psaume 33.10,11

« Mes ennemis, qui battent en retraite, trébuchent et périssent devant toi, car tu as défendu mon droit et ma cause ; tu t’es assis sur ton Trône. Tu as menacé des nations, fait périr l’infidèle. » Psaume 9.4-6

« Dieu, je suis tenu par mes voeux : j’accomplis pour toi les sacrifices de louange. Car tu m’as délivré de la mort. » Psaume 56.10-14

« Maintenant je le sais : le SEIGNEUR donne la victoire à son messie : Il lui répond de son sanctuaire céleste, par les prouesses victorieuses de sa droite... Eux, ils plient, ils tombent, et nous, debout, nous résistons » 20.7-9

« Ils ont projeté du mal contre toi, ils ont conçu de mauvais desseins, mais ils seront impuissants. » Psaume 21.9-12

« Quand j’étais assiégé, j’ai appelé le SEIGNEUR ; LE SEIGNEUR m’a répondu en me mettant au large. Le SEIGNEUR est pour moi, il me vient en renfort, et je toise mes ennemis... Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour raconter les oeuvres du SEIGNEUR...C’est lui qui m’a sauvé...il ne m’a pas livré à la mort. Je te loue parce que tu m’as exaucé, parce que tu m’as sauvé. » Psaume 118.5-21

« Il chargera ses anges de te garder en tous tes chemins. Ils te porteront dans leurs bras.... Puisqu’il s’attache à moi, je le libère. » Psaume 91.11-14

« Je fais appel à Dieu, le Très haut, au Dieu qui fera tout pour moi, Que des cieux, il m’envoie le salut ! » Psaume 57.3,4

« Car il me dissimule dans son abri au jour du malheur ; il me cache au secret de sa tente, il m’élève sur un roche. » Psaume 27.5

« Tu ne m’as pas livré aux mains d’un ennemi, tu m’as remis sur pied, tu m’as donné du large... Béni soit le SEIGNEUR, car sa fidélité a fait pour moi un miracle dans une ville retranchée. Et moi, désemparé, je disais : ‘je suis exclu de ta vue’. Mais tu as entendu ma voix suppliante quand j’ai crié vers toi. » Psaume 31.9, 22-23.

« C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété... » Hébreux 5.7

Ces prophéties sont en parfaite concordance avec la réalité et avec les énoncés du Coran. Jésus invoque Dieu et Dieu répond à son appel ; Il fit échouer le plan des comploteurs et mit sa vie hors de tout danger.

Maintenant, je vous demande de bien vouloir méditer les observations suivantes :

1° « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi- En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. La foule lui répondit : Nous avons appris par la Loi que le Christ demeure éternellement ; comment donc dis-tu : il faut que le fils de l’homme soit élevé ? Qui est ce fils de l’homme ? » Jean 12.32-34

Il est bien évident que Jésus leur a annoncé l’approche de son élévation, mais la foule n’a pas compris ; elle n’a pas pu imaginer le déroulement de cet événement sans passer par la mort, d’où leur étonnement : Comment se fait-il que le fils de l’homme soit élevé, alors que nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement ? Cela prouve également que le passage « il indiquait de quelle mort il devait mourir » relève d’une addition ou d’une incompréhension de la parole de Jésus, parce que cela ne cadre pas avec le texte.

Jésus leur parlait de son élévation ; eux, lui parlaient de la mort, alors qu’il n’était pas question de mort et c’est pourquoi la prétendue façon de mourir n’est pas précisée.

2° « Jésus donc leur dit : Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; le père ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Jean 8.28 ;29

Au cours de mes recherches dont les résultats se trouvent au Centre Abaad à Paris, j’ai eu l’occasion de compulser des textes d’Evangile où le verset ci-dessus est formulé ainsi qu’il suit : « Quand vous aurez vu élevé le fils de l’homme... » On voit bien que l’absence du mot Vu, omis ou sciemment supprimé, a sensiblement modifié le sens de la phrase ; Elle devient quasiment incompréhensible. Voire un non-sens. Que signifie en fait : « Quand vous aurez élevé le fils de l’homme ?? »

Si on analyse la phrase dans sa formulation exacte, on comprendra que Jésus allait être élevé au vu et en présence des apôtres. Jésus voulait annoncer à ses disciples, même s’il semblait s’adresser aux pharisiens, l’imminence de son élévation au ciel. Il leur a bien dit que Dieu ne l’a pas laissé seul et qu’Il allait l’élever vers Lui et que les Apôtresallaient voir, donc assister à ce miracle.

Il est certain que ce n’était pas la seule fois que Jésus leur annonce qu’ils allaient le voir monter au ciel. Sans aucun doute, il voulait les prévenir et les préparer à un événement qui allait se produire en leur présence :

« Et si vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant. » Jean 6.62

Il est incontestable que certains disciples l’ont vu monter au ciel. Naturellement, ceux qui dormaient comme Thomas (Didyme) n’ont rien vu. A ce sujet, je vous renvoie à mon exposé : Islam et Christianisme.

3° Jésus Christ se présenta sain et sauf à Marie de Magdala. A première vue, elle pensait que c’était le jardinier ; il était donc déguisé puisqu’elle n’a pu le reconnaître qu’à sa voix. S’il était déguisé c’est qu’il avait peur des juifs, et sa crainte s’explique par le fait qu’il n’était pas mort. Car s’il était mort et ressuscité, il n’aurait pas eu peur, sachant d’une part qu’on ne meurt qu’une seule fois et d’autre part -Et Jésus lui-même l’a dit-, les corps ressuscités seront des esprits. Ensuite, Jésus dit à Marie de Magdala : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon père... ». Jean 20.14-17

Cela signifie qu’il n’avait pas subi la mort.

4° Quand Jésus entra dans le cénacle où se trouvaient les disciples, les portes étant fermées à cause de la crainte qu’ils avaient des juifs. Pourquoi cette crainte ? Parce qu’ils savaient que les juifs étaient toujours à la recherche de Jésus et que les disciples étaient accusés de l’avoir caché. Les juifs continuaient à le rechercher parce qu’ils savaient qu’ils avaient crucifié une autre personne et non Jésus. Si Jésus était mort, et même ressuscité, il n’y aurait ni poursuite contre lui ni crainte de qui que ce soit. Après que Jésus s’est présenté au milieu d’eux et leur dit : « La Paix soit avec vous ! Et quand il leur dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. » Jean 20.19,20.

Ils furent dans la joie du fait qu’ils savaient n’avoir affaire ni à un esprit ni à un revenant, mais à Jésus qui a été sauvé et élevé en leur présence.

Pour ceux d’entre eux qui étaient dans la confusion, n’ayant pas assisté à son élévation, « il leur montra ses mains et son côté » Jean 20.20

Pourquoi leur montra-t-il ses mains si ce n’est pour leur prouver qu’il n’a pas été crucifié. S’il était mort et ressuscité, il n’avait pas à leur montrer ses mains, puisque les traces de la crucifixion sont censées disparaître après la résurrection. Il ne pouvait pas être ressuscité avec des mains et des pieds perforés, c’est inconcevable.

Le fait d’avoir tenu à leur montrer ses mains, c’est pour contrer la rumeur de la crucifixion qui fut largement répandue à cette occasion.

Thomas qui était convaincu que Jésus a été crucifié, persistait dans l’incrédulité affirmant :

« si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. » Jean 20.25

Huit jours après, Jésus se présenta une deuxième fois à ses disciples quand Thomas se trouvait avec eux. Il s’adressa directement à Thomas, lui disant : Toi qui ne veux pas croire, avance ici ton doigt et regarde mes mains ; « avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois... » Jean 20.27 Jésus disait à Thomas : viens, regarde mes mains, touche. Cela sous-entend et implique qu’il n’a pas subi la mort, qu’il n’a pas été crucifié, qu’il n’y avait aucune trace dans son corps. C’est bien cela que Jésus voulait démontrer et expliquer à Thomas.

J’attire votre attention sur le fait que cette formule « Je n’étais pas mort, je n’ai pas été crucifié » a été réellement prononcée par Jésus lors de ses nombreuses apparitions aux disciples, mais elle a mystérieusement disparu des Evangiles canoniques.

Le fait que Jésus ait mangé avec eux est une autre manière de démontrer aux sceptiques qu’il n’avait rien subi d’extraordinaire, ni crucifixion ni résurrection, qu’il était le même Jésus qui mangeait et qui buvait. Revenons au thème central de notre débat : la découverte du crucifié !

Vous dites qu’il y a eu « des multitudes de crucifixions des siècles durant, le Coran les fait remonter même jusqu’à l’époque de Moïse. »

Il est vrai que ce châtiment a sévi pendant des siècles. Il est vrai aussi que les grecs, les romains et avant eux les Pharaons d’Egypte ont inventé ce type d’exécution pour terroriser les esclaves.

Cependant, il ne faut pas confondre une exécution à Rome, à Athènes ou au Caire et une exécution au Mont Golgotha près de Jérusalem.

Aussi, les romains avaient coutume de nourrir les fauves avec les dépouilles des suppliciés. Or, s’agissant d’un personnage censé être Jésus, on ne pouvait lui faire subir le même sort.

Effectivement, il y a des auteurs musulmans qui pensent que le sosie de Jésus serait Judas le traître, crucifié malgré lui. Cela ne change rien au problème ; que le sosie crucifié soit Serges ou Judas ou un autre, l’important est que Jésus n’a pas été crucifié. On a arrêté, tué et crucifié un autre à sa place, qu’on a confondu avec Jésus. Ce n’est pas une simple opinion, c’est la vérité même.

Quant à la découverte du crucifié, il s’agit bel et bien de la personne que l’on croyait être Jésus. J’ai engagé des recherches dans ce sens et je ne manquerai pas de vous tenir informé des résultats.

Sur ce point, les musulmans ne peuvent pas me contredire parce qu’ils sont d’accord que le crucifié n’est pas Jésus et que la vérité éclatera un jour.

Au sujet de la Chari’a, je pense qu’il faut faire la part des choses, c’est-à-dire la différence entre la loi et la manière dont on l’applique.

En effet, la Loi de Dieu est parfaite mais les modalités d’application diffèrent au gré des hommes et des circonstances. Si certains pays utilisent la Chari’a à des fins politiciennes, ou s’ils lui donnent une interprétation inexacte, ce n’est pas à la chari’a qu’il faut s’en prendre.

L’histoire nous enseigne que L’Islam a donné de bons exemples en matière de tolérance et de respect des libertés. C’est une réalité attestée par de nombreux témoignages de penseurs occidentaux. Victor Hugo, dans son discours devant le Parlement, a violemment fustigé l’intolérance des chrétiens et exalté les mérites des musulmans dans ce domaine. J’ai eu l’occasion de lire le texte de son discours dans les cahiers du syndicat national de l’enseignement privé (SNEP).Il dit que lorsque les musulmans régnaient en Espagne, les sciences ont progressé et les hommes se sont épanouis sous l’effet de la liberté et de la tolérance ; mais dès que les chrétiens s’y installèrent, les libertés ont cédé la place à l’intolérance et à l’inquisition. J’ai rapporté ici l’idée de l’auteur, c’est-à-dire le sens et non le texte de son discours.

A ma connaissance, la chari’a prône l’entente, le dialogue et le respect de la personne humaine. Ceci est le principe de base qui doit régir les relations humaines ; ce principe souffre bien entendu quelques exceptions qu’il n’est pas nécessaire de rappeler ici. Le Coran ordonne aux musulmans de discuter avec les peuples du Livre de manière respectueuse et courtoise. (29.46 ; 16.125)

Je ne pense pas qu’un échange comme le nôtre serait « impossible dans les pays où la chari’a est appliquée ? »

J’estime que la question des libertés se pose désormais dans certains pays occidentaux. Je n’en veux pour preuve que la situation dans laquelle je me trouve depuis plus de trois ans. Après avoir été assigné à résidence pendant neuf mois à Florac en Lozère, je fus transféré à la caserne de Folembray où je fus interné pendant un mois avant d’être expulsé dans des conditions inacceptables au Burkina Faso le 31 Août 1994. Depuis, j’y vis en résidence surveillée. On me reproche d’appartenir au Front Islamique du Salut. Le fait d’appartenir à un parti politique légalement reconnu et plébiscité par la majorité d’un peuple est-il constitutif d’infraction ? Certes, j’étais et je suis l’avocat du FIS et je dois le défendre, mais est-il normal que je sois expulsé de France pour mes opinions ou pour avoir agi dans le cadre de l’exercice de ma profession ?

Pourtant, je suis inexpulsable au regard de la loi du fait que j’ai résidé en France depuis 19 ans et père de quatre enfants français. Vous imaginez le décalage entre les principes et leurs applications ? La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la constitution française de 1946, la constitution de 1958, toutes font de la liberté d’opinion l’objet central de leur protection et de leur garantie. La liberté d’opinion est l’un des principes essentiels des droits de l’homme. Peut-on parler de démocratie si cette liberté fondamentale n’est pas garantie ? Toutes les institutions, les chartes, les conventions internationales reconnaissent le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. La déclaration universelle des droits de l’Homme dispose en son article 19 : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression ; ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

L’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales prévoit : « Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations et des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontières. »

Les mêmes dispositions et les mêmes garanties sont prévues à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

A cette occasion, je dois vous informer que je dirigeais à Paris un Centre d’Etudes et de recherches, (le Centre Abaâd) qui poursuit des activités à caractère purement scientifique. Le Centre a été démantelé, le personnel expulsé ou interdit de séjour en France, certaines archives, manuscrits et documents contenant nos travaux de recherches, y compris les disquettes et les disques durs d’ordinateurs ont été confisqués. Les membres fondateurs regrettent de n’avoir pas installé le siège de l’association dans un pays anglo-saxon où il y a davantage de droits et de libertés. Mes économies provenant de mes honoraires ont été bloquées. Ma femme et mes enfants, sans aucune ressource depuis mon expulsion, n’ont pas été autorisés à effectuer des retraits de fonds pour faire face aux charges d’habitation, ainsi qu’aux besoins de soins et de nourriture. Entre temps, mon fils Mohammed Yassine qui alla en Algérie pour son service militaire, fut arrêté, sauvagement torturé et exécuté le 22.2.95, soit dix neuf mois après, à la prison de Sarkadji dans des conditions inhumaines. Son corps, déchiqueté par les bombes, n’a pu être identifié. Ils étaient une centaine de prisonniers, la plupart des intellectuels, exécutés dans les mêmes conditions.

Le malheur par-dessus tout, est que je viens d’apprendre, tout récemment, que nous avons été condamnés, lui et moi, à 20 ans de prison chacun. Ce qui prouve que l’injustice dans ce pays n’a épargné personne, même pas les morts dans leurs tombes. Devant des situations pareilles, je ne peux m’empêcher de m’interroger : où est le droit ? Où est la démocratie ? Où est la Justice ?

Excusez-moi de vous avoir raconté cette triste mésaventure. Cela me parait hors sujet ; restons dans le cadre de notre débat. J’espère avoir répondu à vos questions. Au cas où vous auriez besoin d’éclaircissements, n’hésitez pas à me les demander. Aussi, je me tiens à votre disposition pour répondre, si vous le souhaitez, aux différentes réflexions mentionnées dans la documentation que vous avez bien voulu me faire parvenir.

Je vous envoie une copie corrigée de mon exposé « Lumière sur un mystère autour de Jésus fils de Marie », il me semble que vous en avez eu la mauvaise.

Bien cordialement

Ahmed Simozrag


28 Messages de forum

  • J’ai quelques questions à vous poser :

    1) Esct ce que Jesus vas revenir ?

    2) Si oui, que vaut la phrase :"Le prophète Mohamad est le dernier des prophète.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Suite, donc, de nos échanges sur vos pages "Réponse à la lettre 8" et "La Femme en Islam (II)". Suivant votre proposition, j’ai lu avec attention votre paragraphe "Non-crucifixion et délivrance de Jésus" ; je n’aurait pas la prétention d’émettre un avis dans l’immédiat, tout au plus quelques remarques et, surtout, demandes de précisions.

    Je vois que vous constatez que crucifixion et résurrection sont « les deux points fondamentaux du dogme de la chrétienté (...) sans lesquels elle perdrait sa raison d’être » : j’espère, "si Dieu le veut" (Jc IV, 15 ; Coran LXVIII, 18), trouver les mots pour vous expliquer pourquoi la "douceur et mansuétude", qualités présentes selon le Coran (LVII, 27) "dans les coeurs" de ceux qui suivent (vraiment) Jésus, se nourrissent de ces deux événements, et ce en restant, pour reprendre vos propos, « dans le calme comme d’habitude et sans acharnement ».

    "...Soyez toujours prêts à justifier votre espérance (...) Mais que ce soit avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience..." (1 Pierre III, 15-16)

    "Par la sagesse et la bonne exhortation appelle au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon..." (Sourate XVI, 125)

    - Une première interrogation : quelle source citez-vous en affirmant « cette formule "Je n’étais pas mort, je n’ai pas été crucifié" a été réellement prononcée par Jésus » ?

    - Au sujet de votre remarque (qui me rappelle Ahmed Deedat évoquant « une plaisanterie à la limite du possible ») sur Marie de Magdala qui « pensait que c’était le jardinier ; il était donc déguisé » : j’imagine que vous feriez la même pour l’épisode des disciples d’Emmaüs ?

    "Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs (...) Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître" (Luc XXIV, 13.15)

    - Vous dites que « les corps ressuscités seront des esprits » et que « Jésus lui-même l’a dit » : cette affirmation m’évoque les passages suivants : "A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari ; mais on est comme des anges dans le ciel" (Matthieu XXII, 30 ; Marc XII, 25) "...Ceux qui appartiennent à ce monde-ci prennent femme ou mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection des morts ne prennent ni femme ni mari. C’est qu’ils ne peuvent plus mourir, car ils sont pareils aux anges : ils sont fils de Dieu puisqu’ils sont fils de la résurrection" (Luc XX, 34-36)

    Est-ce à ces passages que vous faites allusion (j’hésite, car pour moi les mots "ange" et "esprit" ne sont pas synonymes) ?

    - Pour vous, « les traces de la crucifixion sont censées disparaître après la résurrection. Il ne pouvait pas être ressuscité avec des mains et des pieds perforés, c’est inconcevable » : vous ne concevez pas une telle idée, mais d’autre le font. Tout comme ils conçoivent que le Christ ressuscité puisse apparaître sous diverses apparences.

    "...Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts" (1 Corinthiens XV, 20) : cette déclaration de Paul rappelle que la résurrection du Christ n’est en rien comparable pour un chrétien à celles, par exemple, de Lazare (Jean XI) ou du fils de la veuve de Sarepta (1 Rois XVII). Elle est prémice de la fin des temps. Une fin des temps où aura lieu la résurrection de la chair, affirmation à laquelle le Coran me semble donner crédit : "L’homme, pense-t-il que Nous ne réunirons jamais ses os ? Mais si ! Nous sommes Capable de remettre à leur place les extrémités de ses doigts" (Coran LXXV, 3-4)

    D’autant plus que les descriptions de l’au-delà y sont très... "charnelles" (même si je crois cependant me souvenir qu’un hadith relatait que la seconde création n’était comparable à la première qu’en apparence : pourriez-vous m’éclairer à ce sujet ?) ; je ne citerai qu’un exemple : "Parmi eux circuleront des garçons éternellement jeunes, avec des coupes, des aiguières et un verre d’une liqueur de source qui ne leur provoquera ni maux de tête ni étourdissement ; et des fruits de leur choix, et toute chair d’oiseau qu’ils désireront. Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux, pareilles à des perles en coquille en récompense pour ce qu’ils faisaient" (Coran LVI, 17-24)

    Christ est l’annonce du "corps spirituel" qui, selon l’expression de Paul, sera nôtre à la fin des temps : "Il y a des corps célestes et des corps terrestres et ils n’ont pas le même éclat ; autre est l’éclat du soleil, autre celui de la lune, autre celui des étoiles ; une étoile même diffère en éclat d’une autre étoile. Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; semé corps animal, on ressuscite corps spirituels" (1 Corinthiens XV, 40-44)

    Mais parler de "corps spirituels" n’est pas parler d’« esprits », et les analogies de Paul sont là pour nous rappeler que la seule chose que nous en savons, c’est qu’il sera d’une nature différente. "Incorruptible", car délivré de la mort : mais où est-il question de l’apparence de ces "corps spirituels", ou de leurs potentiel (pour parler de manière très matérialiste) ? « Le fait que Jésus ait mangé avec eux est une autre manière de démontrer aux sceptiques qu’il n’avait rien subi d’extraordinaire » ? C’est en effet une manière d’affirmer sa présence corporelle. Mais quant aux capacités de ce corps, comment en juger ? Comment un foetus peut-il comprendre la vie qui l’attend après l’accouchement ?

    NB : Je tiens tout de même à préciser que, quoique m’étant étendu sur ce dernier point, ce n’est pas à mes yeux un sujet essentiel. Je remets mon devenir dans l’au-delà entre les mains de Dieu, et ne m’interroge guère sur ce qu’Il en fera : sûr de Sa sagesse infinie, comment pourrais-je ne pas Lui faire confiance pour en disposer au mieux ? L’au-delà est au-delà de ma compréhension terrestre : l’important est, me semble-t-il, de cheminer vers notre Créateur ici-bas. "...Restez éveillés dans une prière de tous les instants..." (Luc XXI, 36) "Et rappelle-toi le nom de ton Seigneur et consacre-toi totalement à Lui" (Coran LXXIII, 8)

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      « quelle source citez-vous en affirmant « cette formule "Je n’étais pas mort, je n’ai pas été crucifié" a été réellement prononcée par Jésus » ?

      Cette formule serait mentionnée dans l’un des évangiles apocryphes, probablement celui de Thomas. Je tiens cette information d’un manuscrit en arabe, encore inédit, intitulé « Evangile ou Evangiles » (Injil aw Anajil)que j’ai consulté à Constantine au début des années 70 dans la bibliothèque privée d’un savant nommé cheikh Nouaïmi. Le nom de l’auteur était à peine lisible à cause des feuillets endommagés de l’ouvrage datant du 10ème siècle. En affirmant que « les corps ressuscités seront des esprits », je faisais allusion aux textes ci-après : (1P 3.18 ; 1Cor 15.51), mais seulement comme argument pour le besoin contre l’idée de résurrection de Jésus.

      « Tout comme ils conçoivent que le Christ ressuscité puisse apparaître sous diverses apparences. » D’accord, mais le problème n’est pas là. Vous citez le verset du Coran (75.3-4)relatif à la résurrection des morts, je n’en ai jamais douté. Le problème est que la résurrection présuppose la mort, alors que Jésus (Paix et Salut sur lui) n’était pas mort.

      Concernant la vie dans l’Au-delà, voici quelques hadiths : « Les gens du Paradis mangeront et boiront mais sans déféquer, sans uriner et sans se moucher. Ce repas provoquera (seulement) des renvois (embaumés)comme des sécrétions de musc ; ils seront inspirés de telle sorte qu’ils loueront Dieu et Le magnifieront comme ils respirent » Rapporté par Jabir dans Muslim « J’ai préparé pour ceux d’entre Mes serviteurs vertueux ce que nul œil n’a vu, nulle oreille n’a entendu et qui n’est jamais venu à l’esprit de l’homme ». Lisez donc si vous le voulez le verset suivant : « Nul ne saist ce qui leur est réservé comme enchantement en récompense des œuvres qu’ils ont accomplies » (s32 v17) Rapporté par Abu Hurayra dans Bukhari et Muslim « Le premier groupe à entrer au Paradis aura l’éclat de la pleine lune. Puis ceux qui le suivront seront aussi lumineux que la plus lumineuse des étoiles du firmament. Ils n’urineront pas, ils ne déféqueront pas, ils ne se moucheront pas. Leurs peignes seront en or, leur sueur sera de musc, leurs encensoirs exhaleront un parfum d’aloès, leurs épouses seront des Hûris aux grands yeux. Ils auront tous la même forme corporelle, celle de leur père Adam ; ils mesureront tous soixante coudées dans le ciel » Rapporté par Abu Hurayra dans Bukhari et Muslim « Quand les gens du Paradis entreront au Paradis, un hérault lancera cet appel : « Il vous appartient désormais de vivre et de ne plus jamais goûter la mort ! Il vous appartient d’être en bonne santé et de ne jamais tomber malade ! Il vous appartient de demeurer jeunes et de ne jamais vieillir ! Il vous appartient d’être comblés et de ne plus jamais connaître la misère » Rapporté par Abu Saïd et Abu Hurayra dans Muslim « Quand les gens du Paradis y seront entrés, Dieu, Béni et Exalté soit-Il, leur dira : « Voulez-vous que Je vous donne encore quelque chose ? » Et ils Lui répondront : « N’as-Tu pas blanchi nos visages ? Ne nous as-Tu pas préservés du Feu ? » Alors le voile sera ôté et rien ne leur sera donné qui leur soit plus cher que la vision de leur Seigneur » Rapporté par Suhayb dans Muslim Je pense que la comparaison est possible entre les hadiths précités et le corps incorruptible dont il est question en 1Co 15.42-43

      Afin d’éviter de trop longs textes, il se peut que je n’aie pas répondu à tout le message ; dans ce cas, on pourra reprendre progressivement les questions demeurées sans réponse.

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      • Bonjour,

        Vous dites que « le problème est que la résurrection présuppose la mort, alors que Jésus (Paix et Salut sur lui) n’était pas mort » : problème insoluble, en effet, votre foi de musulman vous faisant adhérer -en toute cohérence- au Coran qui refuse cette mort, et ma foi de chrétien étant centrée sur cette mort et cette résurrection que l’ensemble du Nouveau Testament affirme. Ce qui nous amène à nous référer aux mêmes textes en ayant -en toute bonne foi de part et d’autre- une lecture totalement différente.

        - Ainsi affirmez-vous qu’« aucun Prophète, et encore moins Jésus, n’avait prédit la crucifixion. Ce qui a été prédit, en revanche, c’est la conspiration et la délivrance ». Vous vous appuyez, entre autres, sur de nombreux versets du Psaume XXXI. Référence que je ne peux que trouver pertinente, puisque Luc lui-même y fait allusion : "Jésus poussa un grand cri ; il dit : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit" Et, sur ces mots, il expira" (Luc XXIII, 45)

        Le verset complet étant : "Dans ta main je remets mon souffle. Tu m’as racheté, SEIGNEUR, toi le Dieu vrai" (Psaume XXXI, 6)

        Luc sous-entend donc que derrière l’échec apparent de Jésus, il y a la certitude de la "délivrance" (pour reprendre la traduction de la fin de ce verset que vous citez). Mais, pour lui comme pour l’ensemble des premiers chrétiens, cette délivrance annoncée est bien la résurrection encore à venir ; il ne voit aucune contradiction à affirmer que Jésus meurt après avoir prononcé ces paroles. Et moi non plus, d’ailleurs.

        La logique est d’ailleurs la même chez Matthieu (XXVII, 46) et Marc (XV, 34), qui présentent Jésus citant le début du verset suivant : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? J’ai beau rugir, mon salut reste loin" (Psaume XXII, 2)

        La première impression est celle du désespoir ; mais lorsque l’on prend le temps de lire le reste du texte, on y trouve ceci : "Vous qui craignez le SEIGNEUR, louez-le ! Vous tous, race de Jacob, glorifiez-le ! Vous tous, race d’Israël, redoutez-le ! Il n’a pas rejeté ni réprouvé un malheureux dans la misère ; Il ne lui a pas caché Sa Face ; Il a écouté quand il criait vers Lui" (Psaume XXII, 24-25) ...Rien d’autre qu’un cri de victoire. De délivrance, en effet. Mais qui passe par la mort du crucifié, dans ces deux textes également.

        - « Les grecs, les romains et avant eux les Pharaons d’Egypte ont inventé ce type d’exécution pour terroriser les esclaves », disiez-vous : mort inadmissible, donc, pour Jésus ? Les auteurs antiques étaient déjà scandalisés : "un homme puni pour un forfait du dernier des supplices et le bois funeste d’une croix, (...) un autel qui convient à des dépravés et à des criminels, en leur faisant honorer ce qu’ils méritent" (Minucius Felix, Octavius IX, 4 ).

        Cette mort, les évangiles nous la présente comme tout aussi inadmissible pour les disciples : "...Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant : "Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera pas !" Mais lui, se retournant, dit à Pierre : "Retire-toi ! Derrière moi, Satan ! Tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes" (Matthieu XVI, 21-23)

        Cette formule « Je n’étais pas mort, je n’ai pas été crucifié » que vous rapportez -et qui, soit dit en passant, est absente du désormais célèbre "Evangile de Thomas" trouvé à Nag-Hammadi- n’est pas sans me rappeler ce passage d’un autre manuscrit trouvé en ces lieux : "Moi j’ai souffert à leurs yeux et dans leur esprit afin qu’ils ne trouvent jamais nulle parole à dire à ce sujet. Cette mort qui est mienne et qu’ils pensent être arrivée, s’est produite pour eux dans leur erreur et dans leur aveuglement. Ils ont cloué leur homme pour leur propre mort, mais leurs pensées, en effet, ne me virent pas, car ils étaient sourds, aveugles et en faisant cela ils se condamnaient eux-mêmes. Ils m’ont vu. Ils m’ont vu infliger un châtiment mais c’était un autre. Celui qui buvait le fiel et le vinaigre, ce n’était pas moi. Ils me flagellaient avec un roseau : c’était un autre. Celui qui portait la croix sur son épaule, c’était Simon" (Deuxième Traité du Grand Seth). C’est dire combien, même après la Résurrection, la pillule est dure à avaler.

        Qu’un musulman soit également choqué, je le comprends également, quand le Coran me donne -hélas !- à lire ceci : "La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment" (Coran V, 33)

        La croix serait "l’ignominie ici-bas", l’une des "récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager"... Je ne m’étonne donc pas de lire dans le Coran un verset qui ne manque pas de me rappeler le texte gnostique que je citais plus haut : "...Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah... Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant !..." (Coran IV, 157)

        - Et pourtant... La majorité de ceux qui se réclament de Jésus affirment sa mort sur la croix : "Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu" (1 Corinthiens I, 18)

        Folie, en effet. Car le scandale demeure. Prenons celui de la souffrance -et de la mort- du juste. Vous évoquiez, dans votre dernier message, le verset suivant : "En effet, le Christ lui-même a souffert pour les péchés, une fois pour toutes, lui juste pour les injustes, afin de vous présenter à Dieu, lui mis à mort en sa chair, mais rendu à la vie par l’Esprit" (1P III, 18)

        Je rappellerai que l’une des leçons de la Bible est la suivante : "Mais quoi ? Avons-nous encore, nous Juifs, quelque supériorité ? Absolument pas ! Car nous l’avons déjà établi : tous, Juifs comme Grecs, sont sous l’empire du péché. Comme il est écrit : Il n’y a pas de juste, pas même un seul" (Romains III, 9-10)

        D’où cette profonde divergence entre Bible et Coran quant aux prophètes et autres figures marquantes : le Livre de l’Exode affirmant que Moïse, pris de colère, commis le sacrilège de briser les tables données par Dieu (Ex XXXII, 19, réfuté en Coran VII, 154) en voyant le Veau fabriqué par Aaron (Ex XXXII, 2-4, contredit en Coran XX, 85-87 par la mise en scène d’un Samaritain pour le moins anachronique) ; le premier Livre des Rois rapportant que la polygamie de Salomon conduisit celui-ci, en son vieil âge, au polythéisme (1 Rois XI, 4, dénoncé en Coran II, 102)...

        Nulle place, dans la Bible, pour cette affirmation que j’ai lu un jour chez un auteur marocain : "Les Messagers de Dieu ont été les modèles de la perfection, quoique humainement relative, à son degré le plus élevé. De ce point de vue, unanimement admis, dans l’Ethique canonique, les Apôtres acquièrent un privilège ou une prérogative, qui les imprègne d’une certaine immunité" (A. Benabdallah, Le Rationnel du Sacré).

        Seule exception, pour un chrétien : le Christ. "Celui qui n’avait pas connu le péché..." (2 Co V, 21). Scandale absolu, donc, que la mort du seul véritable juste que la Terre ait porté ! Sauf que... C’est par un choix délibéré que ce juste, le seul qui aurait pu crier à l’injustice, a accepté la mort ; par amour pour tous les hommes, et donc par amour, aussi, pour ses persécuteurs :

        "Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime" (Jn XV, 12-13) "Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent" (Matthieu V, 44)

        C’est de là que provient le sens chrétien du "témoignage" (en grec, martyre). Voyez comment Luc conte la mort d’Etienne sur le même registre que la crucifixion ! "Jésus disait : "Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font" (...) Jésus poussa un grand cri ; il dit : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit" Et, sur ces mots, il expira" (Luc XXIII, 45) "Tandis qu’ils le lapidaient, Étienne prononça cette invocation : "Seigneur Jésus, reçois mon esprit" (...) Puis il fléchit les genoux et lança un grand cri : "Seigneur, ne leur compte pas ce péché" Et sur ces mots il mourut" (Actes VII, 59-60)

        NB : Je m’aperçois qu’emporté par mes réflexions, j’ai à nouveau écrit un texte assez long ; j’espère que vous me pardonnerez cet écart, et que vous aurez tout de même trouvé quelque intérêt à me lire.

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        • Bonjour,

          J’ai lu attentivement et avec intérêt votre message. Je constate que vous êtes catholique contrairement à mon ami Yves l’Evangile (c’est son nom préféré au lieu du titre de pasteur qui lui fut attribué arbitrairement) qui était protestant. L’ayant pris au début pour un prêtre, je l’ai appelé « cher père » dans ma réponse à sa première lettre. Je n’ai pas la prétention de reprendre les arguments de l’ancien dialogue avec ce dernier, raison pour laquelle je serai relativement bref. Le Coran affirme que Jésus n’a pas été tué et il n’a pas été crucifié. S’agissant de la parole (pour moi)incontestée et incontestable de Dieu, j’ai donc la certitude que Jésus n’était pas ressuscité pour la bonne et simple raison qu’il n’était pas mort. Dans ce contexte, une question se pose : Après l’événement de la croix, pourquoi s’est-il manifesté seulement à ses disciples au lieu de se manifester au monde entier ? La réponse est simple : Les juifs continuaient à rechercher Jésus, sachant que ce n’était pas lui qui fut crucifié et c’est pourquoi Jésus tenait à ne pas apparaître en public. Ma profession de foi, et c’est la vérité, Si j’étais chrétien Jésus n’est pas passé par le mort, il est monté vivant au ciel. Et si j’étais chrétien aussi imprégné que vous êtes des enseignements de la Bible sur la mort et la crucifixion du Christ et tout ce qui pourrait en découler comme « bienfaits pour l’humanité » et ayant appris plus tard la révélation ou l’existence du Coran, j’aurais sans aucun doute abdiqué mes anciennes croyances et adhérer au Coran. Avant d’expliquer mon raisonnement, j’aimerais vous rassurer que je n’ai aucunement l’intention de faire du prosélytisme étant donné que la conversion dépend, comme vous l’avez affirmé, de la volonté de Dieu. A mon avis, la foi ne saurait être un don immérité. Elle est fonction de certains critères, entre autres les pensées, les œuvres, les prières, bref des bonnes intentions vis-à-vis de Dieu et de ses créatures. Dans mon cas, outre la volonté de Dieu, ma connaissance du Coran en langue arabe a très certainement contribué à raffermir ma foi et ma confiance en ce Livre. Partant de là, et compte tenu du fait que le Coran est supérieur en matière d’authenticité et de force probante -les chrétiens rejettent cette donnée pourtant vérifiable- j’ai la conviction que la pure vérité du Coran est là pour corriger la vérité altérée de la Bible. Permettez-moi de ne pas entrer dans les détails de cette vérité altérée qui va des simples erreurs des traducteurs et des copistes jusqu’aux pertes des manuscrits originaux en passant par les additions et les suppressions volontaires de textes de manière à étayer certains dogmes quitte à dénaturer certaines vérités. Les faits sont là, le Coran les confirme et c’est l’une des principales raisons de sa révélation aux hommes. Cependant, ma croyance au Coran ne m’empêche guère de continuer à croire à la Bible, sachant que le Coran n’a pas mentionné tous les Prophètes et tous les livres. Selon moi, les différences entre la Bible et le Coran proviennent soit d’une mauvaise interprétation, soit de l’inauthenticité de la Bible.

          Vous citez Luc 23.46 pour rappeler les dernières paroles de Jésus, mais les évangiles se contredisent sur de nombreux points, notamment : le porteur de la croix, l’inscription sur la croix, le temps de la crucifixion, les témoins de la crucifixion, les dernières paroles de Jésus sur la croix, etc. Ces divergences prouvent, si besoin en est, que la crucifixion s’est déroulée dans des circonstances pour le moins douteuses.

          La mort n’est pas synonyme de disparition définitive, un aller sans retour pour dire que la résurrection est une délivrance ; la résurrection n’est pas un fait particulier, tout le monde sera ressuscité. Des gens ordinaires ont été ressuscités ;

          Vous affirmez : « La logique est d’ailleurs la même chez Matthieu (XXVII, 46) et Marc (XV, 34), qui présentent Jésus citant le début du verset suivant : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

          Jésus ne prononcerait jamais cette formule, lui qui déclare donner de lui-même sa vie (Jean 10.18). Si la mort de Jésus était connu de lui comme un destin inévitable, il n’aurait pas reproché aux juifs leur conspiration contre lui « maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité » (Jean 8.37). Il n’aurait pas éprouvé autant de chagrin et de tristesse qu’il implore Dieu d’éloigner de lui cette coupe (Matthieu 26.39 ; Luc 22.42).

          La coupe, c’est la mort. Pourquoi craindrait-il la mort, s’il savait qu’il devait obligatoirement l’affronter ? Et surtout si cette mort avait pour finalité le rachat du genre humain. La vérité est que Jésus n’a pas été crucifié. Comme preuve, je me borne à citer sa déclaration aux pharisiens : « Je suis encore avec vous pour un peu de temps, puis je m’en vais vers celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne pouvez venir où je serai » Jean 7.34

          Il est clair qu’à travers ces propos, Jésus a averti ses ennemis qu’ils ne pourront pas mettre la main sur lui le jour où ils le chercheront pour l’arrêter.

          « Cette formule « Je n’étais pas mort, je n’ai pas été crucifié »(…)n’est pas sans me rappeler ce passage d’un autre manuscrit trouvé en ces lieux : "Moi j’ai souffert à leurs yeux et dans leur esprit afin qu’ils ne trouvent jamais nulle parole à dire à ce sujet. Cette mort qui est mienne et qu’ils pensent être arrivée, s’est produite pour eux dans leur erreur et dans leur aveuglement. Ils ont cloué leur homme pour leur propre mort, mais leurs pensées, en effet, ne me virent pas, car ils étaient sourds, aveugles et en faisant cela ils se condamnaient eux-mêmes. Ils m’ont vu. Ils m’ont vu infliger un châtiment mais c’était un autre. Celui qui buvait le fiel et le vinaigre, ce n’était pas moi. Ils me flagellaient avec un roseau : c’était un autre. Celui qui portait la croix sur son épaule, c’était Simon" (Deuxième Traité du Grand Seth. »

          Il n’est pas exclu que ce récit soit véridique. D’où l’intérêt de pousser les recherches dans ce sens, car ce qui paraît être une illusion est souvent une vérité. La comparaison que vous faites entre le verset (5.33) et « l’ignominie ici-bas » de la croix n’est pas pertinente. Ce n’est pas parce que la croix serait une ignominie ici-bas que les musulmans refusent de l’appliquer à Jésus. La croix est tout simplement une fausse rumeur accréditée comme une vérité. Le fait que la majorité des chrétiens y croient n’enlève rien à la fiction. La quantité n’a jamais été une preuve de vérité :

          « Si tu te fies à la majeure partie des habitants de la terre, ils te feront dévier de la voie de Dieu, car ils ne feront que suivre des conjectures et se bornent à forger des mensonges » s6 v116

          J’ai évoqué le verset (1P 3.18) pour le besoin de l’argumentation et uniquement pour réfuter la résurrection de Jésus, soulignant l’expression : « Mais rendu à la vie par l’Esprit »

          Concernant le veau d’or, la Bible accuse Haroun d’avoir fabriqué cette idole ; le Coran rétablit la vérité en imputant la responsabilité de sa fabrication à un des habitants de Samarie qui existait bel et bien à cette époque contrairement aux dires de certains historiens. Il est important de rappeler ces versets de la Bible qui indiquent que Samarie a toujours été le lieu de fabrication des idoles :

          « Quel est le crime de Jacob ? N’est-ce pas Samarie ? » Michée 1.5 « Ils ont fait des idoles avec leur argent et leur or ; c’est pourquoi ils seront anéantis. L’Eternel a rejeté ton veau, Samarie ! Ma colère s’est enflammée contre eux. Jusques à quand refuseront-ils de se purifier ? Il vient d’Israël, un ouvrier l’a fabriqué, et ce n’est pas un Dieu ; c’est pourquoi le veau de Samarie sera mis en pièces »Osée 8.4-6

          Vous écrivez : « C’est par un choix délibéré que ce juste, le seul qui aurait pu crier à l’injustice, a accepté la mort ; par amour pour tous les hommes, et donc par amour, aussi, pour ses persécuteurs »

          Cette affirmation est incompatible avec les cris de désespoir du crucifié. Ce qui prouve, encore une fois, que le crucifié était une autre personne que Jésus.

          L’amour est à la fois un don et une épreuve. Ce don n’est sans doute pas l’apanage des chrétiens et il n’a pas grand-chose à voir avec la croix. D’autant plus que ces derniers ont fait preuve de comportements peu conformes au verset que vous citez, à savoir : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent" (Matthieu V, 44) PS Jésus va revenir et son retour ne contredit pas le fait que Mohammed (Paix et salut sur lui) est le dernier prophète. Jésus (Paix et Salut sur lui) n’est pas un nouveau Prophète. Il avait ce titre bien avant Mohammed.

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          • Bonjour,

            - Je regrette, tout d’abord, de vous voir à nouveau accuser "les chrétiens" en général d’avoir « fait preuve de comportements peu conformes » au commandement d’amour du Christ. N’oublions pas les mises en garde de nos textes de référence : "Ouvre la bouche pour juger avec équité" (Proverbe XXXI, 9) "...Et quand vous parlez, soyez équitables..." (Coran VI, 152)

            Je me contenterai donc de vous rappeler vos propos quant aux musulmans qui ont « fait preuve de comportements peu conformes » avec la miséricorde de Dieu : « En réalité, toute religion a ses fanatiques et ses exaltés ; c’est pourquoi, il serait erronée d’en juger à l’aune de ce phénomène. De plus, il est injuste d’imputer à l’Islam tous les méfaits de ceux qui s’en réclament. Une telle méthode d’amalgame, contraire à l’esprit d’analyse scientifique, ne permet guère une appréciation exacte et objective des faits ».

            Et je vous rappelle les miens : « c’est dans des réalisations individuelles qu’il faut chercher les "résultats concluants". Et il y en a ! Beaucoup ! Mais discrets, car nous voyons plus facilement le mal que le bien ». Le véritable témoignage chrétien se fait dans l’humilité, et l’histoire retient rarement ce type de comportement.

            - Tous nos propos à ce sujet rejoignent à mon sens votre affirmation : « La quantité n’a jamais été une preuve de vérité » ; et, de fait, la vérité factuelle ne peut être démontrée par la seule quantité. Mais celle-ci doit être source de questionnement, et c’est pourquoi je rappelais que « la majorité de ceux qui se réclament de Jésus affirment sa mort sur la croix » ; ce n’est pas une preuve de la réalité historique de la crucifixion -fait sur lequel nous ne serons jamais d’accord- mais l’indice d’une interrogation essentielle : alors que cette mort est encore plus scandaleuse pour un chrétien -vu la place qu’il accorde à Jésus- que pour n’importe qui d’autre, comment se fait-il qu’il persiste à l’affirmer ?

            "...Nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu" (1 Corinthiens I, 23-24)

            Je vous rappellerai également que l’affirmation de la résurrection du Christ, prémice de la fin des temps, était à peine moins scandaleuse à l’époque : le monde grec trouvait aberrant l’idée de résurrection de la chair (croyance aujourd’hui partagée par juifs, chrétiens et musulmans) ; quant aux juifs de l’époque, n’oublions pas que le parti saduccéen était encore influent, puisque le Temple n’avait pas encore été détruit. La résurrection n’était en rien une conviction communément admise, comme en témoigne cet auteur juif antique :

            « L’opinion des Saduccéens est que les âmes meurent avec le corps ; que la seule chose que nous sommes obligés de faire est d’observer la Loi, et que c’est une action de vertu de ne vouloir point céder en sagesse à ceux qui nous l’enseignent » (Flavius Josèphe, Antiquités Juives XVIII, 2).

            - L’esprit d’amour n’est certes pas « l’apanage des chrétiens » : je vous renvoie à l’un de mes premiers message, où j’affirmais que « n’importe qui peut le recevoir de Dieu, et y puiser la force d’agir dans le sens voulu par notre Créateur ». A ce sujet, laissez-moi vous citer deux passages des lectures de dimanche dernier :

            "Un garçon courut avertir Moïse : "Eldad et Médad sont en train de prophétiser dans le camp !" Josué fils de Noun, qui était l’auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, intervint : "Moïse, mon seigneur, arrête-les !" Moïse répliqua : "Serais-tu jaloux pour moi ? Si seulement tout le peuple du SEIGNEUR devenait un peuple de prophètes sur qui le SEIGNEUR aurait mis Son Esprit !" (Nombre XI, 27-29)

            "Jean lui dit : "Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas" Mais Jésus dit : "Ne l’empêchez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi. (...) Et si ta main entraîne ta chute, coupe-la ; il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie que d’aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas" (Marc X, 38-39.43)

            Voici deux cas où l’égoïsme humain, qui voudrait s’accaparer les dons de Dieu, est repoussé fermement. Dans le texte de Marc, la suite du propos vient même renforcer l’idée que c’est avec nous-même qu’il nous faut être exigent, et non avec les autres. Car l’amour n’est pas "chasse gardée", même s’il y a une leçon spécifiquement chrétienne sur l’amour, à l’origine de cette "douceur et mansuétude" reconnue par le Coran (LVII, 27). Une leçon qui enseigne que l’amour n’est QUE don, sans limites : "...Tout ce que tu as, vends-le, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux..." (Luc XVIII, 22)

            Sans doute préférerez-vous cette affirmation coranique que vous estimerez plus "réaliste" : "Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou, et ne l’étend pas non plus trop largement..." (Coran XVII, 29). Mais les personnes qui -ne serait-ce qu’une fois- ont expérimenté le don total préconisé par l’évangile ont également vécu l’action de Dieu en retour : "Donnez et on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on vous versera dans le pan de votre vêtement" (Luc VI, 38)

            Lorsque l’on donne par amour, de manière pure et désintéressée, sans se soucier des conséquences, Dieu nous donnera de quoi poursuivre.

            Sauf que ce don peu aller jusqu’à celui de sa vie (je ne parle évidemment pas de suicide). Et c’est là que nous retrouvons la croix. Croix qui ne doit pas être uniquement comprise comme la seule mort de Jésus « du dernier des supplices », mais également par toutes les étapes de la Passion. Quant aux cris de Jésus, je me contenterai de rappeler que l’une des leçons de la Bible est que l’homme à le droit de crier vers Dieu, que ce soit sa souffrance, sa colère, son désespoir... C’était, déjà, ce qu’enseignait le livre de Job.

            - Le sujet de Samarie nous éloigne de la croix, mais me permet de vous exposer une façon de recevoir les textes qui n’est, je le sais, ni la vôtre, ni celle de votre ami évangéliste. Samarie est le nom du royaume apparu lors de la scission de celui de Salomon ; je vous rappelle les récits bibliques :

            "Dès que tout Israël apprit que Jéroboam était revenu, on l’envoya appeler au rassemblement et on le fit roi sur tout Israël. Il n’y eut pour suivre la maison de David que la seule tribu de Juda" (1 Roi XII, 20) "La trente et unième année du règne d’Asa, roi de Juda, Omri devint roi sur Israël, pour douze ans. Il régna six ans à Tirça, puis il acheta à Shèmèr, pour deux talents d’argent, la montagne de Samarie. Il fortifia la montagne et appela la ville qu’il avait bâtie Samarie..." (1 Roi XVI, 23-24)

            Libre à vous de nier la postériorité de cette époque historique -celle des rois du peuple d’Israël- par rapport à celle de Moïse. Libre à vous de nier les travaux des historiens -dont bien peu, aujourd’hui, sont chrétiens et se soucient du christianisme. Mais, pardonnez-moi, c’est à mon sens une posture schizophrène, c’est-à-dire induisant une profonde discordance entre vos pensées et le monde extérieur. Comment vivez-vous par exemple les références coraniques à Homère (Coran XVI, 92 et Coran XIII, 14) ou au "best-seller" de l’antiquité tardive, le "Roman d’Alexandre" (Coran XVIII, versets 60-63 et 83-94) ?

            Certes, je connais le verset suivant : "C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à d’interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au coeur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : "Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !" Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent" (Coran III, 7)

            Mais pouvez-vous affirmer que ce verset s’applique à ces nombreux cas de figure ? Alors qu’une autre lecture est possible : “Dans une entreprise désormais familière au style coranique d’un bris du mythe dispensé par les humains pour le recomposer dans une métaphore gérée seulement par le savoir divin, le récit coranique rassemble des pièces éparses dans le fond des mythes populaires alors en cours dans la région” (Youssef Seddik, Nous n’avons jamais lu le Coran)

            Sachez que ce mode de lecture -ici exposé par un musulman- est le mien lorsqu’il s’agit de la Bible (ainsi, pour le récit biblique du Déluge provenant de l’épopée mésopotamienne de Gilgamesh). Quand Jésus évoque Jonas, cela ne signifie pas que Jonas a existé ; il est juste en train de parler à ses interlocuteurs dans leur cadre de référence.

            L’appliquer au cas du Samaritain est simple ! C’est accepter que le Coran, dans son rapport très particulier à la temporalité (cela, nul ne le niera), a réuni en une seule scène les deux récits bibliques du veau d’or, celui d’Aaron (Ex XXXII, 2-4) et celui, des siècles plus tard, de Jéroboam : "Jéroboam dit en lui-même : “Telles que les choses se présentent, le royaume pourrait bien retourner à la maison de David. Si ce peuple continue à monter pour offrir des sacrifices dans la Maison du SEIGNEUR, à Jérusalem, le coeur de ce peuple reviendra à son maître, Roboam, roi de Juda : moi, on me tuera et on reviendra à Roboam, roi de Juda” Le roi Jéroboam eut l’idée de faire deux veaux d’or et dit au peuple : “Vous êtes trop souvent montés à Jérusalem ; voici tes dieux, Israël, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte” (1 Roi XII, 26-28)

            Un détracteur du Coran parlera ici de confusion ; un croyant musulman, confiant en Dieu, cherchera plutôt à méditer sur la leçon spirituelle que son Créateur a voulu lui donner avec ce texte. Cette lecture n’interdit pas d’estimer de temps à autre qu’une vérité historique est énoncée : c’est incontestablement le cas de la mort (ou non, selon le texte auquel on se réfère) de Jésus sur la croix.

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            • Bonjour,

              Quand je dis « les chrétiens », je n’accuse pas tous les chrétiens, je pensais que vous le saviez. J’admets vos objections concernant les musulmans qui font « preuve de comportements peu conformes » avec la miséricorde de Dieu ». Mais force est de constater que les autres musulmans (les bons) n’ont pas manqué de condamner, voire de combattre les mauvais, ce qui est manifestement très rare chez les chrétiens. De plus, je n’ai jamais accusé le christianisme en tant que religion. Au contraire, j’ai vanté les mérites de cette religion, notamment sur le plan social et humanitaire ; vous comprendrez pourquoi j’ai dit à Yves, je vous remercie de me l’avoir rappelé : « il est injuste d’imputer à l’Islam tous les méfaits de ceux qui s’en réclament ». L’interrogation sur la crucifixion de Jésus se justifie, j’en conviens, à plus d’un titre, de la même manière que la quantité « doit être source de questionnement », c’est incontestable. L’événement de la croix, pas plus que d’autres événements importants, procède à mon avis d’une manœuvre divine destinée à déjouer un complot satanique. Il n’est pas blasphématoire de dire que Dieu use parfois de stratagème pour faire échouer la ruse de Satan : « Ainsi complotaient-ils, mais Dieu déjoua tous leurs complots, car Dieu maîtrise tous les stratagèmes » s8 v30 Dans cette histoire, Dieu a fait d’une pierre deux coups :

              1-les sacrifices humains faisaient des ravages à cette époque et il fallait une opération de même nature pour les juguler ou les diminuer. Pour ce faire, il n’y a rien de tel que le sacrifice du « fils de Dieu » qui compenserait tous les autres sacrifices. Plus besoin de verser du sang humain encore, le sang de Jésus suffit. Et effectivement l’opération connut un succès indéniable. Imaginez-vous les pertes qu’auraient causées ces sacrifices depuis vingt siècles, étant donné que seuls les Aztèques autochtones du Mexique présentaient environ 50 000 victimes humaines par an ? 2-Dieu a jugé utile d’établir la preuve contre les Juifs qui, ne s’étant pas contentés d’assassiner nombre de prophètes, osent mettre à mort le Messie (même si Jésus pour eux était un faux Messie) qu’ils attendaient depuis des siècles et dont ils connaissaient les caractéristiques, entre autres les souffrances dont ils se rendirent eux-mêmes coupables. Il est très probable que cette mise en scène vise d’autres fins que seul Dieu sait ; mais tout cela ne fut qu’une illusion ; une illusion, dirais-je, voulue par Dieu qui n’a pas manqué de rétablir la vérité en ce sens que Jésus ne fut ni tué ni crucifié. Est-ce à dire que Dieu voulut fixer aux chrétiens leur propre voie (s5 v48) ou leur propre culte (s22 v67)à partir de cet événement ? Et cette voie, est-elle celle des premiers chrétiens seulement ou des chrétiens de tous temps ? Dans ce cas, comment s’y prendre avec les versets suivants et quelle lecture faut-il leur donner : « Qui donc est plus injuste que celui qui invente des mensonges sur Dieu ou qui nie la vérité quand elle lui parvient » s29 v68, s39 v32 « Y a-t-il plus injuste que celui qui invente des mensonges sur Dieu ou qui traite ses versets d’impostures » s7, v37 ; s10 v17 « Qui donc est plus injuste que celui qui traite de mensonges les versets de Dieu et qui s’en détournent impudemment ». s6 v157 «  « Quiconque s’en détourne portera au Jour de la résurrection un fardeau » s20 v100 Concernant les croyances des Sadducéens, les exégètes musulmans affirment que le miracle de résurrection des gens de la grotte (Surate 18) après un sommeil de 309 ans est destiné à servir de preuve aux Sadducéens.

              Le passage de la Torah que vous avez cité (Nombre 11.29) semble quelque peu différent dans ma Bible, édition Louis Segond, où l’on peut lire : « Moïse lui répondit : Es-tu jaloux pour moi ? Puisse tout le peuple de l’Eternel être composé de prophètes, et veuille l’Eternel mettre son Esprit sur eux ! »

              L’autre version peut donner lieu à une autre interprétation. On peut lui donner une forme interrogative et comprendre que Dieu ne trouverait pas ou s’inquièterait sur qui mettre son Esprit si tout le peuple du SEIGNEUR devenait un peuple de Prophète. En tous cas, c’est ma première impression, il se peut que je me trompe. En effet, les deux leçons sont magnifiques. C’est ce niveau qu’il faut essayer d’atteindre. Dans ce monde, tout se passe comme si les dons attribués aux uns étaient prélevés sur les lots des autres, alors que la miséricorde de Dieu est inépuisable. Vous l’avez si bien dit : cet « égoïsme humain, qui voudrait s’accaparer les dons de Dieu. » Hélas ! D’aucuns vont jusqu’à souhaiter le malheur et la destruction à d’autres. Permettez-moi de citer un hadith qui me vient à l’idée concernant l’immensité de la miséricorde divine :

              Abû Dharr rapporte ces propos que le Prophète (psl) tenait de Dieu- béni et exalté soit-Il « O Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice et J’ai interdit que vous la pratiquiez entre vous. Aussi, ne soyez pas injustes les uns envers les autres. O Mes serviteurs, vous êtes tous dans l’égarement à l’exception de celui que je guide. Demandez-Moi donc d’être guidés afin que Je vous guide. O Mes serviteurs, vous êtes tous affamés sauf ceux que Je nourris. Demandez-Moi donc votre subsistance afin que Je vous l’accorde. O Mes serviteurs, vous êtes tous dénudés à l’exception de ceux que je vêts. Demandez-Moi d’être vêtus pour que Je vous vête. O Mes serviteurs, vous commettez nuit et jour des péchés, or Je pardonne tous les péchés. Demandez-Moi pardon afin que Je vous pardonne. O Mes serviteurs, vous êtes trop incapables de Me nuire pour pouvoir chercher à le faire et vous ne sauriez M’être d’aucun profit pour chercher à M’être utile. O Mes serviteurs, si les djinns et les hommes du premier au dernier avaient un cœur aussi pieux que celui du plus pieux d’entre vous, cela n’ajouterait rien à Mon royaume. O Mes serviteurs si les djinns et les hommes du premier au dernier avaient un cœur aussi pervers que celui du plus pervers d’entre vous, cela n’enlèverait rien à Mon royaume. O Mes serviteurs si les djinns et les hommes du premier au dernier s’étaient réunis en un seul lieu pour Me présenter leurs requêtes et que J’aie accordé à chacun d’eux sa demande, cela n’aurait pas plus entamé Mon royaume qu’une aiguille retirée de l’océan n’entame l’océan. O Mes serviteurs, ce ne sont que vos œuvres que Je recenserai pour vous et pour lesquelles Je vous rétribuerai. Que celui qui en recueillera un bien remercie Dieu, quant à celui qui en retirera des désagréments qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même » (Muslim)

              C’est vrai, le Coran (s57 v27)reconnaît ce don de « douceur et de mansuétude », à ceux qui ont suivi Jésus. Certains commentateurs affirment que ce don était destiné aux seuls apôtres ; Je ne partage pas leur avis, s’agissant d’une chose réelle et vérifiable. Non, je préfère d’autres affirmations coraniques, en particulier : « Ils nourrissaient le pauvre, l’orphelin et le captif, pour l’amour de Dieu. Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu Seul ; Nous n’attendons de vous ni récompense ni gratitude » s76 v8-0 « La piété ne consiste pas à tourner sa face vers l’Orient ou l’Occident ; la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement Dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes ; la piété, c’est donner de son bien, malgré l’attachement qu’on lui porte, aux proches, aux orphelins, aux pauvres, aux voyageurs, aux mendiants et pour le rachat des captifs » s2 v177 « Vous n’atteindrez la piété que si vous faites don de ce que vous aimez » s3 v92 « Sais-tu ce que c’est que de gravir la pente ? C’est d’affranchir l’esclave, de nourrir, en temps de disette, un orphelin proche parent ou un pauvre terrassé par la faim » s90 v12-17 « Veux-tu connaître celui qui nie le Jugement Dernier ? C’est celui qui repousse brutalement l’orphelin et qui n’incite point à nourrir le pauvre ! » s7 v1-4

              Je comprends votre raisonnement sur la croix, mais il ne faut pas oublier l’immense largesse et l’infinie miséricorde de Dieu. Vous Lui faites le don de votre vie, comme ce fut le cas du fils d’Abraham, Dieu, par compassion et bonté, ne vous la prend pas. Tout en acceptant le don, il vous sauve la vie et la bénit à cause du don. En d’autres termes, vous aurez les avantages, les fruits du sacrifice sans que ce sacrifice se soit réalisé concrètement. C’est bien le cas de Jésus. Dieu a accepté le don de Jésus sans qu’Il le livre aux supplices de la croix, car c’est incompatible avec Sa bonté et Sa miséricorde. Une autre personne ayant pris l’apparence de Jésus, vraisemblablement Judas, fut livrée ; celui-ci a mérité le supplice de la croix du fait de sa traîtrise. Quoi qu’il en soit, la croix conserve à mon avis sa pleine signification, je vous ai parlé des acquis. La non-crucifixion de Jésus ne doit pas influer sur l’intention ou l’engagement sacrificiel d’un chrétien qui adhère à la vérité coranique, car les actions ne valent que par les intentions.

              Samarie est une réalité historique confirmée par le Coran. L’archéologie n’ayant pas achevé son œuvre et l’histoire ne peut pas prétendre tout connaître. Le Samiri évoqué par le Coran n’est pas nécessairement un habitant de Samarie, il se peut qu’il soit originaire de ce lieu appelé à devenir Samarie ou qu’il soit un ancêtre de Schémer, le seigneur de la montagne où Samarie fut construite. L’hébreu et l’arabe sont deux langues très proches l’une de l’autre. Le Samiri du Coran est un substantif qui semble fort bien dérivé de Schémer. Le Coran a un « rapport particulier à la temporalité », j’en conviens. Il évoque souvent un fait ou une réalité qui ne se produit que postérieurement.

              « Comment vivez-vous par exemple les références coraniques à Homère (Coran XVI, 92 et Coran XIII, 14) ou au "best-seller" de l’antiquité tardive, le "Roman d’Alexandre" (Coran XVIII, versets 60-63 et 83-94) ?

              Le fait que le Coran s’exprime en paraboles ne veut pas dire qu’il fait référence à tel ou tel personnage mythique. Je pense que Dieu, le Sage, l’Omniscient n’a pas besoin de l’expérience d’Homère pour s’y référer. Je ne vois pas non plus le rapport entre le « Roman d’Alexandre » et les récits de la Surate 18. Le roman est basé sur la fiction et la légende, tandis que le Coran a la vérité pour substance.

              Le mode de lecture initié par Youssef Seddik dans ‘‘Nous n’avons jamais lu le Coran’’ ne retient pas mon assentiment. Cette oeuvre est pleine de contre-vérités. L’auteur prétend qu’une première transcription du Coran fut perdue et remplacée par la « vulgate actuelle ». C’est faux ! Comment perd-t-on ce qui est mémorisé, appris par cœur dès le début par des centaines de musulmans. Pour lui, le Coran n’est qu’un mythe. Mohammed aurait « peut-être fait son apprentissage » sinon à Gaza ou Jérusalem, à Damas ou Antioche. Il tente d’écarter de l’exégèse coranique non seulement l’œuvre des compagnons mais aussi la tradition du Prophète (Paix et Salut sur lui).

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              • Bonjour,

                - Vous dites que « force est de constater que les autres musulmans (les bons) n’ont pas manqué de condamner, voire de combattre les mauvais, ce qui est manifestement très rare chez les chrétiens » : évitons ces formules dangereuses telles que « force est de constater » ou « manifestement très rare ». Formules dangereuses, car totalitaristes. Vos évidences ne sont pas les miennes ; je pourrai en toute bonne foi vous tenir un propos exactement opposé au vôtre, et nous serions piégés tous les deux par le Diviseur. Restons dans des expériences vécues (personnes que nous connaissons, etc.) : nous nous situons alors dans le témoignage. Quand nous entrons dans de grandes phrases sur les chrétiens/musulmans du monde, nous ne faisons que colporter des informations de n-ième main, très vites manipulées. "Tu ne rapporteras pas de rumeur sans fondement..." (Ex XXIII, 1) "...Voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens..." (Coran XLIX, 6)

                - « Dans ce cas, comment s’y prendre avec les versets suivants et quelle lecture faut-il leur donner » : je ne prendrai évidemment pas position sur ce point qui reléve à mon sens d’un débat interne aux musulmans. De même pour les éventuelles « contre-vérités » de l’oeuvre de Y. Seddik. J’ai évoqué cet auteur car le mode de lecture qu’il explique dans cette citation -que l’on adhère ou non au reste de ses thèses- est parfaitement recevable. Que ce mode de lecture ne vous convienne pas, cela, je le sais. Il ne convient sans doute pas non plus à votre ami Yves qui m’a semblé, comme tous les chrétiens évangéliques, très littéraliste. Mais comme ce mode de lecture est le mien lorsqu’il s’agit de la Bible, j’ai jugé plus parlant pour un musulman d’en donner un exemple dans l’Islam.

                - Pour ce qui est des références hellénistiques, vous jugerez par vous-même. Voici les évocations de l’Odyssée :

                "Et ne faites pas comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée, en prenant vos serments comme un moyen pour vous tromper les uns les autres" (Coran XVI, 92) "Alors le jour, elle [Pénélope] tissait la grande toile, et, la nuit, elle défaisait son ouvrage, à la lumière des flambeaux. Ainsi, trois ans durant, elle sut cacher sa ruse et tromper les Achéens" (Homère, Odyssée, Ch. II)

                "A lui l’appel de la Vérité ! Ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent d’aucune façon ; semblables à celui qui étend ses deux mains vers l’eau pour la porter à sa bouche, mais qui ne parvient jamais à l’atteindre. L’invocation des mécréants n’est que vanité" (Coran XIII, 14) "Et je vis Tantale, subissant de cruelles douleurs, debout dans un lac qui lui baignait le menton. Et il était là, souffrant la soif et ne pouvant boire. Toutes les fois, en effet, que le vieillard se penchait, dans son désir de boire, l’eau décroissait, absorbée, et la terre noire apparaissait autour de ses pieds..." (Homère, Odyssée, Ch. XI)

                Pour le "Roman d’Alexandre" -pour rester bref- je me contenterai d’abord de citer ceci :

                "Quand Moïse dit à son valet : "Je n’arrêterai pas avant d’avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années" Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer. Puis, lorsque tous deux eurent dépassé [cet endroit], il dit son valet : "Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage" [Le valet] dit : "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson -le Diable seul m’a fait oublier de (te) le rappeler- et il a curieusement pris son chemin dans la mer" [Moïse] dit : "Voilà ce que nous cherchions" Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces. (Coran XVIII, 60-64)

                "Comme j’avais faim, je voulus prendre de la nourriture, et après avoir appelé le cuisinier qui s’appelait Andréas, je lui dis : "Prépare-moi la pitance". Il prit alors du poisson séché et alla jusqu’à l’eau limpide de la fontaine pour laver ce mets, mais à peine fut-il plongé dans l’eau, qu’il reprit vie et échappa des mains du cuisinier. Cependant, ce dernier, effrayé, omit de me rapporter l’événement. [...] Ce n’est qu’à notre retour que le cuisinier nous raconta ce qui lui était arrivé à la fontaine. Pour moi, quand je l’appris, je fus confondu de chagrin et lui infligeai un châtiment terrible. Il me répondit cependant : "Alexandre, que te servent tes regrets quand l’occasion est passée ?" (Roman d’Alexandre du Pseudo-Callisthène, extraits des chapitres XXXIX et XLI)

                Quant à "Celui aux deux cornes" (Coran XVIII, 83 et suivants), les péripéties sont celles de ce roman (recherche du bout du monde, etc.), et il suffit de regarder n’importe quelle monnaie de la fin de l’Antiquité figurant Alexandre divinisé pour le voir affublé des deux cornes en questions. Nul besoin d’aller chercher une nouvelle explication tirée par les cheveux pour décréter qu’en réalité il s’agirait de Cyrus...

                Le fait que cette double référence se situe dans la même sourate ne fait que renforcer mon propos. Mais ce n’est pas en ennemi du Coran que je vous rapporte ceci : si je n’adhère pas à ce qui pour vous est parole de Dieu, c’est -je vous le répète- parce qu’à mon sens j’y trouve des trahisons de l’esprit d’amour révélé par le Christ (malgré l’existence d’autres passages où je retrouve cet esprit charitable). L’hellénisme est indéniablement présent dans l’Arabie de l’Antiquité finissante : qu’y a-t-il alors de scandaleux à voir le Coran -pour reprendre les termes que j’appliquais à Jésus dans mon message précédent- « parler à ses interlocuteurs dans leur cadre de référence » ?

                Les lectures littérales partent souvent de l’idée que les textes sacrés doivent nous enseigner l’histoire, la géographie, l’astronomie... Ce n’est pourtant pas ce que ces textes me disent : "Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute oeuvre bonne" (2 Timothée III, 16-17) "Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers, c’est pour en raffermir ton coeur. Et de ceux-ci t’est venue la vérité ainsi qu’une exhortation et un appel aux croyants" (Coran XI, 120)

                Nous voudrions mettre la Parole de Dieu au service de notre désir de maîtriser tout savoir ? Un certain serpent -rappelez-vous mon message sur votre page "Réponse à la lettre 8", avait lui-aussi fait appel à ce désir, parvenant ainsi à détourner l’attention de l’Arbre de Vie vers celui de la Connaissance. L’humanité n’avait pu résister à la promesse susurrée par le Tentateur : "...Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux..." (Gn III, 5). Ce peut être un idéal aux yeux de certains. Mais si l’on entend la morale de ce récit biblique, n’est-ce pas une dérive contre laquelle on nous met en garde ? Instrumentaliser l’Ecriture, croire qu’on peut la mettre au service de notre soif de savoir, n’est-ce pas la détourner de son but, qui est de nourrir notre spiritualité ?

                - Revenons enfin sur la croix. Vous reconnaissez l’impact de la religion chrétienne sur les sacrifices humains ; j’ajouterai qu’il est également à voir au niveau des sacrifices animaux. Cette grande "boucherie sacrée" qu’était le Temple a vécu. Il est sans doute temps de vous rappeler cette phrase de Jésus : "N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger, mais accomplir" (Matthieu V, 17)

                Vous lui donnez évidemment un autre sens que moi. Mais voici comment l’accomplissement de la Loi permet d’abolir les sacrifices sans abolir la Loi elle-même : "...Le sang procure l’absolution parce qu’il est la vie" (Lv XVII, 11) "...Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché" (Jn I, 7)

                « Dieu a accepté le don de Jésus sans qu’Il le livre aux supplices de la croix, car c’est incompatible avec Sa bonté et Sa miséricorde » : la mort de l’enfant en bas-âge serait-elle compatible avec Sa bonté et Sa miséricorde ? Vais-je tenter de citer tout ce qui alors est « incompatible avec Sa bonté et Sa miséricorde » ? Par contre, ce qui pour vous « n’est pas blasphématoire » l’est à mes yeux : « cette mise en scène [...] qu’une illusion » ! Je le répète, la non-crucifixion ne peut qu’« influer sur l’intention ou l’engagement sacrificiel d’un chrétien », car c’est là que la leçon chrétienne prend sa source.

                Pour donner un nouvel exemple, permettez-moi tout d’abord de vous rappeler ce passage : "Arrivés à Jésus, ils constatèrent qu’il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. Mais un des soldats, d’un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est conforme à la vérité, et d’ailleurs celui-là sait qu’il dit ce qui est vrai afin que vous aussi vous croyiez. En effet, tout cela est arrivé pour que s’accomplisse l’Ecriture : Pas un de ses os ne sera brisé ; il y a aussi un autre passage de l’Ecriture qui dit : Ils verront celui qu’ils ont transpercé" (Jn XIX, 33-36)

                Voici maintenant les paroles d’un mystique allemand du XIVe siècle : "Du Coeur enflammé de Jésus coule son sang tout brûlant d’amour. Du haut de la croix Jésus nous montre son Coeur très fidèle et tout brûlant d’amour, car la mort de nos âmes l’a touché plus que la destruction de son propre corps [...] Seigneur bien-aimé, Jésus-Christ, réchauffez et embrasez mon coeur qui soupire vers vous, embrasez-le par le sang brûlant d’amour qui a coulé de votre Coeur sur la croix très sainte"

                Comparez-les à ces paroles d’un évêque nord-africain du IIIe siècle : "Voyez donc la profondeur de cette plaie et, par cela même, l’étendue de l’amour du Christ ; par elle, la vraie fontaine vous est ouverte, c’est-à-dire le Coeur de Jésus dans lequel vous pouvez entrer ; pénétrez-y donc, car il peut vous contenir tout entier"

                A plus d’un millénaire de distance, on retrouve l’amour du Christ souffrant sur la croix, source de celui de ses disciples. Ici, la méditation se focalise sur le coeur du crucifié. La dévotion au Sacré-Coeur est l’une des voies offertes au chrétien, elle est toujours suivie aujourd’hui. Elle ne prend pas sa source dans une « mise en scène ».

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                • Bonjour,

                  Le Coran est la Parole incréée de Dieu. Il raconte des récits vrais, sur des personnages et des événements réels. Ce sont les hommes qui s’inspirent du Coran et non l’inverse. Aucun des versets que vous citez ne fait référence à l’odyssée. Dieu a un savoir immense par comparaison aux connaissances humaines limitées. On ne peut tout ramener à soi ou à sa culture, c’est de l’égoïsme. Nul n’est au centre du monde hormis Dieu. En évoquant celle qui défaisait la laine qu’elle avait solidement filée, le Coran fait allusion à une femme mecquoise nommée Rabta bint Amrou ibn Ka’ab. Atteinte de folie, cette femme passait tout son temps à filer et à défaire la laine ( Cf commentaires Al-Qurtubi, Ib Kathir, Tabari).

                  L’exemple de « celui qui étend ses deux mains vers l’eau pour la porter à sa bouche, mais qui ne parvient jamais à l’atteindre », est tirée de la culture arabe. Les Arabes comparent celui qui poursuit quelque chose d’illusoire à celui qui tente d’attraper l’eau avec la main. La poésie arabe regorge d’exemples de ce genre, tels « un assoiffé au bord d’un puits, ni lui n’atteint l’eau ni celle-ci ne remonte vers lui » ou encore « l’exemple de l’amour entre moi et elle ressemble à celui qui attrape l’eau avec la main ». Il en est de même du récit de la rencontre de Moïse avec al-Khadar ou al-Khidr. Il s’agit d’une histoire vraie ; elle est racontée dans la réponse à la lettre 10 du pasteur, sous la rubrique : f) Moïse et Haroun, (le téléchargement est un peu lent malheureusement, il faudrait un jour réorganiser ce site). Il y a dans le Coran d’autres exemples de métaphores sans aucun rapport avec la mythologie grecque, par exemple : « Ceux qui se donnent des maîtres en dehors de Dieu ressemblent à l’araignée qui se fait une demeure de se toile » s29 v41 « Mais il demeure attaché à la terre et suivit ses bas instincts, tel un chien qui ne cesse de haleter, qu’on le traque ou qu’on le laisse » s7 v176 « Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause de Dieu sont à l’image d’un grain qui produit sept épis contenant chacun cent grains « s2 v261 « Il ressemble à un rocher recouvert de terre ; qu’une averse l’atteigne et le roc est mis à nu. » s2 v264 « Les œuvres des mécréants, négateurs de leur Seigneur sont telles des cendres dispersées au vent dans un jour de tempête. Ainsi, ils n’en tireront aucun profit. » s14 v18

                  Sincèrement, Je n’arrive pas à comprendre votre démarche ; je relève beaucoup d’incohérences dans ce débat, à telle enseigne que je me demande si je dialogue avec la même personne ; vous invoquez des versets du Coran comme si vous y croyez, et tout d’un coup vous basculez dans l’absurde en faisant le parallèle avec des mythes. Ainsi en est-il du roman d’Alexandre dont le manuscrit date du XVIème siècle. Le comble est que tout cela n’est pas blasphématoire à vos yeux ! Mais le fait par Dieu de mettre en échec les complots de Satan serait « blasphématoire » ! Quel rapport y a-t-il entre la vérité et la fiction ? Que diriez-vous à ceux qui prétendent que Jésus est un mythe, un personnage inventé : « C’est une fable, une légende. Aucune preuve historique n’est venue accréditer son existence. Il est étonnant que Jésus soit le seul prophète à n’avoir laissé aucun écrit. »

                  Dhul Qarnayn est un personnage historique dont le récit est authentiquement rapporté par le Coran, contrairement à ce que raconte le roman d’Alexandre. Cyrus II ou Alexandre le grand, peu importe, la vérité finira par éclater un jour. Le mur qu’il a bâti n’est pas une légende. Selon les travaux du savant indien as-Syohârwî, il existe, aujourd’hui encore, dans la passe de Darial, dans le massif du Caucase, un mur de fer et de cuivre qui s’appuie sur deux sommets montagneux. C’est le mur construit il y a fort longtemps par Dhul Qarnayn pour empêcher les Scythes (Gog et Magog pour cette époque) de venir piller les cités situées en-deçà du massif.

                  Vous dites « si je n’adhère pas à ce qui pour vous est parole de Dieu, c’est -je vous le répète- parce qu’à mon sens j’y trouve des trahisons de l’esprit d’amour révélé par le Christ », c’est faux, l’islam est la religion du Christ, et le Coran la bonne nouvelle, l’Esprit de vérité qu’il a annoncé. Il n’y a aucune incompatibilité entre les enseignements du Coran et « l’esprit d’amour » à moins que cet esprit soit Satan lui-même. Renier Dieu et Sa Parole à cause, dites-vous, de l’esprit d’amour, est une théorie, plutôt une manœuvre satanique. C’est Satan qui tente, à l’aide de ces concepts tels l’amour, l’humanisme, la liberté, de dévier les peuples faute de pouvoir les liguer ou les mobiliser contre Dieu et la vérité. Au moyen des prétendues philosophies humanistes dénonçant les inégalités, les atrocités et les injustices (divines), Satan se fait une popularité. Il est de mon devoir de vous conseiller d’oublier ces théories que vous allez un jour regretter.

                  Aussi, puis-je me permettre de vous dire que vos citations ne sont plus crédibles à mes yeux du fait de l’inconséquence du débat. Vous avez une position ambiguë vis-à-vis du Coran. Par exemple, quand vous citez ce verset du Coran : "Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers, c’est pour en raffermir ton coeur. Et de ceux-ci t’est venue la vérité ainsi qu’une exhortation et un appel aux croyants" (Coran XI, 120)

                  J’aimerais vous poser cette question : Qu’avez-vous retenu de ce verset ? Avez-vous cru aux récits des messagers racontés par le Coran ? Cette vérité a-t-elle contribué à raffermir votre cœur ? Sinon, vous prêchez un convaincu en me citant ce verset ! Pour reprendre notre sujet sur la croix, je peux vous dire que Dieu n’a jamais exigé un sacrifice humain, à part le test d’Abraham par lequel Dieu nous a montré que le sacrifice humain ne pouvait nullement lui plaire, et qu’il s’agit d’un culte païen à bannir. Au temps de Moïse, Dieu décida de mettre fin aux sacrifices humains en inaugurant la rançon comme substitut. Il imposa le rachat de tout premier-né pour les mettre à l’abri des sacrifices (Ex 13.14-16) . Le Coran dit : « Et ne vous tuez pas vous-même. Allah est, en vérité, Miséricordieux envers vous » s4 v29 Si le sacrifice humain lui était agréable, il aurait introduit une exception en disant : « sauf ce que vous me faites comme sacrifices ». Le sacrifice de Jésus est loin d’être un fait réel. Dieu nous informe que Jésus ne fût ni tué ni crucifié. C’est une fiction, précise le Coran (s4 v157). Dieu l’a élevé vers Lui. Jésus fut sauvé de la même façon que le fils d’Abraham fut sauvé. « la mort de l’enfant en bas-âge serait-elle compatible avec Sa bonté et Sa miséricorde ? » Oui, parce que l’enfant en bas âge ne connaît pas encore la vie. L’enfant en bas âge est dans un état de quasi-inconscience. D’autre part, l’injustice n’est pas dans la mort qui peut atteindre tout le monde, l’injustice est de livrer un innocent à ses ennemis ; surtout lorsque cet innocent pria Dieu de le sauver, comme ce fut le cas de Jésus.

                  Nul ne vous conteste le choix de croire à telle ou telle philosophie, à tels propos d’un mystique allemand ou de l’évêque nord-africain, moi je crois à la parole de Dieu, le Coran est ma principale source d’inspiration, c’est à mon avis plus sage et plus sensé.

                  « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu la verrais s’affaisser et se fendre par crainte de Dieu. Ce sont là des exemples que Nous offrons aux hommes pour les amener à réfléchir » s59 v21

                  « Voyez donc la profondeur de cette plaie et, par cela même, l’étendue de l’amour du Christ », aucune plaie et aucune souffrance, Jésus lui-même montra aux disciples ses mains et son côté pour leur dire qu’il n’a subi aucun mal, c’est-à-dire qu’il n’a pas été crucifié. C’est pourquoi les disciples furent dans la joie. Seraient-ils dans la joie s’ils avaient vu le sang couler de leur Seigneur ? La réponse est NON !

                  La remarque suivante me paraît pertinente en guise de conclusion : L’autosatisfaction peut être une cause ou un effet de l’égarement. C’est un moyen que Satan utilise contre l’homme pour le convaincre qu’il est en bonne voie et qu’il n’a nullement besoin de prier Dieu pour le guider. C’est pour cette raison que nous devons constamment prier Dieu pour nous guider dans le droit chemin. « Dis : Vous ferais-je connaître ceux dont les œuvres sont les plus vouées à l’échec : ceux dont les efforts ici-bas se perdent en fumée alors qu’ils pensent avoir bien agi » s18 v103,104

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                  • Bonjour,

                    Votre réaction m’amène à penser que l’échange touche à sa fin ; je le regrette, mais ne m’étonne guère. Je savais dès le début que nos visions du monde sont diamétralement opposées. Rien à voir avec le fait d’être chrétien et musulman ! Je connais beaucoup de musulmans qui ont une lecture du Coran similaire dans l’esprit à ma lecture de la Bible, et je connais également bien des chrétiens qui prennent la Bible au sens littéral comme vous le faites avec le Coran. Je vous rassure : vous avez bel et bien échangé avec la même personne depuis quelques semaines ! Simplement, nos modes de pensée sont trop éloignés.

                    - « vous invoquez des versets du Coran comme si vous y croyez » : sans doute le malentendu le plus profond. Si vous prenez un jour le temps de me relire, vous vous apercevrez sans doute que je cite le plus souvent possible un verset de la Bible allant de pair avec un verset du Coran. Cette habitude se justifie par le fait que nos religions sont suffisament proches pour que, lorsque je vous cite mon texte de référence, il y ait possibilité de citer le vôtre. Non pour signifier que j’adhère au Coran -ce qui ferait de moi un musulman- mais pour rappeler que sur tel où tel sujet nos références disent sensiblement la même chose. Je citais ainsi Coran XI, 120 parce que ce verset me dit la même chose que 2 Timothée III, 16-17.

                    - « l’autosatisfaction peut être une cause ou un effet de l’égarement » : je suis bien d’accord, et c’est pourquoi j’utilise si souvent des expressions telles que « à mon sens » ou « ce que ce texte me dit ». M’exprimer ainsi, c’est accepter mes limitations humaines, accepter que d’autres pensent autrement, reconnaître que le savoir de Dieu me dépasse :

                    "Si quelqu’un s’imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faudrait connaître" (1 Corinthiens VIII, 2) "Quand un malheur touche l’homme, il Nous invoque. Quand ensuite Nous lui accordons une faveur de Notre part, il dit : "Je ne la dois qu’à ma science" C’est une épreuve, plutôt ; mais la plupart d’entre eux ne savent pas" (Coran XXXIX, 49)

                    Nous avons certes nos convictions : vous, d’être musulman, moi, d’être chrétien. Chacun y est parvenu par un chemin qui lui est propre. Pour comprendre le mien, pensez à "Erreur et délivrance" de Ghazali (non que je me compare à un intellectuel aussi brillant !). Pour atteindre cette certitude qu’il aime tant, il se livre au doute. Ce chemin, à ma modeste manière, je l’ai fait. J’ai remis en question mon héritage (le catholicisme). J’ai déconstruit le credo. Aboutissant à un irréductible "Je crois en un seul Dieu", j’étais prêt à devenir musulman (d’où mes quelques connaissances à ce sujet).

                    Puis j’ai lu Coran et Bible en parallèle, et j’ai redécouvert, grâce au miroir du Coran, à quel point l’évangile était une richesse inépuisable, à quel point le christianisme dont je ne voyais plus que les travers était également source de vie. Disons qu’à sa manière, le Coran a en effet "raffermi mon coeur" : je ne peux que le remercier de m’avoir rappelé ce que signifie "être chrétien", de m’avoir montré à quel point il était inimaginable que je devienne musulman.

                    Cependant, ne croyez pas que cette épreuve du doute est finie à mes yeux : sans cesse je questionne, refusant les réponses toutes faites, convaincu notamment d’une chose : "...Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père" (Jn IV, 23)

                    Vous vous exprimez avec l’assurance de détenir la seule et véritable interprétation du Coran, alors que bien des musulmans, parfaitement sincères et éduqués, en ont des lectures différentes : êtes-vous si sûr que votre conclusion ne s’adresse qu’à moi ?

                    Que ce mois de Ramadan, béni à vos yeux, nourrisse votre cheminement spirituel.

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                    • Bonjour,

                      Merci pour la prière. Ma conclusion ne s’adresse pas qu’à vous. Je peux parfaitement être concerné par cette conclusion. Cependant, je ressens une assurance et ette assurance me vient de Dieu, parce que je prie et j’invoque beaucoup mon Seigneur, matin et soir. Je lui demande de raffermir ma foi sur la vérité et la vraie religion. Je pense que je ne dois pas badiner avec la vérité du Coran. ? Ce n’est pas un manque d’ouverture d’esprit de ma part. Loin s’en faut.

                      Franchement, j’évite de tomber dans le péché du doute à l’égard de la parole de Dieu. Quand le Coran est formel, je ne peux que l’être : "C’est une révélation du Seigneur des mondes. Plaisantez-vous avec ce discours" s 56 v80-81

                      Je croyais que le débat a pris fin, c’est pour cela que j’ai tardé à vous répondre, n’ayant pas vu au début votre dernier message sur le forum de ce site, je vous prie de m’ en excuser. Concernant le débat, je vous laisse le soin de décider, soit de la fin, soit de la suspension provisoire. Je dois tout de même reconnaître que le débat est intéressant avec des gens comme vous. Je prie Dieu de vous guider, de vous montrer la vérité et de vous en convaincre.

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  • assalamou alaykum

    Ibn Mas’oûd (qu’Allah l’agrée) a rapporté ceci : « Il me semble encore voir le Messager d’Allah(Paix et Bénédiction sur lui) agissant comme l’un des Prophètes qui fut frappé jusqu’au sang par son peuple cependant qu’il ne cessait d’essuyer le sang de son visage en disant : « Seigneur Allah ! Absous mon peuple car il ne sait pas ». (Al-Boukhârî, Mouslim)

    J’ai entendu des Chrétiens dire que ce Hadith concerne Jésus (La paix sur lui), ce qui contredirait selon eux le fait que Jésus n’ait pas été crucifié car il est ici question de "frapper jusqu’au sang", ce fameux prophète. Je n’ai pas su quoi répondre.

    Qu’en pensez-vous ? De quel prophète parle Abdullah Ibn Mas’oûd ?

    Bonne continuation

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    • wa alaikum assalam wa rahmatullh,

      Ce hadith ne concerne pas Jésus (Paix et Salut sur lui). Celui-ci fut élevé au ciel avant qu’il n’eût subi quoi que ce soit. Jésus leur a annoncé qu’ils le chercheront et qu’ils ne pourront pas le trouver. Et ils ne pourront venir où il sera (Jean 7.34 et 8.21).

      Avec ce hadith, le Prophète (Paix et Salut sur lui) vise indistinctement un des nombreux prophètes hébreux qui ont été maltraités, battus, assassinés par les juifs. La Bible en parle dans de nombreux endroits, notamment : 2R 9.7 ; Néhémie 9.26, Lamentations 2.20 ; Matthieu 5.12 ; 23.31-37 ; Luc 11.48-51 ; Actes 7.52. Le Coran en parle dans s2 v61, 85, 87 ; s3 v21, 181 ; s4 v155 A l’exception de quelques-uns, tous les prophètes ont été persécutés et martyrisés par le peuple juif.

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  • Salam aleykum

    le site anti-islam, facealislam.free.fr a publié un article dans lequel ils disent :

    Dans l’article cité en introduction, nous avons pu constaté que Jésus est bien passé par la mort selon le Coran. Et plus précisément, nous avons pu voir que lorsque que le Coran indique qu’Allah a "pris" (tawaffanaytani), et élevé Jésus cela implique qu’Allah a fait mourir Jésus :

    Dieu dit :’ O Jésus ! Certes Je vais te faire mourir (mutawaffeeka) et t’élever vers Moi, et te débarrasser de ceux qui n’ont pas cru... Sourate 3:55

    ...Et je fus témoin contre eux tant que je fus parmi eu, mais quand Tu m’as fait mourir (tawaffaytani), c’est Toi qui fus leur observateur et Tu es témoin de toute chose. Sourate 5:117

    Je suis musulman mais pas arabophone, je ne peux donc pas juger. Que répondriez-vous ?

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    • wa alaikum assalam wa rahmatullah

      "Tawaffaytani" ne veut pas dire : Tu m’as fait mourir. Que dit le verset : "Mais depuis que Tu m’as rappelé à Toi, c’est Toi qui les observes , car Tu es le témoin de toutes choses. Si Tu les châties, ce sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, Tu es, en vérité, le Puissant, le Sage" s5 v117-118

      1- Wafat ici ne désigne pas nécessairement la mort. Ce mot peut avoir plusieurs sens tels que : rappeler, endormir, suspendre le cours de la vie. On trouve le même verbe ‘‘tawaffa’’ dans d’autres endroits du Coran avec une signification autre que la mort. exemple : « wa houwa alladhi yatawaffakum billeil » (Et c’est Lui qui vous rappelle la nuit/ qui vous endormit la nuit/ qui suspend le cours de votre vie durant la nuit/ qui prend vos âmes la nuit) « Allah yatawaffa al anfus hina mawtiha wallati lam tamut fi manamiha » (Allah reçoit les âmes au moment de leur mort. Il reçoit aussi celles qui dorment sans être mortes » s39 v42

      2-Les exégètes dont Tabari parlent de « wafat nawm » (endormissement de sommeil ou assoupissement ».

      3-Wafat peut signifier ‘‘appréhension’’, ‘‘reprise’’, ‘’ récupération’’ , ‘‘entrer en possession de’’. Al-Qortobi affirme que Dieu a élevé Jésus au ciel après l’avoir endormi. D’après cet exégète, le mot « tawaffaytani » signifie : Tu m’as rappelé, Tu m’as repris. Pour expliquer le sens du verbe ‘‘tawaffa’’, l’auteur cite l’exemple de celui qui recouvre, récupère ou entre en possession de son bien (tawaffaitu mêli, ghabadtuhu) (je suis entré en possession de mon bien, je l’ai récupéré, recouvré).

      Le mot « tawaffaytani » doit être interprété à la lumière de l’autre verset affirmant que Jésus n’a pas été tué et n’a pas été crucifié. Ce verset oppose un démenti catégorique aux allégations des Juifs sur la prétendue mort de Jésus sur la croix.

      « fa lamma tawaffaytani » (Quand tu m’as rappelé). Al-Hassan a dit : « il existe trois types de « Wafat » (Rappel) : 1-le rappel de la mort (s39 v42) « Allah reçoit les âmes au moment de leur mort », c’est-à-dire au terme de la vie. 2-le rappel du sommeil (wafat annawm) : « Et la nuit, c’est Lui qui prend vos âmes, et il connaît toutes vos actions de la journée », c’est-à-dire Il vous endormit (s6 v60). 3-le rappel de l’élévation : « Quand Allah dit : « ô Jésus, Je vais mettre fin à ta vie terrestre, t’élever vers Moi » (s3 v55) ou Lorsqu’Il dit par la bouche de Jésus (s5 v117) : « Mais depuis que Tu m’as rappelé à Toi » "Tawaffaytani"

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  • assalamu alaykum rahmatullah

    Je vous remercie d’avoir répondu, il y a un point qui me trouble dans le Livre d’Esaïe, les chapitres 52-53, qu parle du "serviteur souffrant", certains chrétiens s’en servent pour justifier la "cruxifiction du Christ" et le dogme de la Réemption par le sang du Jésus christ. C’est vrai ka première vue, on peut faire rapprocher avec ce que disent les évangiles au sujet de la passion. Personnellement, je ne peux pas admettre cette idée de la rédemption par le sang du Christ qui me parait contradictoire avec l’image d’un Dieu amour mais je me demandais comment interpréter ce passage ?

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  • Bonjour maître Simozrag

    vous prétendez que mohammed etait illettré pourtant cette affirmation me semble être contredit par les hadiths eux mêmes :

    "Le Prophète ECRIVA le (contrat de mariage) avec Aisha alors qu’elle avait six ans et consomma son mariage avec elle alors qu’elle avait neuf ans et elle resta avec lui durant neuf années (c.-à-d. jusqu’à sa mort)." Sahih Bukhari, Volume 7, Book 62, Number 8

    "Un jour, le Prophète ECRIVAIT une lettre, ou avait l’idée d’écrire une lettre. Il a été dit au Prophète qu’ils ne liraient pas les lettres à moins qu’elles aient été scellées. Ainsi le prophète a obtenu un anneau argenté avec "Muhammad l’Apôtre d’Allah" gravé dessus. J’étais en train d’observer son blanc (de l’anneau) scintillez sur la main du prophète." Sahih Bukhari, Volume 1, Book 3, Number 65

    "Ibn ’Abbas dit, "Jeudi ! Quelle (grande chose) a eu lieu Jeudi !" Alors il commença à pleurer jusqu’à ce que ses larmes aient mouillé les graviers de la terre. Puis il dit, "Jeudi où la maladie de l’Apôtre d’Allah s’est aggravée et (où) il a dit," Cherchez-moi de quoi écrire, de sorte que je puisse ECRIRE quelque chose pour vous après quoi vous ne vous égarez jamais."..." Sahih Bukhari, Volume 4, Book 52, Number 288

    selon ces hadiths, mohamed écrivait. Comment expliquez vous cela ?

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    • Bonjour Monsieur,

      Nul doute que le prophète Mohammed (Paix et Salut sur lui) était illettré. Le témoignage du Coran est largement suffisant. A ce sujet, Allah dit : "Ceux qui suivent le Prophète illettré qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Evangile" s7 v157 "Croyez donc en Allah et en son Messager, le Prophète illettré" s7 v158 "Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n’en écrivais aucun de ta main droite. Sinon ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes" s29 v48

      D’une part si Mohammed savait lire et écrire, il n’aurait pas dit à l’Ange Gabriel : "Je ne sais pas lire", d’autre part s’il savait lire et écrire, ses adversaires mecquois l’auraient dénoncé lorsque les versets faisant état de son illetrisme furent révélés. Ils n’auraient pas manqué de crier au mensonge. Quant aux exemples que vous présentez, le premier est faux, le hadith ne correspond pas au mariage du Prophète avec Aïsha (Qu’Allah soit satisfait d’elle). La référence renvoie à un Hadith qui commence par : "les actions ne valent que par les intentions". Je vous donne le texte du hadith en anglais, mais avant de la faire, permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que les contrats de mariage n’étaient pas rédigés par écrit à cette époque. Voici donc le texte de ce hadith : Volume 7, Book 62, Number 8 : Narrated ’Umar bin Al-Khattab :

      The Prophet said, "The rewards (of deeds) are according to the intention, and everybody will get the reward for what he has intended. So whoever emigrated for Allah’s and His Apostle’s sake, his emigration was for Allah and His Apostle ; and whoever emigrated for worldly benefits, or to marry a woman, then his emigration was for the thing for what he emigrated for."

      Le deuxième et le troisième exemples n’établissent aucunement la preuve que le Prophète savait écrire. Quand on dit que le prophète "avait l’idée d’écrire une lettre" ou quand le Prophète dit "cherchez-moi de quoi écrire", cela ne veut pas dire qu’il allait écrire lui-même. Le Prophète avait des scribes qui écrivaient pour lui. Chaque fois qu’il voulait écrire, il le faisait faire par ses scribes. Et il dit j’ai écrit à tel empereur ou à tel roi. C’est-à-dire la lettre a été écrite sur son ordre. Quand le juge dit à quelqu’un : "je vais te mettre en prison", ce n’est pas le juge qui met le condamné en prison, c’est la police qui le fait. Tout comme la décision d’un Chef d’Etat de rembourser une dette ou d’accorder une subvention, c’est le trésorier qui exécute. Le Prophète (Paix et Salut sur lui) était illettré et tout le monde le savait. Lorsque Souhail ibn Amr refusa le titre "Messager d’Allah" à côté du nom de Mohammed pendant la conclusion du pacte de Houdaibiyya et que le prophète accepta d’effacer. Ali, alors rédacteur du pacte, refusa d’effacer la mention. Le Prophète demanda à Ali de lui montrer où se trouve cette mention pour l’effacer. Vous pouvez donc vous rassurer que le Prophète ne savait ni lire ni écrire.

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  • je vous remercie des vos éclaircissements, effectivement je me rend compte finalement que rien ne prouve que Mohammed ait écrit quoi que ce soit de sa propre main. Je souhaiterais une derniere claissfication sur le sujet :

    Pouvez vous m’indiquer la source exacte qui narre le pacte d’Hudaybiyah où Ali indiqua à Mohammed l’endroit à effacer ?

    Enfin, certains orientalistes comme régis Blachère ou Robinson ont interprété l’expression "nabi ummi" (Coran, 7:157) commes signifiant le Prophète Gentil (non juif). Comment les éxégètes musulmans ont t’ls interprété ce passage ?

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  • concernant la mort de jésus, comment expliquez vous le verset de la Sourate Al Imram qui dit que "Mohammed est un homme et que les messagers sont passés avant lui ?" (verset 144). Est-ce que ce n’est pas suffisant pour montrer que jésus est passé par la mort.

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  • salam aleikoum Maître,

    vous dites dans la réponse à la lettre n°2 au Pasteur que vous dirigiez un centre islamique à Paris (le centre Abaad) à caractère scientifique et qu’il a été démantelé. Ma question est de savoir quelles étaient les activités de ce centre ? Et pourquoi a t-il été démantelé ? Je vous remercie de bien vouloir nous éclaircir sur ce sujet .

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    • wa alaikum assalam wa rahmatullah wa barakatuh,

      Après deux années de réflexion et de préparation, le Centre Abaad a été légalement fondé et déclaré en juillet 1985 en France. Le centre était une simple idée en 1983 avant de devenir un projet puis une réalité tangible à la date sus indiquée. L’idée de base était le changement, plus précisément ‘‘un changement civilisationnel’’, ce qui exclut toute forme de violence. La question de théorisation nous semblait nécessaire avant le passage à la pratique. Tout en étant conscient du fait bien entendu que cette question, malgré son importance, n’est qu’un moyen susceptible de conduire au changement. Cela signifie que le projet institutionnel en question ne doit en aucun cas servir d’alternative au travail du mouvement sur le terrain. C’est dans cette perspective que les fondateurs ont décidé de jeter les bases d’une structure dénommée : Cente Abaâd Islamique de Recherches et d’Etudes, en abrégé (CAIRE). Que signifie Abaâd ? Abaad (singulier bou’d ) est le pluriel d’un mot arabe qui signifie ‘‘dimensions’’ ; il s’agit des dimensions multiples de l’Islam, à savoir : les dimensions temporelles (passé, présent, futur), géographique, civilisationnelle, religieuse, politique, sociale, économique, etc. L’aide de Dieu nous a permis de surmonter deux problèmes majeurs :

      a)l’acquisition du local (car personne n’accepta de nous louer son local pour des activités islamiques) sis à Saint-Ouen près de Paris qui va servir de siège à l’association.

      b) la rencontre de chercheurs partageant les mêmes convictions.

      Dans un premier temps, il a été convenu de limiter les études à certains aspects de la culture islamique et aux droits de l’homme. Mais après réflexion, nous nous sommes aperçus que ce domaine, qui du reste pourrait faire l’objet d’un département au sein de l’institution, était trop étroit pour répondre à l’ensemble de nos préoccupations. De là, nous étions amenés à élargir le champ de réflexion.

      1-Identité : Le Centre Abaad est une institution scientifique et culturelle indépendante, convaincue de la nécessité de la recherche fondamentale en vue d’orienter l’action du changement et l’édification civilisationnelle globale. C’est aussi un cadre d’interaction et de dialogue entre les énergies et les compétences intellectuelles impliquées dans le projet islamique en tant que projet civilisationnel d’avenir. Le Centre est présidé par un conseil regroupant les fondateurs et les responsables de départements.

      2-Les départements de recherche

      La tâche d’étude et de recherche à l’intérieur du Centre Abaâd est une question centrale ; elle sera exécutée au sein de départements de recherches spécialisés dans des domaines théoriques déterminés et des espaces scientifiques divers.

      Le conseil du Centre définit la stratégie et la politique générale du Centre. Il confère au conseil scientifique le suivi et l’orientation des recherches et d’études ainsi que leur dynamisation par la coordination entre les différents départements.

      3-Les objectifs

      Le Centre poursuit les objectifs ci-après :

      *Contribuer à la construction de l’identité culturelle de la Umma islamique

      *Encourager la recherche et la production intellectuelle

      *Inciter les énergies intellectuelles à l’union, à la coopération et à la réalisation d’études dans les différents domaines.

      *Eclairer le lecteur avec les résultats de recherches.

      Le centre comprend quatre départements d’études et de recherches ; chaque département regroupe un ou plusieurs groupes de recherches.

      1- Département de recherches et d’études d’histoire politique et philosophique islamique

      2- Département d’économie islamique et des politiques économiques

      3- Département de recherches et d’études politiques modernes et contemporaines

      4- Département de la documentation

      Le centre n’est pas un courant de pensée ou une tendance politique qui exprime une position et la défend, c’est une institution totalement indépendante et cette indépendance se manifeste particulièrement à deux niveaux :

      1-Au niveau de la décision : La décision à l’intérieur de l’institution est conforme aux choix et à la volonté de ses dirigeants. Les pressions extérieures ne peuvent en aucune façon influer sur les activités du Centre et encore moins sur ses principes de base.

      2-Au niveau de la recherche : le travail de recherche n’est ni une opération de sous-traitance ni de service commandé. Pour préserver son indépendance, le centre refuse toute tutelle et toutes relations de quelque nature que ce soit avec les Etats, les partis politiques et les organismes qui en dépendent.

      En plus des publications périodiques sous forme d’ouvrages, le Centre édite un bulletin mensuel en langue arabe intitulé ‘‘Message d’Abaâd’’ (Rissalat Abaad) chargé d’assurer le suivi des activités scientifiques du Centre et d’expliquer certaines questions de méthode et de conception en les situant dans le cadre général de l’institution. Ce bulletin consiste à favoriser la coordination entre les différents départements et à présenter leurs activités sous forme d’un rapport de synthèse. Il permet également de soulever certaines questions de méthode, de les analyser et de les résoudre.

      Le centre regroupait une vingtaine de chercheurs de différentes nationalités, en majorité du Maghreb.

      Les membres étaient malheureusement l’objet de tracasseries policières qui ne leur ont pas permis de travailler dans de bonnes conditions. Les écoutes téléphoniques, les filatures, les pressions, les menaces d’expulsion, le vol de documents, étaient des pratiques dont chaque chercheur devait s’accommoder, à moins qu’il accepte de collaborer avec les différentes polices.

      Le démantèlement du centre ne s’est pas fait directement mais par ricochet. Le centre fonctionnait sur la base d’une association culturelle loi de 1901. Accusée d’entretenir des liens avec le Front Islamique du salut, l’association n’a pas été dissoute mais a été privée de son organe de direction. Ses membres furent pour certains expulsés et pour d’autres interdits de séjour en France.

      Voici la déclaration de l’avocate Hélène Robinson Carrera à l’audience du tribunal administratif de Paris le 9 décembre 1994 :

      « Le centre est une association répondant aux dispositions de la loi du 1er juillet 1901. Elle a été déclarée à la préfecture de Bobigny le 23 juillet 1985 et a pour but de développer la culture islamique. Au terme de l’article 2 de ses statuts, le but de l’association est ainsi défini : 1) d’étudier l’art islamique, de dresser un inventaire sous forme de catalogue des objets de valeur artistique et culturelle, de faire la collation, la vérification et éventuellement la traduction des manuscrits, d’exploiter et d’étudier la jurisprudence, la philosophie et la sagesse en Islam. 2) De tenter une exégèse de la tradition du prophète de manière à lui donner une interprétation conforme à l’esprit et à la lettre des textes, une interprétation adaptée aux réalités d’aujourd’hui et tendant à clarifier les notions de base relatives aux droits de l’homme, à la justice et à l’égalité en Islam. 3) D’approfondir les recherches au niveau des différentes écoles juridiques de l’Islam, en vue de développer – grâce à une étude comparée des opinions doctrinales tenant compte des différences et des similitudes de leurs thèses— une théorie commune, plus proche des garanties et du respect des valeurs inhérentes à l’homme, à son droit à l’existence, à la liberté de conscience et d’expression qui conditionnent son épanouissement et son évolution intellectuelle. 4) D’éclairer, par les résultats des travaux de recherches, les hommes de science en France et ailleurs ; de faire connaître aux Instituts et Centres d’Etudes : la science, la culture, la pensée et la civilisation islamique. 5) De rassembler et de mettre à la disposition de tout chercheur une documentation fournie dans ce domaine. 6) D’assurer le suivi des réalités contemporaines afin de compléter les tâches de recherche à l’aide d’une analyse des faits et phénomènes socioculturels. Pour atteindre ces objectifs scientifiques, elle organisera des colloques, conférences, rencontres-debats, ainsi que des voyages d’études. Tous les moyens d’information seront utilisés dans le cadre du travail de l’association.

      Ladite association a été créée bien avant que ne se constitue le parti du Front Islamique du Salut qui, lui a vu le jour en Algérie au mois de septembre 1989, soit 4 ans plus tard. L’association n’entretient aucune relation avec le F.I.S.

      En effet, Monsieur SIMOZRAG n’appartient pas au mouvement structuré qu’est le F.I.S. En sa qualité d’avocat, Monsieur SIMOZRAG a fait partie du collectif de défense des dirigeants du FIS…Ses liens avec le F.I.S se limitent aux relations professionnelles qu’il entretenait avec ses clients. Les services de renseignements du ministère de l’intérieur, dont les informations sont consignées dans les ‘‘Fiches blanches’’ produites à votre tribunal, sont peu convaincantes à ce sujet... »

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  • Concernant le sens du mot Maqara, on peut ajouter cette explication pour en finir avec les distortions :

    Question :

    Peut-on attribuer à Allah Très Haut la tricherie, et l’emploi d’astuces et de stratagèmes comme c’est le cas dans la parole du Très Haut : « Ils usent de stratagèmes et Allah aussi en use » et « les hypocrites cherchent à tromper Allah, alors que c’est Lui qui les trompent » ?

    Réponse :

    Louanges à Allah

    Les attributs d’Allah Très Haut sont tous parfaits ; ils possèdent le sens beau et le plus parfait. Allah le Très Haut dit : « C’ est à Allah (Seul) est le qualificatif suprême. Et c’ est Lui le Tout Puissant, le Sage. » ( Coran , 16 : 60 ) et « Il a la transcendance absolue dans les cieux et sur la terre. C’ est Lui le Tout Puissant, le Sage. » ( Coran , 30 : 27 ).

    L’attribut sublime signifie le plus parfait. As-Saadi dit dan son tafsir ( p78,1065 ) : L’attribut sublime est tout attribut de perfection. Les attributs sont de trois sortes. La première consiste dans ces attributs de perfection qui exclut absolument le défaut. Ces attributs sont appliqués à Allah sans aucune réserve. C’est comme la science, la puissance, la faculté d’entendre, la faculté de voir, et la clémence, etc.

    La deuxième sorte d’attributs consiste dans les attributs d’imperfection ; on ne les applique jamais à Allah. C’est comme le sommeil, l’impuissance, l’injustice et la trahison, etc.

    La troisième sorte d’attributs est constitué , selon le contexte, tantôt des attributs de perfection , tantôt des attributs d’imperfection. Ces attributs ne doivent jamais être appliquées à Allah ou Lui être niés sans réserve. Car il faut toujours les expliquer. Quand ils traduisent la perfection on peut les appliquer à Allah Très Haut, et quand ils impliquent l’imperfection on les Lui applique pas.

    C’est le cas de la tromperie,de l’emploi de stratagèmes et de la moquerie. User de stratagème, tromper et se moquer de l’ennemi sont des attributs de perfection dans la mesure où ils traduisent la perfection de la science, de la puissance et de l’autorité. S’agissant de l’usage de stratagèmes contre les croyants sincères, c’est un attribut d’imperfection.

    C’est pourquoi on n’applique pas ces attributs à Allah Très Haut sans réserve ; on les nuance de manière à ce qu’ils impliquent la perfection. C’est dans ce sens que le Très Haut dit : « Les hypocrites cherchent à tromper Allah, mais Allah retourne leur tromperie (contre eux-mêmes). Et lorsqu’ ils se lèvent pour la Salâ, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. ہ peine invoquent- ils Allah. » ( Coran, 4 : 142 ) Il s’agit ici de tromper les hypocrites.

    Ailleurs, il dit : « (Et rappelle- toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t’ emprisonner ou t’ assassiner ou te bannir. Ils complotèrent. Mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes. »

    ( Coran, 8 : 30 ) . Là, le stratagème est dirigé contre les ennemis d’Allah qui en usaient contre le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui ) Et il dit à propos des hypocrites « Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : "Nous croyons" ; mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent : "Nous sommes avec vous ; en effet nous ne faisions que nous moquer (d’ eux)". C’ est Allah qui Se moque d’ eux et les endurcira dans leur révolte et prolongera sans fin leur égarement. » ( Coran , 2 : 14-15 ) . Là il s’agit de se moquer des hypocrites. Ces attributs sont considérés comme une perfection dans le contexte de leur utilisation. C’est pourquoi on dit : Allah Très Haut se moque des hypocrites, les trompe et use de stratagème contre les ennemis, etc.

    Mais on ne peut pas attribuer l’usage de stratagème et la tromperie à Allah dans l’absolu puisque cela n’implique aucune perfection.

    Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde ) a été interrogé en ces termes : Peut on attribuer à Allah l’usage de stratagèmes et en tirer un nom pour Lui ?

    Il a répondu ainsi « On n’attribue l’usage de stratagème à Allah que de manière nuancée ; on ne l’attribue pas à Allah absolument . Allah Très Haut dit : « Sont- ils à l’ abri du stratagème d’ Allah ? Seuls les gens perdus se sentent à l’ abri du stratagème d’ Allah. » ( Coran, 7 : 99 ) . Ce verset indique qu’Allah emploie le stratagème. Celui-ci consiste à maîtriser l’adversaire à son insu. C’est dans ce sens qu’un hadith cité par al-Boukhari dit : « La guerre est une affaire de ruse ».

    Si on dit : Comment attribuer l’usage de stratagème à Allah alors que c’est une pratique apparemment mauvaise ? On répond : « La ruse est bonne au moment approprié puisqu’elle traduit alors la force du ruseur et sa capacité de triompher de son adversaire. C’est pourquoi on ne l’applique pas à Allah dans l’absolu. Car il n’est pas permis de dire : « Certes Allah est un ruseur » L’on n’emploie cet attribut que quand il s’agit de Le louer. C’est le cas dans la parole du Très Haut :

    « (Ils complotèrent. Mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes. » (Coran,8:30) et la parole du Très Haut : « Ils ourdirent une ruse et Nous ourdîmes une ruse sans qu’ ils s’ en rendent compte. » ( Coran , 27 : 50).

    Il ne convient pas non plus de nier cet attribut à Allah dans l’Absolu. Il faut le Lui appliquer quand il implique la louange et ne pas la Lui appliquer quand il ne véhicule pas cette notion. De même, on ne peut pas en tirer un nom d’Allah en disant : "al-makir fait partie des noms d’Allah". Le makr ( la ruse, l’emploi de stratagèmes ) est un attribut factuel qui dépend de la volonté du Transcendant ». Fatwa de Cheikh Ibn Outhaymine, 1/170.

    On lui a demandé encore si on pouvait attribuer la trahison et la tromperie à Allah comme c’est le cas dans la parole du Très Haut : « Ils cherchent à tromper Allah et les croyants ; mais ils ne trompent qu’ eux-mêmes, et ils ne s’ en rendent pas compte. » ( Coran, 2 :9 ).

    Il a répondu ainsi : « Quant à la trahison, on ne l’attribue jamais à Allah puisqu’elle est mauvaise dans tous les cas. Elle implique la ruse de la part de celui qui est investi de la confiance. Ce qui est mauvaise. A ce propos, le Très Haut dit : « Et s’ ils veulent te trahir..., c’ est qu’ ils ont déjà trahi Allah (par la mécréance) ; mais Il a donné prise sur eux (le jour de Badr). Et Allah est Omniscient et Sage. » ( Coran, 8 : 71 ). Il ne dit pas ici qu’Il les a trahis.

    Quant à la tromperie, elle est assimilable à la ruse attribuée à Allah dans un contexte de louange et non dans l’absolu. C’est dans ce sens qu’Allah Très Haut dit : « Les hypocrites cherchent à tromper Allah, mais Allah retourne leur tromperie (contre eux-mêmes). Et lorsqu’ ils se lèvent pour la Salâ, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. ہ peine invoquent- ils Allah. » (Coran,4:142) Fatwa de Cheikh Ibn Outhaymine, 1/171

    Allah le sait mieux.

    http://www.islamqa.com/fr/ref/39803

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